| Fleetwood Mac: solide comme le roc |
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| Spectacles - Musique | |||||
| Écrit par Philippe Rezzonico | |||||
| Mercredi, 25 mars 2009 23:49 | |||||
| Mise à jour le Mardi, 02 juin 2009 20:10 | |||||
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Ils se sont aimés, déchirés, cajolés, engueulés, entraidés et séparés à n’en plus finir. Pourtant, après chaque rupture, les membres de Fleetwood Mac ont repris du service.
Mick Fleetwood, John McVie, Lindsey Buckingham et Stevie Nicks étaient de retour ensemble pour la première fois à Montréal depuis le début du 21e siècle avec leur tournée Unleashed, une virée de grands succès. S’il était tout à fait indiqué de commencer par le commencement, le groupe aura imposé d’emblée une forte dose de symbolisme. Alors que le band entrait dans la pénombre, on a vu Nicks et Buckingham, les anciens amants ennemis, arriver main dans la main, avant que le band interprète Monday Morning, la toute première chanson de leur disque éponyme de 1975. The Chain, l’une des pièces maîtresses de Rumours, était encore plus à propos, et a permis de démontrer rapidement que Fleetwood Mac avait du ressort, tant Fleetwood et McVie ont lancé le classique en orbite.
Grands succès à satiété Les quatre cinquièmes de Fleetwood Mac – Christine McVie a quitté en 1999 – toujours présents ont fortement axé leur concert sur les albums des années 1970, presque les deux tiers des 23 titres étant tirés de Fleetwood Mac, Rumours et Tusk. Et c’est exactement ce que les 11 139 spectateurs présents voulaient entendre. Sans Christine McVie à l’avant-scène, Fleetwood Mac donne parfois l’impression d’être un véhicule pour Nicks et Buckingham, d’autant plus que les deux interprètes ont livré quelques titres issus de leur albums solos. Nicks, qui affiche dix ans de moins que ses 60 ans, a encore une voix aérienne au possible, qui est un tout petit peu en deçà de ses cimes d’il y a 20 ans, comme on l’a noté lors de la splendide Rhiannon. Buckingham, pour sa part, est aussi fougueux que lors de son passage au Métropolis il y a deux ans. Peut-être le meilleur guitariste de fingerpicking encore en activité, Buckingham a encore une voix archi-puissante, un peu trop pour celle de Nick, d’ailleurs. Chaque fois que le duo chantait simultanément, la voix de Buckingham avait tendance à enterrer celle de Nicks. Peut-être que le volume de son micro aurait pu être réduit. Comme en 1977 Cela dit, il n’y a pas grand-chose qui n’ait pas été à la hauteur. Dreams était tellement similaire à la version sur disque, qu’on était transporté en 1977. Nicks occupait parfaitement l’avant-scène avec Gold Dust Woman et son châle en or, les bras écartés, telle une gitane, tandis que Buckingham a volé le show avec un solo de guitare homérique durant So Afraid. Ce sont pourtant les moments partagés qui ont touché la foule au cœur. Nicks, qui vient chanter dans le micro de Buckingham durant Sara, concluant la chanson alors que Lindsey pose sa tête sur son épaule avant d’y déposer un baiser. Ou encore, cette par-fai-te version de Landslide, sourires complices inclus. Le vieux Mick (63 ans), qui affiche l’enthousiasme d’un gamin de cinq ans, a été brillant sur la relecture de Tusk, l’un des moments les mieux réussis au plan musical. En revanche, même si Buckingham a livré une version solo d’enfer de Big Love à la guitare acoustique, cette chanson aurait mérité le band au complet, à en juger par la tenue de Fleetwood à la batterie. Pour les fans – presque aussi âgés que les membres du band – , les livraisons de Second Hand News, Go Your Own Way et Don’t Stop étaient les moments forts. Toutes ces chansons sont devenues des hymnes avec le temps. Et il n’y avait rien à redire, tant le groupe les offrait avec une fougue qui n’était pas loin de rivaliser avec celle d’antan. Comme le disait une dame à la sortie du concert de deux heures et vingt minutes : «Il rockent encore solide pour leur âge.» En effet.
Monday Morning
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