Nos lacs sous la surface: cri d’alarme PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Télévision
Écrit par Caroline Roy   
Vendredi, 17 avril 2009 13:33
Mise à jour le Samedi, 18 avril 2009 22:19

À quelques semaines du début des vacances d'été, la piètre santé des lacs du Québec a rebondi à l'Assemblée nationale. Tout ça à cause du cri d'alarme lancé par le documentariste Pierre Brochu dans son film Nos lacs sous la surface, qui sera diffusé dimanche soir à Canal D.

 

Cyanobactéries, multiplication d'algues, bactéries nocives, coliformes fécaux: nos lacs sont malades. Pire, ils vieillissent prématurément, selon les informations abordées dans le documentaire de Pierre Brochu.

Et qui sont les principaux responsables? La liste est longue: déversement de phosphore, développement de l'agriculture, multiplication des bateaux de plaisance, laxisme du ministère de l'Environnement et des municipalités, absence de fosses septiques, manque d'inspecteurs, dénaturalisation des berges par la construction résidentielle, etc.

Tous ces problèmes, Pierre Brochu les explore dans Nos lacs sous la surface. Il en ressort un documentaire parfois long et dense, mais très instructif. Une chose est certaine, les révélations du documentaire vous traverseront l'esprit cet été si vous prenez des vacances près d'un lac québécois.

«Oui, le film est long, mais l'eau traverse tout notre territoire. L'eau touche indirectement à toutes sortes d'activités humaines», explique M. Brochu, qui a travaillé pendant trois ans sur ce film.

Débat politique

Présenté d'abord au Cinéma du Parc la semaine dernière, le documentaire a aussitôt fait réagir Scott McKay, critique péquiste en matière d'environnement et de développement durable.

«Le Québec a connu une prolifération importante des cas de cyanobactérie ces dernières années. L'état de nos lacs et cours d'eau se dégrade chaque année et les répercussions sont multiples. Je crois qu'il y a urgence de s'y pencher plus sérieusement pour le bénéfice environnemental de la société québécoise», a dit le député de L'Assomption.

M. Mckay a demandé aux députés de la Commission des transports et de l'environnement que l'Assemblée nationale se dote d'un mandat afin de faire le point sur l'état des lacs au Québec.

Une idée que les libéraux ont toutefois rejetée. Ils veulent plus de temps pour cerner les enjeux. «Les députés libéraux sont prêts à discuter de la situation des lacs. Par contre, ce sujet est trop important pour en traiter sans préparation», disent-ils.

Ces débats politiques n'impressionnent pas trop Pierre Brochu. «Je suis loin d'être sûr que mon documentaire puisse à lui seul faire bouger les choses. Par exemple, après le film L'Erreur boréale (Richard Desjardins), on a formé toutes sortes de comités, mais la forêt boréale québécoise est encore loin d'être exploitée de manière durable», dit-il.

«Je veux seulement mieux informer les gens sur l'état des lacs, poursuit-il. Il y a beaucoup d'enjeux au Québec: des urgences bondées, des toits d'école qui coulent, des nids-de-poule. Il existe des priorités partout. Est-ce que l'on peut tout faire? Non.»

Le documentariste voudrait simplement que le ministère de l'Environnement se fixe un échéancier précis pour améliorer la santé des lacs dans les prochaines années. «Le Ministère n'a jamais d'objectifs clairs. Quatre-vingt pour cent des bassins versants ont défoncé les normes acceptables du Ministère, c'est-à-dire qu'ils subissent un vieillissement accéléré. Sans des objectifs clairs, ça ne changera pas», conclut M. Brochu.

Nos lacs sous la surface, dimanche 19h, à Canal D.
– Pour voir un extrait: http://lacssouslasurface.com

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