La Presse — Les journalistes ratifient l’entente à 93% PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Travail
Écrit par Gabrielle Duchaine   
Jeudi, 26 novembre 2009 15:40
Mise à jour le Jeudi, 26 novembre 2009 23:35

Les employés de la rédaction de La Presse viennent d’approuver à 93 % l’entente de principe conclue il y a quelques jours entre leur syndicat et la direction du journal. Malgré une situation économique difficile au quotidien de la rue Saint-Jacques, les journalistes, photographes et autres membres de la rédaction ont même réussi à obtenir quelques gains.

« On savait qu’on devrait faire des concessions, mais on est très contents d’avoir obtenu des choses qui n’étaient pas sur la table au début », s’est réjoui le trésorier du Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse (STIP), le journaliste Charles Côté, à sa sortie d’une assemblée qui a duré à peine deux heures et lors de laquelle 159 des 210 membres ont exercé leur droit de vote.

Son syndicat est le cinquième à ratifier une entente de principe conclue avec l’employeur. Il signera une convention collective d’une durée de cinq ans qui comprend des hausses salariales au cours des deux dernières années.

À quelques jours de la date butoir du 1er décembre, les membres présents ont toutefois cédé sur plusieurs points, notamment sur l’épineuse question de la semaine de travail. Ils ont accepté de travailler 35 heures sur cinq jours plutôt que 32 heures sur quatre jours, et ce, sans compensation salariale. Ceux qui voudront conserver un horaire de quatre jours pourront le faire en travaillant à temps partiel, 28 heures par semaine. En échange, les employés obtiennent six congés mobiles de plus par année.

Les journalistes de La Presse ont entériné l’entente de principe et les syndiqués de la distribution pourraient faire de même dans les prochaines heures. Photo d’archives Benoit Pelosse

Les journalistes, photographes, chefs de pupitre, infographistes et leurs autres collègues de la rédaction acceptent aussi une légère augmentation des coûts de leurs assurances et font de généreuses concessions sur leur régime de retraite. La Presse cessera notamment de financer l’indexation du régime une fois qu’un employé arrêtera de travailler. Rappelons que le fonds de pension du média accuse un déficit de 113 millions de dollars.

Des gains

Malgré ce gouffre financier et même si la direction de La Presse exigeait de ses huit syndicats des concessions frisant les 10 millions de dollars, les membres de la rédaction obtiennent des hausses salariales de 2 % en 2012 et de 2 % en 2013 après trois années de gel complet, sauf pour les employés qui travaillent 40 heures/semaine (les éditorialistes et les columnists entre autres) et dont les salaires sont gelés jusqu’en 2017.

Grande victoire pour le syndicat : l’intégration des employés de Cyberpresse au STIP. « Maintenant, tout le monde est membre de la rédaction, explique Charles Côté. Ça évitera des mises à pied à La Presse et des embauches sélectives [pour le site web] si jamais le papier va moins bien. »

Pour le moment, bien qu’on prévoie un réaménagement important des horaires, aucune mise à pied n’est envisagée chez les employés permanents. On prévoit toutefois cinq départs volontaires, ce qui mènerait leur total à 35 en deux ans. De cette façon, on devrait arriver à conserver plusieurs postes incertains actuellement réservés à des surnuméraires.

« On croit beaucoup au projet rédactionnel de La Presse et de Cyberpresse. Une fois entérinées, ces ententes vont permettre à ces médias de continuer à jouer un rôle essentiel dans l'avenir », a déclaré Caroline Janet,  porte-parole de Gesca, propriétaire de La Presse, à La Presse Affaires.

Le président du Syndicat des 253 travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM), en lock-out depuis 10 mois, s’est aussi réjoui de la nouvelle. « En moins de trois mois de négociations, ils ont réussi à s’entendre avec huit syndicats de deux centrales différentes », a dit Raynald Leblanc. Le STIJM a présenté le 12 novembre dernier un nouveau cadre de discussion voté en octobre au comité de négociation de Quebecor. Ces derniers l’ont balayé du revers de la main, le qualifiant de « beaucoup de bruit pour rien ».

Sans commenter directement l’entente entre La Presse et sa rédaction, M. Leblanc s’est dit « très content de la survie [du quotidien] ». « On a besoin de tous nos médias au Québec, et notamment à Montréal », croit-il.

Un marathon

Le 3 septembre dernier, la direction du journal La Presse annonçait, via un courriel envoyé à tous ses employés, son intention de fermer ses portes en date du 1er décembre si les syndicats avec lesquels elle négociait n’acceptaient pas ses demandes. Pour accélérer les négociations, l’entreprise a rendu publics ses résultats financiers détaillés pour la période du 1er janvier au 31 août 2009.

Au début novembre, les quatre syndicats affiliés à la FTQ, soit ceux de la préparation, la publicité, la chaufferie et l’imprimerie, ont signé des ententes avec leur employeur. Puis, vendredi dernier, après un blitz de discussion, trois des quatre syndicats CSN se sont entendus avec l’employeur : la rédaction, les bureaux et l'informatique. Cette nuit, le dernier groupe, le syndicat de la distribution, a aussi conclu une entente de principe.

À lire également :

Deux autres syndicats règlent à La Presse

Entente de principe à la distribution

Commentaires (1)

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Excellente nouvelle
0
Je ne veux surtout pas encourager PKP avant qu'il mette fin au lock-out.

Le règlement avec les syndicats de La Presse était donc souhaité de tout coeur!
Raymonde Rehel , novembre 27, 2009

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