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Il est temps de changer de disque PDF Imprimer Envoyer
Pendant ce temps au Montreal Sun - Observations
Écrit par RueFrontenac.com   
Lundi, 11 mai 2009 15:37
Mise à jour le Lundi, 11 mai 2009 19:10

Contexte entourant un texte publié en page 9 de l’édition du 4 mai du Journal de Montréal: 14 cadres de Radio-Canada – oui, cet organisme financé par les deniers publics – ont participé à un séminaire qui se déroulait dans le cadre enchanteur d’une auberge où il y avait un spa.

Scandale: la société d’État a eu le culot de payer la chambre d’hôtel de ces hauts fonctionnaires. Total: 6800$. Mais encore, il semble que ces cadres aient profité de ce séjour de deux jours pour boire de l’alcool aux frais des contribuables.

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Il n’en fallait pas plus pour que Sun Media fasse 50 demandes d’accès à l’information et prépare un texte pour dénoncer la situation en citant (what a surprise! ) l’indignation de la Fédération canadienne des contribuables, un think-tank qui croit, en gros, que le premier ministre devrait manger au McDo et faire du pouce.

On veut bien froncer les sourcils en voyant que ces hauts dirigeants du secteur public ont bu 17 bouteilles de vin et quelques verres de scotch en deux jours de congrès, mais on commence à être tanné de voir la moindre dépense engagée par un cadre de Radio-Can détaillée et jouée en grosses lettres uniquement parce que c’est Radio-Can. On n’en peut plus. Changez de disque avant que la SRC commence à fouiller vos propres comptes de dépenses.

Ding et Dong
Non, mais, tant qu’à planter un parti, il vaut mieux s’y mettre à deux chroniqueurs. Dans son édition du 4 mai, en page 29, Le Journal de Montréal a sorti le bulldozer pour écraser une mouche. Défendant les vertus du grand capital, Joseph Facal et Daniel Audet – v.-p. du Conseil du patronat du Québec – ont tous deux spontanément décidé d’écrire le même jour sur un document banal de Québec solidaire.

On veut bien leur accorder que le seul vrai parti de gauche québécois pelette souvent de jolis nuages, mais on se demande pourquoi les deux hommes ont décidé de fusiller un document aussi – faut-il le répéter – banal. Vraiment! Un peu de sérieux, messieurs.

 

On vous croyait lucides, voilà que vous vous laissez effrayer par des gens qui rêvent à un système économique utopiste. Laissez-les donc rêver en paix et dites-nous comment on peut réformer le capitalisme pour que des scandales comme celui des subprimes ne se reproduisent jamais.
N’oubliez pas que ce n’est pas à cause de Québec solidaire que nos REER sont dans le trente-sixième dessous.

Montréal est sale
Tenez-vous-le pour dit, citoyens de Montréal, votre ville est sale. Tel un métronome, Le Journal de Montréal en a fait sa manchette dans son édition du dimanche 3 mai. Le truc, ici, ce n’est pas de démontrer si le quotidien a tort ou raison, mais plutôt de souligner que c’est un reportage qu’on peut y lire chaque printemps. On le sait, parce qu’on nous a souvent obligé d’écrire là-dessus.

Pourquoi radoter ainsi? Voyez-vous, les cadres du Journal n’habitent pas la ville dans laquelle ils travaillent... Pour eux, Montréal est un endroit sale, plein de trous, pollué et infesté de criminels, et ses piscines sont malpropres.

Puissante équipe de recherche!

 

Dans un souci d’intérêt public, Le Journal de Montréal a fait traduire une recherche poche effectuée par Sun Media pour ses pages de la section Tourisme de l’édition du mardi 5 mai. La longue «chronique», intitulée Les aubaines de la semaine et titrée «Internet – partie 1», fait en gros une liste d’épicerie des sites Internet où les lecteurs peuvent aller acheter des billets d’avion et des forfaits de voyages. Nous avons eu la surprise de notre vie en retrouvant les sites d'Air Canada, Air France, Expedia.ca et Travelocity.

Puissantes révélations! Nous sommes sûrs que les lecteurs ignoraient cette information. Et en plus, on vous invite à lire la suite la semaine prochaine. Quand on vous dit qu’ils prennent le monde pour des valises (et on le dit sans jeu de mots ici)...

Madame Chasse-taches
Vous vous demandez comment déloger de la gomme d’épinette sur la belle robe que vous portiez lors de votre promenade dans le bois? Vous n’êtes pas sûr de pouvoir détacher le cadeau laissé par un oiseau sur votre chapeau haut de forme? Ne cherchez plus, demandez à Madame Chasse-taches. Depuis le temps qu’on en parlait entre nous, Le Journal de Montréal a (enfin) déniché une chroniqueuse pour traiter de cet épineux sujet.

De saison en saison, la dame va vous aider à laver plus blanc que blanc. Nous avons eu le plaisir de lire sa chronique du mercredi 6 mai publiée en page 41 de la section Votre vie et nous avons été tout simplement subjugués par la pertinence de ses propos.

Dans la catégorie n’importe quoi
À la page 111 de l’édition du mercredi 6 mai du Journal de Montréal, rubrique Vos exploits. «Il vous manque des joueurs pour compléter les cadres de votre ligue de garage? Votre neveu s’est avéré la grande vedette d’un tournoi d’escrime en Ontario? Vous désirez partager une nouvelle qui vous tient à cœur avec nos lecteurs? Il vous suffit de nous faire parvenir un court texte ou une photo relatant l’événement en question et il nous fera plaisir d’en parler dans notre rubrique Vos exploits.»

Nous ne voulons pas ici minimiser l’importance du sport amateur et récréatif, mais ce n’est pas le rôle d’un grand quotidien de parler de l’infiniment petit. Un journal qui se respecte doit être produit par des professionnels et non par Monsieur et Madame Tout-le-monde. Pour les trucs plus personnels, il y a Facebook et les autres sites de maillage. Mais si jamais votre neveu devient un athlète d’élite, appelez-nous!

Avis aux étudiants en journalisme
Voici un exemple de lead à éviter. Il a été écrit par un cadre du Journal de Montréal (page 40 de l’édition du 7 mai), mais il aurait pu être écrit par une agence de publicité tellement l’esprit critique en est absent. «La date limite pour inscrire votre enfant au super concours Petits Mannequins d’un jour approche. En comptant aujourd’hui, il ne vous reste plus que quatre jours. Le dimanche 10 mai, à compter de minuit, le Journal ne prendra plus d’inscriptions.»

Un épais dossier
Depuis que son grand patron le lui a soufflé à l’oreille, le journaliste-en-chef aime bien répéter que l’avenir des journaux sur papier est sombre. Nous avons écouté pendant des mois en tentant de le convaincre de négocier avec nous ce passage obligé vers le Net.

Voilà maintenant qu’il faut le lire. La semaine dernière, Dany Doucet a profité d’un séjour à Londres avec des dirigeants de médias écrits pour pondre pendant trois jours une série de textes sur ses réflexions concernant l’avenir de la presse. On vous le donne en mille: We are doomed! Mais ne vous en faites pas, ce Darth Vader de l’information n’est pas le premier à prévoir l’apocalypse.

Commentaires (4)

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Changez de disque vous-même
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Chers journalistes de ruefrontenac.com,

Vous avez la mémoire courte. Vous critiquez vos boss parce qu'ils utilisent le mot «scandale» à tort et à travers.

Vous faites la même chose lorsque vous écrivez vos textes.
Claire_65 , juin 15, 2009
Doucet à Londres?
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Boss Doucet est allé en congrès à Londres!!! La ville la plus chère d'Europe et une des plus dispendiseuses au monde? ARRCH! Combien cela a-t-il coûté aux abonnée du Hournal de Morial? Quel scandale!
BS Fighter , mai 17, 2009
Le duo Audet-Facal...
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...fournit à peu près autant d'informations véridiques et fiables que Mohammed Saeed al-Sahaf pour ceux qui s'en souviennent. Pour faire une comparaison à saveur anglophone, ils sont aussi "Fair and Balanced" que le réseau Fox.

La vraie étoile de ce duo, par contre, c'est Daniel Audet. Il n'y a vraiment que la chroniqueuse du jeudi avant le lock-out (et j'imagine maintenant après, vu ses opinions sur la plèbe méprisable) pour le battre.
G. Favreau , mai 15, 2009
Pas étonnant
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Hahaha! Je suis étudiante en journalisme et je suis tombée sur cet excellent texte de Dany Doucet alors que je faisais des recherches sur le journalisme citoyen.

Je l'ai cité à grands extraits dans mon travail en disant que le danger pour l'avenir du journalisme, c'est des gens comme lui qui méprisent les journalistes ainsi que le droit à une information de qualité.

Franchement, ce genre de discours n'est pas étonnant chez le rédacteur en chef d'un journal qui a mis 253 employés en lock-out! Il aurait bien besoin que de gentils citoyens lui envoient de quoi remplir les pages de son journal!
Élizabeth , mai 13, 2009

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