| Cowboy Junkies – Le plus magnifique blues nostalgique qui soit |
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| Spectacles - Musique | |||
| Écrit par Philippe Rezzonico | |||
| Vendredi, 20 novembre 2009 00:52 | |||
| Mise à jour le Vendredi, 20 novembre 2009 14:53 | |||
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Soudés à nos sièges, étions-nous. J’admets, ce n’est pas si rare pour un spectacle des Cowboy Junkies. Mais celui vu jeudi soir à L’Astral a été l’un des plus denses, des plus intenses et des plus blues de la carrière du groupe canadien. Et tout ça, pour notre plus grand plaisir.
La dernière fois, au Spectrum, c’était assez intense, là aussi. Mais dans l’Astral, où tout le monde, même au balcon, n’était pas à 50 pieds de Margo Timmins, on frisait la promiscuité. Un peu comme au Café Campus, en 1989, faisait remarquer mon copain Stef. Contexte idéal pour savourer la plénitude de l’univers torturé de Margo. Tasse de thé et joli bouquet de roses blanches posés sur le tabouret à ses côtés, position debout, arc-boutée ou s’accrochant carrément à son micro, la gestuelle de la chanteuse en dit souvent aussi long que les propos des chansons parfois déprimantes composées par son frangin Michael. Margo grogne parfois sous la guitare de Michael et la basse d’Alan Anton, tantôt elle miaule hors champ, accentuant les ruptures, comme durant I’m So Open.
Ils n’ont pas fait dans la facilité, les Timmins (Margo, Michael, Peter) et leurs collègues, jeudi. Une bonne partie du spectacle reposait sur les compositions des albums des années 2000 et sur des chansons pas encore enregistrées. Pas moins de quatre titres inédits au menu : la solide Stranger Here, ainsi qu’un trio offert intégralement durant le volet acoustique. Little Dark Heart n’avait, paraît-il, jamais été interprétée sur scène. Quant à Fairy Tale, Margo Timmins a noté qu'elle était la nouvelle chanson préférée de son fils de six ans, quoiqu’il « ne réalise pas encore à quel point cette chanson est déprimante. » Peu importe, dans L’Astral, tout le monde buvait les paroles. Le mal de l’âme C’est ça, les Cowboy Junkies. Le mal de l’âme n’est jamais loin. Dieu que Margo semblait porter toute la peine du monde durant l’interprétation ma-gis-tra-le de la légendaire chanson country I’m So Lonesome I Could Cry. C’était moins arrache-coeur durant Moonlight Mile, l’un des classiques oubliés des Rolling Stones. Peut-être parce que la belle Margo nous a raconté à quel point elle était une fan de Keith Richards dans sa jeunesse et qu’elle voulait épouser le guitariste, avant de réaliser à quel point l’exercice aurait demandé de « l’entretien ». Une galerie de photos d’Alain Décarie.Entre la guitare précise de Michael, les salves d’harmonica rugueuses de Jeff Bird et la basse lourde d’Alan Anton, Margo effeuillait parfois des roses ou oubliait des paroles, ce qui expliquait la présence du lutrin qui contient toutes les compositions du répertoire près d’elle. Dans le droit final et au rappel, les Junkies ont vraiment fait plaisir aux fans en extirpant des titres de Pale Sun Crescent Moon, la formidable A Common Disaster et l’inoubliable Blue Moon Revisited (A song For Elvis), qui a renvoyé tout le monde à la maison avec le plus magnifique blues nostalgique de l’âme qui soit.
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