Bienvenue aux festivals de l'audace PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Théâtre
Écrit par Claudia Larochelle   
Lundi, 27 avril 2009 17:35
Mise à jour le Mardi, 28 avril 2009 14:52

Juste avant l’arrivée des théâtres d’été, comme une dernière brise avant les grandes chaleurs, je jubile dès mai au Jamais Lu et au OFF.T.A, deux festivals pas encore assez connus et qui méritent plus et plus d’attention, dominés en majeure partie par des nouvelles voix, de celles qu’on n’écoute pas dans l’indifférence.

 

C’est souvent là que des grands spectacles naissent avant d’être acclamés partout, que des acteurs risquent des interprétations sans jamais trop se casser la gueule, que des auteurs se laissent aller sans se censurer pour le grand bonheur de nos oreilles qui ne sont pas chastes de toute façon. C’est aussi à travers leurs événements qu’on retrouve dans un autre registre des artistes plus connus de la scène et de la télé québécoise qui se mouillent dans la joie et l’allégresse en osant se faire voir ailleurs, transportés par des productions qui leur tiennent plus à cœur qu’un rôle de mononcle dans un téléroman.

Trip de fêtards

Pour se gâter, ils débarquent avec des copains dans le O Patro Vys, la salle de spectacle juste en haut du Bily Kun sur l’avenue Mont-Royal pour assister aux lectures du Jamais Lu, « le plus grands des petits festivals» comme l’a un jour dit l’artiste Paul Lefebvre, une affaire de tripes et un trip de fêtards qui se déroule du 1er au 9 mai. Pendant que dans cette salle les textes d’auteurs comme Martin Faucher, Fanny Britt, Anne-Marie Guilmaine, Annick Lefebvre, Guillaume Girard et Alexandre Leroux seront lus pour la première fois, les mots de Simon Boulerice et de Marc-Antoine Cyr feront les belles heures du jeune public Aux Écuries.

Sophie Cadieux est la porte-parole d'OFF.T.A.
 

Le 4 mai à 20 h au TNM, Confessions publiques (Nouvelles liaisons dramatiques), une soirée animée par Claude Poissant, nous rappellera la défunte émission Coup de foudre. Plutôt que de matcher des hommes avec des femmes en créant au passage une quantité incalculable de malaises, on mettra en relation trois auteurs de la nouvelle génération et trois plus expérimentés. Quoi de mieux qu’un mixte de langues live? C’est sûr que ça dérapera un peu, que vous ne repartirez pas sans de nouvelles obsessions à guérir, des fantasmes à assouvir, des bidules à comprendre, des phrases à noter…

Danger pour Alexis Martin

Les autres événements à inscrire à votre agenda se déroulent lors du OFF.T.A, en marge du Festival TransAmériques, comme un petit clin d’œil irrévérencieux en douceur fait pour la troisième année à ce grand festival de danse, de théâtre et de performances.

Du 21 mai au 5 juin, souvent au Théâtre d’Aujourd’hui, parfois dans des lieux inusités destinés à tout sauf à présenter des spectacles, on s’excite autour d’une voiture, on «ornithologise» l’amour, on veut la peau d’Alexis Martin, on regarde une mariée désespérer, etc. On goûte ou regoûte aussi au Grand Cahier d’Agota Kristof, pièce de Catherine Vidal qui a affiché complet du début à la fin l’hiver dernier et à L’écurie 2 de la chorégraphe Manon Oligny qui présentait la première édition de sa création sur l’identité féminine il y a un an. Deux affaires qui m’ont donné des frissons. Des histoires de cœur et de conviction.

Tout dans ce bouillon de culture en marge a été réalisé avec des miettes de budget, des sueurs froides, des concessions personnelles, mais surtout un goût profond pour les essais vertigineux et le sport extrême. L’hiver a été trop pépère pour ne pas s’éclater dans ces festivals qui n’ont même plus de preuve à faire. Un risque calculé.

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