| Dany Laferrière raconte l'amour et la mort aux enfants |
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| Spectacles - Livres | ||||||||
| Écrit par Manon Guilbert | ||||||||
| Jeudi, 09 avril 2009 18:45 | ||||||||
| Mise à jour le Jeudi, 09 avril 2009 20:52 | ||||||||
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«Mais c'est le maquis ici!», s'exclame Dany Laferrière en pénétrant dans les locaux de RueFrontenac.com. Le romancier et chroniqueur a préféré une rencontre dans ce cadre marginal à l'invitation faite par Le Journal de Montréal pour présenter son nouveau livre pour enfants La fête des morts, portant sur un sujet grave qu'il aborde sans gêne et sans scrupules. Dany Laferrière prouve une nouvelle fois qu'il n'est pas un adepte de la langue de bois.
La fête des morts est le deuxième album pour enfants de la série de trois que Dany Laferrière publie aux Éditions de la Bagnole. Il fait écho au magnifique Je suis fou de Vava, qui lui avait valu le Prix du gouverneur général en 2006 pour la qualité du texte. Une nouvelle fois, Vieux Os, l'alter ego de l'auteur, se retrouve dans les paysages de son enfance en Haïti pour se confronter aux mythiques concepts de la mort. La mort «Pour cette série, j'ai voulu trouver un créneau où il me serait possible de parler de tout, et surtout des choses essentielles comme l'amour et la mort, dans des univers poétiques et philosophiques. Quand j'étais enfant, se souvient-il, on ne posait pas trop de questions sur la vie et sur la mort. Mais les enfants ont le droit de savoir les choses. Il y a moyen d'en parler de façon gracieuse et belle. Par le biais des symboles, j'aborde la mythologie populaire.» «C'est délicieux, ricane-t-il, d'avoir peur de suivre une histoire quand tu es bien blotti dans les bras de ta mère! La peur, ce n'est pas malsain. Ce livre est un peu comme un tunnel initiatique d'où on sort dans la lumière.» Les pages du livre rayonnent des couleurs volées au paysage haïtien. Les illustrations de Frédéric Normandin intègrent les textes et évoquent l'image de la mort. L'amour et la mort, deux mythes de l'humanité, sont souvent incarnés par les papillons.
«Ils circulent dans les rêves, fait remarquer Laferrière. Ce n'est pas un animal, ce n'est pas non plus un oiseau. Personne ne craint les papillons et jamais ils ne sont banals. Pour cette raison, ils habitent les orbites d'une femme morte. Ces trous-là vides, c'était trop fort. Ils retrouvent ainsi, avec les papillons, leur poids métaphysique. Dans les cimetières, on voit très souvent des papillons. Ils ont la couleur de l'amour ou de la mort et rappellent la brièveté de la vie.» Le lecteur allumé Dany Laferrière part du principe que les enfants peuvent comprendre et qu'on ne les y oblige pas. «C'est là, dit-il, l'apprentissage du lecteur. Je n'aime pas le prémâché. En gros, je donne à mes lecteurs le sens d'une mécanique. Ce n'est pas grave s'ils comprennent plus tard. Combien d'auteurs m'ont fait cet effet?», ajoute-t-il, l'air pensif. Pour Dany Laferrière, il n'y a pas de différence entre un lectorat d'adultes et celui des enfants. «Pour eux, c'est un livre comme un autre. Il n'y a pas de déplacement de sens quand je m'adresse aux enfants. Souvent, les livres qu'on leur dédie manquent de poésie jusqu'à en devenir bébétes. Je crois que dans la tête du jeune lecteur, ça se développe pour dériver, pour déformer.» L'enfance Dany Laferrière avoue qu'il est passé de l'autre côté du miroir pour mettre en scène sa propre enfance. «C'est la mémoire de moi, enfant. C'est la moindre des choses que de partager cette confiance en la vie, dans un langage simple sans en baisser le niveau.» Il a consciemment adopté un langage populaire pour rendre hommage à la beauté du monde. Dans ce livre, Frédéric Normandin a multiplié les tableaux où les textes s'intègrent en accord avec les rêveries de l'enfance et la dignité du monde adulte.
«Ça me rend heureux, conclut Dany Laferrière, d'avoir réussi à parler de la mort aux enfants sans être morbide. Tout le monde va mourir. Il y a des gens qui meurent tous les jours et ils vont rester avec nous tout aussi longtemps qu'on prononcera leur nom et qu'on aura en tête leurs souvenirs. L'amour, c'est ça!»
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Commentaires (3)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires Bravo...
Bravo...
de ne pas traverser la barricade! Quelle astuce! Les enfants apprendront la leçon. Et je m'en vais lire ce petit livre puisqu'on dit un livres-junesse est réussi quand les grandes personnes se l'arrachent. Je m'arrête chez le libraire... ha! ha! ha! pour garnir la biblio de Parent Étoile
Parent Étoile est un organisme sans but lucratif qui intervient auprès des enfants endeuillés. Est-ce Monsieur Laferrière ou son éditeur aurait la générosité de nous faire parvenir ce livre pour les enfants de nos groupes. SVP. mes courageux grévistes, faire suivre la demande...Merci!
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