Superbe crise existentielle PDF Imprimer Envoyer
Détente - Poste d'écoute
Écrit par Patrick Gauthier   
Vendredi, 03 avril 2009 12:11
Mise à jour le Vendredi, 03 avril 2009 18:59

La Lenteur alentour. Le titre à lui seul nous donne envie de nous plonger dans le premier disque d'Émilie Proulx, un album qui nous arrive deux ans après le mini-album Dans la ville endormie. Mais soyez avertis: un seul plongeon ne suffit pas à explorer les profondeurs de l'univers poétique de cette brillante jeune femme. On a le goût de nager longtemps et souvent dans ses eaux troubles.

Si Lapointe chante l'amour, Émilie Proulx chante l'effarement qui survient après. Quand les repères disparaissent. Quand on devient «étrangère partout» (Sortir de là). Quand on a le goût de se «sauver ailleurs autrement/Mais pour aller ou/Devenir qui?» (Comme dans un bureau beige et gris).

Ces rimes du doute, du désespoir, de la remise en question, sont sublimées par des musiques fort simples, aux arrangements épurés (seuls un banjo et une contrebasse ornent la voix pleine de spleen d'Émilie sur Toute seule). Des musiques oscillant entre le folk aérien et le country urbain, avec des relents subtils de Radiohead (sur certaines finales) et même de Pink Floyd (L'Espoir de passage peut rappeler The Great Gig in the Sky).

La Lenteur alentour est sans conteste l'un des meilleurs disques entendus de ce côté-ci de l'écran depuis un sacré bout de temps. Et la bande sonore idéale pour quiconque traverse une crise existentielle.

C'est cruel, mais on en vient à espérer que celle d'Émilie Proulx ne s'arrête jamais...

Émilie Proulx - La Lenteur alentour - Confiserie/GSI

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