| Francis Cabrel : homme de terroir, de coeur et de fidélité |
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| Spectacles - Musique | |||
| Écrit par Philippe Rezzonico | |||
| Jeudi, 16 avril 2009 18:20 | |||
| Mise à jour le Jeudi, 16 avril 2009 20:18 | |||
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Avec Lama, Fersen et l'incontournable Aznavour, Francis Cabrel forme le carré d'as des Français les plus assidus à se pointer sur nos terres. Et son actuelle présence ne sera pas différente de certains de ses passages précédents.
Spectacles à Drummondville, Sherbrooke, série de quatre et trois performances à Montréal et Québec: Cabrel ne vient pas faire la promo d'un excellent album (Des roses et des orties), il vient nous faire vivre ses chansons, nouvelles et anciennes, comme pour entretenir cette relation particulière avec nous qui en est à sa troisième décennie. «Je me souviens d'avoir été jusqu'à Gaspé et Rouyn, note le principal intéressé. Je n'ai jamais voulu faire que les villes incontournables comme Montréal, Québec et Ottawa. Sur ce plan, cette tournée (12 dates) est l'une des importantes chez vous.» Cabrel se rappelle même sa première performance au Québec, qui ne date pas d'hier. − J'avais fait un genre de programme triple, une affiche commune avec Pierre Bertrand et Gilles Valiquette. C'était en 1985 à l'Auberge Nelson…? − L'Hôtel Nelson. − C'est ça. Ce fut un premier contact qui fut satisfaisant. Si ça n'avait pas marché, j'aurais été déçu, mais je m'étais dit que j'aurais au moins eu le mérite d'avoir essayé. Je me disais qu'on parlait la même langue, à défaut d'avoir le même accent. Sans savoir ce qui allait arriver, je voulais tenter de me faire connaître. Ç'a bien fonctionné et j'ai continué d'entretenir la relation de mon côté en repassant souvent chez vous. Aujourd'hui, quand je donne un spectacle au Québec, je perçois les mêmes réactions que lors d'un spectacle offert à Toulouse ou Montpellier. Plus expliciteChanteur de chansons romantiques texturées, Cabrel a toujours été aussi timide en public que réservé sur disque. Son plus récent compact, Des roses et des orties, marque une certaine évolution. Que ce soit avec des ritournelles coquines comme La robe et l'échelle ou par l'entremise de chansons sociales et politiques telles Les cardinaux en costume ou Des hommes pareils, Cabrel, sans ruer dans les brancards mais sans se défiler non plus, affiche nettement ses couleurs quant à un franc-parler. «Pour l'écriture, j'ai toujours été un observateur. Parfois, ça prend plus de courage pour écrire certaines choses. Ça tient peut-être au fait que j'ai écrit chaque disque comme si c'était le dernier. Je n'ai jamais rien tenu pour acquis. Je n'ai jamais eu l'impression de planifier une carrière. Ce disque est-il le dernier? Je ne sais pas, mais c'est vrai que je suis plus explicite dans les textes que je ne l'ai déjà été.» − Et pourquoi donc? «Parce que le temps presse. J'ai 55 ans. Quand je ferai le prochain disque, j'en aurai quoi? Soixante? Quitte à avoir de la franchise artistique, c'est le moment ou jamais.» Quiconque a croisé Cabrel hors d'une scène peut vous assurer que le grand monsieur – tant de taille que de talent – a un sacré sens de l'humour. C'est pourtant un trait de caractère qu'on voit peu sur scène. Sa timidité naturelle? Profiter du présent «Il y a un peu de ça, même si je pense que je suis plus relâché sur scène que je ne l'ai jamais été. Je suis moins statique qu'à une certaine époque et j'en profite davantage. Il y a 15 ou 20 ans, je chantais sans toujours apprécier le moment présent. Aujourd'hui, je réalise que c'est un privilège de faire ce métier. Mais si je ne développe pas plus mon sens de l'humour, c'est parce que ce n'est pas un spectacle d'humoriste.» On ne pourra jamais reprocher à Cabrel de cacher ses racines. Fou du folk américain, il a laissé plus que jamais cette influence bercer ses musiques depuis une quinzaine d'années. Des roses et des orties y plonge à plein, comme l'oeuvre de la Québécoise Catherine Durand qui assurera ses premières parties durant la tournée. «Catherine et moi avons le même gérant (Paul-Dupont Hébert). C'est lui qui m'a fait écouter son dernier disque en me demandant si j'acceptais qu'elle ouvre mes spectacles. J'ai accepté. Nous avons le même gérant, mais aussi les mêmes influences. Ça s'entend. Cela dit, je ne l'ai pas encore rencontrée. Ça s'en vient….»
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