Hollerado – L’affaire est dans le sac ! PDF Imprimer Envoyer
Spectacles - Musique
Écrit par Philippe Renault   
Samedi, 06 février 2010 08:53
Mise à jour le Lundi, 08 février 2010 14:50

Hollerado a toujours refusé de faire comme les autres. Après une sortie indépendante il y a un an, des résidences dans sept villes nord américaine durant le même mois et une tournée presque mondiale, voilà que le groupe relance les mélodies drôlement accrocheuses de l’album Record In a Bag qui, comme le nom l’indique, est offert dans un sac de type ziploc.

L’aventure Hollerado a débuté il y a quelques années dans la petite municipalité ontarienne Manotick, ville d’origine des quatre musiciens située près d’Ottawa. Menno Versteeg (voix, guitare), Nixon Boyd, (guitare), Jake Boyd (batterie) et Dean Baxter (basse) se sont ensuite amenés à Montréal pour enregistrer leur premier album, lancé de façon totalement indépendante il y a un an tapant. On peut dire sans se tromper qu’ils ont maintenant adopté la métropole. C’est d’ailleurs dans un bistro du Plateau qu’ils sont convié le journaliste à discuter de leur univers musical.

« Nous avons partagé l’enregistrement entre New-York et Montréal. Nous avons donc habité ici régulièrement au cours des trois dernières années. C’est la plus belle ville au Canada pour être pauvre ! Mais, quand on est vraiment pauvre, on retourne chez nos parents. Puis, lorsqu’on travaille et fait de l’argent, on revient à Montréal », raconte Manno Versteeg, qui se donne toujours la peine de répondre aux questions de l’interlocuteur en français, à l’instar de ses collègues.

De l’argent, on pourrait être porté à croire qu’ils en ont aujourd’hui plein les poches, pour avoir remporté en décembre un concours à la radio LIVE Ottawa, dont le grand prix consistait en une imposante bourse de 250 000 $.

« Ça a changé notre carrière musicale, mais pas notre vie quotidienne, souligne Nixon Boyd. Nous n’avons pas reçu un chèque de 250 000 $. On reçoit de l’argent seulement lorsque nous avons des besoins professionnels. On doit donc continuer à travailler fort. La différence, c’est lorsqu’on revient de tournée, au lieu d’arriver tout juste dans nos dépenses, on fait un peu d’argent », ajoute le chanteur.

Se faire un nom

Ce prix survenait alors que Hollerado venait de terminer une folle série de spectacles qui consistait, durant un mois, à jouer hebdomadairement dans sept villes différentes (les dimanches à Boston, les lundis à New York, les mardis à Lacolle, les mercredis à Hamilton, les jeudis à Toronto, les vendredis à Ottawa et les samedis à Montréal). Il se préparait aussi à offrir leur Half-World Tour, qui allait le mener au Canada, aux États-Unis, au Brézil, en Argentine et en Chine.

Impressionnant pour une jeune formation qui agissait de façon totalement indépendante !

« On aime voyager. D’ailleurs, après notre entrevue avec toi, on va planifier notre prochain voyage. On aime la musique et la seule chose qu’on aime plus que jouer de la musique. C’est jouer dans des places exotiques et moins exotiques ! », note Manno.

Ces périples ont permis au quatuor de se souder musicalement, mais aussi de faire jaser de lui. Sa réputation s’est même rendue jusqu’aux oreilles de Jack White, qui l’a invité à assurer la première partie des Dead Weather l’année dernière à Toronto.

En contrôle

L’occasion de relancer Record In a Bag, cette fois avec le support d’une maison de disques (Royal Mountain Records, en partenariat avec Arts & Crafts), était donc belle. Mais n’allez pas croire que le groupe va laisser la gestion de sa carrière entre les mains d’administrateurs plus soucieux du porte-feuille de l’entreprise que de l’art qu’ils produisent.

« Le label, c’est nous qui l’avons fondé avec notre gérant, souligne Nixon. Ça nous permet de toujours garder le contrôle. On voulait avant tout avoir notre disque dans les magasins, même si les gens achètent moins de nos jours », renchérit Versteeg.

Une fois de plus, l’acheteur a droit à une pochette des plus originale, alors que le CD est inséré dans un sac ziploc, avec confettis, pic de guitare, carte de téléchargement d’extras et autres. Une façon d’attirer les fans qui se sont déjà procurer l’album en téléchargement gratuit au cours de la dernière année.

« On veut que la personne l’achète et le trouve cool ! Bien des gens qui l’ont téléchargé vont l’acheter. On applique aussi le concept de responsabilisation face à la musique. Un fan de musique doit aider les musiciens. S’il n’achète pas le disque, il peut venir nous voir en show.

« S’il ne vient pas nous voir en show, il achète l’album. S’il ne fait ni un ni l’autre, quand on vient dans sa ville, il peut nous recevoir à souper ! On dit oui à tout ce qui peut nous aider », mentionne le plus sérieusement du monde le chanteur.

Hollerado offrira ses airs accrocheurs tous les samedis de février au Divan Orange.

Photo courtoisie Joseph Yarmush

Résidence au Divan Orange

Tout au long de février, c’est au tour du Divan Orange de recevoir les rockeurs. Hollerado s’y produira chaque samedi du mois.

« Nous savons que notre bassin de fans n’est pas assez grand pour avoir des spectateurs différents chaque soir. C’est pourquoi nous allons offrir quelque chose de différent chaque semaine. Les groupes invités changeront et plusieurs surprises seront offerte. Et le dernier soir, nous allons faire une mise aux enchères de différents objets. Même les fans pourront apporter des trucs qu’ils veulent vendre », annonce le guitariste.

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