| Jill Barber : un pur ravissement |
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| Spectacles - Musique | ||||||||
| Écrit par Philippe Rezzonico | ||||||||
| Mercredi, 03 février 2010 23:32 | ||||||||
| Mise à jour le Mercredi, 03 février 2010 23:54 | ||||||||
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Il y a des spectacles qui plaisent, qui séduisent ou qui charment. Celui de Jill Barber présenté mercredi soir à L’Astral était rien de moins que ravissant.
Non pas que l’on s’attendait vraiment à autre chose, mais il y avait mercredi une anticipation qui n’existait pas l’été dernier, quand la Canadienne originaire de la Nouvelle-Écosse était venue présenter les chansons de son album Chances, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal. Cette performance de 2009 avait littéralement fait découvrir l’artiste auprès du public québécois qui, mercredi, bondait la nouvelle salle de la rue Sainte-Catherine du parterre au balcon. Épousant à fond la facture sonore de son disque dont les effluves pop rétro teintées de jazz colorent les compositions, Barber semblait tout droit sortie d’une soirée de bal de finissants de l’Amérique du début des années 50 dans sa splendide robe bleue qui découvrait ses longues jambes. Encore largement inconnue au Québec, la jeune femme qui aura 30 ans cette semaine a néanmoins du métier. Et ça se voit. Barber donne parfois l'impression d’être une Martha Wainwright en plus coquine, alors qu’elle interprète ses chansons avec des haussements d’épaules et une gestuelle qui font penser à une gamine, mais elle affiche une réelle présence de scène, sachant être espiègle, charmeuse et même sensuelle, sans perdre une once de candeur.
Écoute totale Quand elle livre Chances et sa mélodie fondante comme du nougat, Never Quit Loving You charpentée sur des « toup-doo-do-do » rassembleurs ou Old Flame, qui repose sur une ligne de saxophone, nous ne sommes pas loin d’être béats de bonheur. Et quelle qualité d’écoute de la salle ! Suspendus à ses lèvres, étions-nous. Généreuse, Barber a fait traduire en français sa chanson All My Dreams depuis son dernier passage chez nous, celle-ci devenant Tous mes rêves. Un « A » pour l’effort et un courant de sympathie instantané, mais on avait un peu l’impression d’entendre Coeur de pirate chanter en français, c’est-à-dire de façon quelque peu approximative.
En revanche, la dame a de la répartie et un sens de l’humour pince-sans-rire. Ses commentaires sur les moeurs des Montréalais étaient parfaits pour mettre la table pour Be My Man, une chanson qu’elle avait écrite avant de savoir qu’elle allait se marier cette année. Quand elle offre Wishing Well - très musclée - et Oh My My, ce titre qui ressemble à un croisement entre une chanson gospel et la trame sonore des Triplettes de Belleville, Barber sait être nettement plus festive dans le ton. Dans ce deuxième cas, l’assistance ne demandait pas mieux que d’apporter son concours vocal. Bel hommage Au chapitre des surprises, on note If It Weren’t For Loving You, quand Barber, guitariste de son état, s’installe aux ivoires pour partager un quatre mains avec son pianiste. Et que dire de cette livraison formidable (accordéon et violon) de Dance Me To the End of Love, de Cohen, qui a fait un réel tabac. Barber l’a dit. Elle voudrait que Montréal soit « une amie vraiment cool et sexy dans ma vie ». Un autre disque et tournée du calibre de ceux-là et il pourrait y avoir une autre relation à long terme que le mariage de Barber dans sa vie. Et dans la nôtre, aussi.
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