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Rue Frontenac est publié par les 253 membres en lock-out du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal. Son nom s'inspire de la rue où se côtoient leurs bureaux et ceux du Journal de Montréal, le «quotidien de la rue Frontenac».
 
Il fait aussi référence à ce jour d'octobre 1690 où Frontenac a lancé à l'émissaire anglais venu demander la reddition de la ville de Québec qu'il n'avait «point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons».
 
C'est finalement un léger clin d'oeil à une source d'inspiration, Rue89.

Employés débauchés: Ubisoft obtient une injonction contre THQ

Le torchon brûle entre Ubisoft Montréal et son nouveau rival THQ Montreal, qui a notamment embauché l’un de ses plus importants ex-employés, le créateur Patrice Désilets et quelques autres employés de haut niveau. Ubisoft a obtenu une injonction empêchant notamment THQ et Désilets de recruter d’autres employés d’Ubisoft.


C’est la troisième fois que le géant français du jeu vidéo doit faire appel aux tribunaux québécois pour faire valoir une clause contenue dans les contrats d’embauche de ses employés.

L’histoire débute le 28 mai 2010, quand le directeur créatif Patrice Désilets, responsable de la genèse de la série de jeux vidéo Assassin’s Creed, vendue à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde, annonce sa démission à une employée du service des ressources humaines.

Quelques minutes plus tard à peine, écrit Désilets dans un affidavit versé au dossier, il reçoit pour la première fois de sa carrière un appel du grand patron d’Ubisoft, Yves Guillemot, basé en France. Celui-ci s’enquiert de ses motifs. Plus tard dans la journée, c’est le président d’Ubisoft Montréal, également un ami personnel, qui le rencontre pour tenter de lui faire changer d’avis et s’informer de ses plans.

Désilets, comme le démontrent ces rencontres, joue un rôle crucial pour Ubisoft. Dans la hiérarchie d’Ubisoft, il occupe un poste de niveau 5, le plus élevé. À peine 4 % des employés d’Ubisoft jouissent d’un tel statut selon l’entreprise. En réalité, l’importance de Désilets est même plus grande encore.

Dans sa requête, Ubisoft fait notamment valoir que Désilets a demandé (et obtenu) l’aménagement d’un lounge « avec fauteuils de cuir, table basse, éclairage tamisé, écran plasma et paravents » près de son bureau. Dans son affidavit, l’employé fait toutefois valoir que ce lounge était destiné à tous les employés affectés à la production d’Assassin’s Creed.

M. Désilets jouissait aussi d’une rémunération significative. Entré au service d’Ubisoft en 1997 avec un salaire de 25 000 $, il gagnait au moment de sa démission un salaire de base de 150 000 $, auquel s’ajoutait une rémunération incitative prenant la forme de bonis liés aux ventes et d’options d’achats d’actions. Au cours de ses trois dernières années complètes à l’emploi de l’entreprise, sa rémunération totale a ainsi dépassé les 1,3 million de dollars. En quittant avant le lancement du troisième opus, il renonçait volontairement à des bonis sur les ventes qui auraient pu atteindre jusqu’à 600 000 $.


Patrice Désilets était responsable de la genèse de la série de jeux vidéo Assassin’s Creed. Photo d'archives Olivier Jean
Trois départs mystérieux

Le 30 juillet suivant, Patrice Désilets s’entend avec l’entreprise concurrente THQ, qui a déjà annoncé son intention d’ouvrir un studio à Montréal. Selon l’affidavit de Désilets, l’entente ne prévoit la prestation d’aucun service avant le mois de mai, fin de la période de non-concurrence prescrite par le contrat le liant à Ubisoft.

Dans les mois qui suivent, trois autres employés d’importance d’Ubisoft, eux aussi membre de l’équipe de développement d’Assassin’s Creed, remettent aussi leur démission.

Il s’agit d’Alex Drouin (17 août), Jean-François Boivin (27 septembre) et Mark Besner (18 octobre). Tous sont décrits par Ubisoft comme des « employés-clés ». Drouin occupait le poste de « Directeur artistique - Art animator » (niveau 5). Selon Ubisoft, il « est considéré comme l’un des meilleurs animateurs de l’industrie des jeux vidéo ».

Besner, un informaticien, était devenu « Production Manager » (niveau 4). Il est décrit par Ubisoft comme l’un des responsables de l’intelligence artificielle de foule de la série Assassin’s Creed. Finalement, Boivin était « Producteur associé » (niveau 4).

Ils évoquent tous des raisons mystérieuses pour quitter leur emploi, comme vouloir passer plus de temps avec leur famille ou, dans le cas de Besner, rejoindre une entreprise de médias sociaux pour adultes en tant que concepteur de jeux XXX fondé par son frère.

Les soupçons d’Ubisoft doublent quelques mois plus tard, le 13 janvier 2011, à la lecture d’un article de la publication spécialisée Joystiq dans laquelle un dirigeant de THQ se vante d’avoir mis la main sur trois « membres clés » pour garnir l’équipe de Patrice Désilets, sans en fournir les noms.

Or, il s’adonne que les trois individus nommés plus haut sont des amis de Patrice Désilets. Ils partagent même avec lui des billets de saison au Centre Bell. Les trois sont aussi les seuls employés de ce niveau à avoir remis leur démission au cours de cette période de temps, selon Ubisoft.

Un extrait de l’article irrite en particulier Ubisoft : « Je sais seulement que Patrice m’a dit :  Il me faut ces trois gars.  Et j’ai dit : OK ! Tout ce dont tu as besoin ! » Or, le contrat de Patrice Désilets l’empêche justement de participer au recrutement d’employés Ubisoft pendant un an après son départ.

Dans les circonstances, le juge Marc de Wever a prononcé une injonction contre THQ et Patrice Désilets le 26 janvier dernier. L’histoire n’allait cependant pas en rester là.

Encore du maraudage

À peine un mois plus tard, Ubisoft apprend qu’un autre de ses anciens employés passé chez THQ, Adolfo Gomez-Urda, a eu des contacts visant à débaucher une de ses employées actuelles, Margherita Seconnino. Gomez-Urda est soumis, comme Désilets et tous les employés d’Ubisoft, à la même clause de non-concurrence. Son départ pour THQ, en soit, n’avait toutefois pas trop porté préjudice à Ubisoft, puisqu’il occupait des fonctions plus secondaires dans le département de la « localisation » des jeux.

Mme Seconnino travaille au même département, mais « a à sa charge la localisation du projet le plus critique du line-up des services de localisation d’Ubisoft, Assassin’s Creed, Final Episode ». Gomez-Urda l’aurait contactée par téléphone pour lui indiquer que le patron de services de localisation de THQ était en ville et souhaitait la rencontrer. Elle aurait reçu une offre augmentant son salaire d’environ 60 %.

Dès le lendemain, elle a approché une supérieure chez Ubisoft pour lui faire part de cette offre et de son déchirement, identifiant « Adolfo » comme étant celui qui l’avait contactée.

Une nouvelle ordonnance a donc été émise par le tribunal, ajoutant le nom de Adolfo Gomez-Urda à ceux de Patrice Désilets et THQ.

Joint par Rue Frontenac, THQ n’a pas voulu commenter le dossier. Patrice Désilets, quant à lui, n’a pas retourné notre invitation. Quant à Ubisoft, elle a laconiquement répondu que « les mesures entreprises visent à protéger Ubisoft Montréal face à un non-respect d’engagements contractuels et ainsi, préserver la pérennité créative et financière du studio ».

Avec la collaboration d'Alain Bisson.


En quittant avant le lancement du troisième opus,Patrice Désilets renonçait volontairement à des bonis sur les ventes d'Assassin’s Creed qui auraient pu atteindre jusqu’à 600 000 $.