| Coucher avec l'ennemi |
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| Blogues - Serge Touchette sur le trottoir | ||
| Vendredi, 12 juin 2009 10:49 | ||
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Excusez-moi, mais je suis encore sous le choc. La FTQ, si j'ai bien lu, s'allie avec Quebecor pour acheter le Canadien. Pincez-moi, quelqu'un. Mieux encore, frappez-moi!
Cette même FTQ qui, au cours des dernières années, a maintes et maintes fois pourfendu et dénoncé à grands cris le comportement arbitraire de l'Empire, décide soudainement de coucher avec l'ennemi. Sans remords et sans gêne. Un bed in Quebecor-FTQ me donne des haut-le-cœur. Je vous le dis: je suis assommé. Révolté! La FTQ, quoi qu'elle en pense, a des obligations morales envers tous les syndiqués qui, au fil des ans, ont été littéralement bafoués par Quebecor. Imaginez: la FTQ qui s'unit au roi incontesté du lock-out, à celui qui a toujours privilégié la confrontation au détriment de la négociation. Si vous la comprenez celle-là, je vous demande de me l'expliquer. Comme beaucoup de travailleurs québécois, j'ai quelques billes dans le Fonds de solidarité de la FTQ. En vertu des règles, je n'ai pas le droit de les retirer, mais la FTQ, elle, a le droit de les mettre à la disposition de monsieur Péladeau, engagé dans une lutte à finir avec les autres acheteurs potentiels du Canadien. Bref, j'ai la nette impression de me faire fourrer. Encore une fois. «On n'attire pas les mouches avec du vinaigre», a déclaré le combien subtil président de la FTQ, Michel Arsenault. Avec l'argent des contribuables, monsieur Arsenault, vous pouvez attirer n'importe quoi, n'importe qui. Pas juste des mouches. Des requins aussi. Ce n'est pas une raison pour se ranger dans le camp de Péladeau. Vous faites preuve d'un mépris qui n'a d'égal que celui de PKP envers les employés syndiqués. Ce qui m'étonne dans cette histoire, c'est le silence de René Angélil, un homme pour qui j'ai toujours eu de l'admiration. De toute évidence, il a choisi de fermer les yeux. Et de cautionner les agissements d'un homme, PKP, qui se fout des employés, et d'une centrale syndicale qui s'en fout tout autant. C'est indécent. Vous n'avez pas honte, monsieur Arsenault? Vite. Frappez-moi, quelqu'un! Pas trop fort quand même. Depuis que les Expos ont mis les voiles, je suis devenu accro aux Red Sox de Boston. Vous autres? Je garde aussi un œil sur les Yankees de New York et les Dodgers de Los Angeles. Les Blue Jays de Toronto? Je n'embarque pas. Ils ont trop peu de joueurs qui m'allument. Ils ont de bons joueurs, les Jays, mais pas suffisamment de personnages. À Montréal, on a eu les Coco Laboy, Bill Lee et Ellis Valentine. Des joueurs colorés qui, malgré leurs travers, s'attiraient toujours la sympathie du bon peuple. Les Jays? Ils sont trop straight à mon goût. Bons, mais fades. Ce n'est pas le cas des Red Sox. Avant la naissance des Expos, les Red Sox chatouillaient ma curiosité. À cause de Carl Yastrzemski, un des rares gagnants de la triple couronne, de Rico Petrocelli, de Ken The Hawk Harrelson, de Luis Tiant, de George Scott et de Jim Lonborg, entre autres. Chez les Red Sox, il y a toujours eu des personnages plus grands que nature. Manny Ramirez, l'unique Manny, n'est plus dans le paysage, mais David Ortiz, malgré ses misères, est encore parmi les cogneurs que j'aime observer. Un gros bonhomme, un Roger Bon temps toujours susceptible d'en dévisser une. Il y a aussi Beckett, Matsuzaka et, évidemment, leur gérant Terry Francona, qu'on a bien connu à Montréal. Un gars terre-à-terre qui ne s'est jamais pris pour le nombril du monde. J'ai bien connu Francona, le joueur. Au début des années 1980, nous nous sommes rapidement liés d'amitié. Francona, malgré un talent limité, se défonçait. Mais les blessures n'ont jamais cessé d'empoisonner son existence. Malgré tout, il gardait le moral. «Je suis une roue de secours avec une... crevaison!» qu'il disait. Tim Wallach et lui étaient inséparables. Quand t'en voyais un, tu voyais l'autre aussitôt. Wallach était un joueur à temps plein, Francona, un réserviste qui marchait constamment sur la corde raide. Il vivait toujours dans la crainte d'être cédé aux ligues mineures. Je me souviens d'un voyage en avion avec l'équipe au cours duquel deux vétérans, Woodie Fryman et Ray Burris, m'avaient refilé une information coulée dans le béton. «Surveille ça, m'ont-ils chuchoté. Nous avons appris que Tito (le surnom de Francona) sera envoyé dans les mineures. Un des coachs de l'équipe nous a vendu la mèche...» Le lendemain, je publie un texte, qui annonce le départ de Francona pour la formation-école AAA des Expos. La nouvelle vexe la direction de l'équipe qui, contre toute attente, décide de faire marche arrière. Pour un, Bill Virdon, alors gérant de l'équipe, est cinglant. «Ce ne sont pas les journalistes qui dirigent l'équipe!», lance-t-il, rouge comme un coq. Une semaine plus tard, je croise Francona dans le hall de l'hôtel à Saint Louis. «Je veux te remercier, qu'il me dit. Je m'en retournais effectivement dans les ligues mineures. Mais parce que la nouvelle a été ébruitée, les Expos, furieux, ont viré capot. Et je suis encore dans les majeures! Thank you!» Depuis ce jour, ma relation avec Francona n'a cessé de grandir. Mais à l'époque, j'étais loin de penser qu'il deviendrait gérant dans les ligues majeures un jour. Il manquait parfois de sérieux et il parlait trop. Et il avait le don de se placer dans le trouble. Plusieurs années plus tard, il a été nommé gérant à Philadelphie, où il a fait ses classes, sans plus, avant d'être viré. Quelques années ont passé et il s'est retrouvé à Boston à la surprise générale. «Il ne fera pas long feu», que je me disais. Il est toujours là. Depuis, les Red Sox ont remporté deux fois la Série mondiale sous sa gouverne. Et cette année, ils sont encore parmi les meilleures équipes des ligues majeures. Bon sens de l'humour Il dirigerait une équipe de calibre AA et son comportement serait probablement le même. Il est terre-à-terre et son sens de l'humour le sert à merveille quand vient le temps de détendre l'atmosphère. Je l'ai revu en quelques occasions lors de mes visites à Boston. «Tabarnak!» qu'il me lance à tout coup. Et après sa rencontre avec les nombreux journalistes de Boston, il m'invite discrètement dans son bureau avant de fermer la porte. On parle de choses et d'autres, de ses années à Montréal notamment, de Claude Raymond et de bien d'autres choses. Non, il n'a pas la grosse tête, Francona. Juste une bonne tête de baseball. Le joueur moyen qui, à une certaine époque, se réveillait le matin en se demandant s'il serait encore dans les majeures dans 48 heures, est désormais considéré comme l'un des meilleurs gérants de son époque.
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Commentaires (10)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires Un geste de solidarité
En tant que fils d'un ancien chef ouvrier et en tant qu'ex-syndicaliste enseignant, nous allons dès lundi sortir tous nos REER du fonds FTQ.
Nous ne pouvons endurer la trahison de ces labor-boss. Continuez votre lutte les gars. Rien de surprenant
Dans ce merveilleux monde dans lequel les principes foutent le camp, il n'est absolument pas surprenant de voir une centrale syndicale se prendre pour une entreprise privée... et c'est en partie pour cette raison que la population en a contre les syndicats. À force de vouloir engranger des profits, bref faire du "gros cash", les grandes centrales syndicale ont perdu le focus quant à leur raison d'exister; la défense et l'amélioration des conditions de travail de ses membres. C'est pathétique et désolant. Alors chers travailleurs du secteur privée, prenons notre mal en patience car même les syndicats se prennent pour des multinationales. Merci à Michel Arsenault et la FTQ!
coucher avec l'ennemi....
Calvaire de cibole est bonne celle-la.Un special "made in Quebec".C'est comme quelqu'un qui "bargain" avec une pute pour une pipe....Alors c'est qui la pute et le piper dans tout ca?Excuser le terme mais il y a une mechante saloppe dans cette histoire...
continuer on es avec vous
salut M.touchette je suis avec vous ettous les autres journalistes laissez vous pas faire si il y as un bon Dieu je suis surs que PkP n'auras pas l'équipes et la Ftq on les as loin dans le C..pour moi sa se fais pas ces choses las amicalement Daniel
Le Canadien
J'ai entendu dire que Arianne Moffat,Marjo,Diane Dufresne,Fabienne Thibeault et Plume Latraverse veulent acquerir le Canadien.
Plume deviendrait le directeur-gerant et engagerait le doc Mailloux comme medecin du Canadien...Et voila le virage quebecquois s'en vient... putasserie
Je suis complètement démoli de voir une centrale syndicale coucher avec un boss si anti-syndical, pour faire des profits.
Honte à vous Michel Arseneault. Pierre Belle-Isle Le CH va perdre des fans
Pour résumer tout ce bordel, causé par l'amour inconditionnel de la FTQ envers PKP et Quebecor, je prédis, à la lumière des commentaires lus et entendus depuis mercredi, que le Canadien va perdre plusieurs fans.
Avec un autre réseau privé et à la carte, TVA Sports, les gens ne voudront pas débourser pour voir leurs favoris. Et je serai l'un de ceux-là. D'autres vont tout simplement annuler leurs abonnements de saison. Et si, malheureusement, cet empereur d'Outremont devient le proprio des Canadiens, je me ferai un plaisir d'aller brûler mon chandail du Centenaire, à l'aide d'un torchon du JdM, sur la rue Frontenac, près du "camping des lock-outés" ! Je ne bois pas de houblon, mais je pense que je vais me déboucher une Molson Ex à la santé des frères Molson. Go Molson Go ! Les GUIDOUNES
Je n'ai pas trouvé d'autres mots pour qualifier la FTQ. En fait, vous savez ce que veux dire ftq Fourrons tous les québécois...J'ai malheureusement eu affaire avec ces crosseurs et comme des milliers de québécois je me suis fait avoir...
coucher...!
Mes excuses M. Touchette si pollue mais vous avez parfaitement raison sur le ''mariage'' FTQ et Quebecor.
Une précision, qui a dit '' a force de coucher dans divers lits, ont attrapent des maladies '' contradictoire
La FTQ avec Québeqor c'est aussi contradictoire que :
Que brigitte Bardeau qui va à la chasse aux phoques pour ces vacances. Qu'un végétarien qui commande un bigmac. Que Goerges W. Bush militerais pour le protocole de Kyoto et la paix dans le monde. Que le Dalaï Lama déclare la guerre à la Chine. Que Ben Laden se roule dans un champ de marguerite en déclarant ' j'aime l'occident'. Que Stephen Harper qui déclare ' Vive le Québec, vive le Québec Libre'. Que Bob Gainey qui dit avec un large sourir ' on lache notre fou les boys, à soir ont va avoir du fun en Tab...'. Ecrivez un commentaire |




























