Chinatown répond aux attentes PDF Imprimer Envoyer
Détente - Poste d'écoute
Écrit par Philippe Meilleur   
Vendredi, 01 mai 2009 23:00
Mise à jour le Samedi, 02 mai 2009 10:21

Il y avait quelques mois déjà qu'on attendait de voir ce que Chinatown avait vraiment dans le ventre. Planant depuis l'année dernière sur le courant d'air ascendant d'un EP de quatre chansons, le quintette pop-rock nous livre finalement cette semaine un premier disque loin d'être déçevant.

 

Ça ne prend pas grand-chose pour lancer un buzz dans l'univers de la musique québécoise. Suffit souvent d'une bonne petite chanson sur MySpace pour que la communauté s'amourache d'un artiste; aussi avions-nous une certaine appréhension en insérant La Cité d'or dans le lecteur. Y avait-il quelque chose de consistant à se mettre sous la dent après la mise en bouche? La réponse est oui, heureusement.

La Cité d'or se démarque d'abord par ses arrangements profonds et travaillés. Chaque son, chaque ambiance semble avoir été minutieusement planifié, donnant à l'œuvre un épais vernis de créativité. Il faut absolument entendre ces cuivres grandioses sur Du jazz avec l'apocalypse pour comprendre, ou encore ce crescendo d'ambiance qui ponctue la finale de Salut vieux monde sale. Cette attention du détail est remarquable, surtout pour des recrues, et n'est certainement pas étrangère au nom (et à la notoriété) du réalisateur (Gus Van Go).

Si on n'est pas certain que les voix plairont à tout le monde (certaines oreilles sensibles y décèleront un accent chatouillant), les mélodies qu'elles suivent sont souvent délicieuses. Vrai que les férus de refrains fédérateurs devront chercher ailleurs leur dose quotidienne de frissons, mais ce choix artistique se révèle judicieux dans la mesure où la plupart des pièces ont assez de profondeur pour susciter de l'intérêt, même après plusieurs écoutes. On a beau la connaître par cœur, Pénélope sonne encore aussi bien à nos oreilles.

Soulignons enfin rapidement le remarquable travail de design de la pochette de l'album, qui représente un Montréal utopique au sein duquel se côtoient gratte-ciel, bouteilles de bière et suçons géants. La créativité de Chinatown ne se limite pas au plan auditif, à ce que l'on voit.

La Cité d'or se révèle ainsi une réussite sur pratiquement tous les plans, à tel point qu'on se demande parfois en cours d'écoute
s'il s'agit vraiment d'un premier disque. On a déjà hâte d'entendre la suite.


Chinatown, La Cité d'or

 

 

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