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La Nuit des sans-abri dans 23 villes du Québec PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Société
Écrit par Louis Mathieu Gagné   
Vendredi, 16 octobre 2009 13:56
Mise à jour le Vendredi, 16 octobre 2009 14:26

À l’aube du dévoilement du très attendu rapport de la Commission parlementaire sur l’itinérance, des jeunes et moins jeunes s’unissent pour passer les prochaines heures dans la rue afin de dénoncer les multiples visages de l’itinérance qui toucherait chaque année quelque 50 000 Québécois.

Preuve que la pauvreté, la maladie, la perte d’emploi, l’exclusion sociale entraînent de plus en plus de gens dans la rue, la présente édition de la Nuit des sans-abri, la 20e du genre, se déroulera vendredi dans un nombre sans précédent de municipalités québécoises.

« C’est malheureux d’être rendu à une 20e édition qui se tient maintenant dans 23 villes alors qu’au début, l’itinérance semblait être uniquement un problème montréalais », déplore Pierre Gaudreau, coordonnateur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).

Preuve que le phénomène des sans-abri se régionalise, les villes de Cowansville, Drummondville, Granby, Joliette, Lévis, Rawdon, Rimouski, Saguenay, Saint-Eustache, Saint-Georges, Saint-Hyacinthe, Saint-Jérôme, Shawinigan, Terrebonne, Valleyfield, Vaudreuil-Dorion, Victoriaville participent à l’événement au même titre que Montréal, Laval, Longueuil, Québec, Gatineau et Sherbrooke.

Commission parlementaire

Cette année, la Nuit des sans-abri a pour toile de fond la Commission parlementaire sur l’itinérance, dont les travaux se sont terminés en avril. Le rapport et ses recommandations doivent normalement être rendus publics d’ici une semaine ou deux, selon Pierre Gaudreau.

Il a bon espoir de voir la Commission recommander une politique nationale en itinérance. « Ça pourrait toujours devenir un rapport-tablette, mais il semble y avoir un consensus sur l’ampleur du phénomène et l’importance de s’y attaquer », affirme le coordonnateur du RAPSIM, rappelant que la Commission, elle-même itinérante, a siégé hors du Parlement à Montréal, Gatineau et Trois-Rivières.

Selon le RAPSIM, cette politique doit renforcer les droits des personnes en situation ou à risque d'itinérance en matière de logement social, de revenu, d'éducation et de santé mentale. Une telle politique devrait aussi améliorer la reconnaissance des groupes communautaires en itinérance et le soutien financier qu'ils reçoivent de l'État.

« Le phénomène de l’itinérance en reste un d’importance et la situation des personnes sans-abri s’améliore très peu », dit M. Gaudreau en rappelant que le nombre de nuitées dans les refuges pour sans-abri de Montréal ont augmenté de 5 % l’an dernier alors que débutait la crise économique mondiale.

On estime à 50 000 le nombre de Québécois en situation d’itinérance. Environ 30 000 résideraient à Montréal.  Les dernières estimations, qui remontent à une dizaine d’années, indiquent que la métropole compte 8 000 Montréalais sans domicile fixe à l’année longue.

Rappelons qu’avec plus de 12 % de sa population qui est pauvre, le Canada arrive au 15e rang sur les 17 pays les plus industrialisés, selon une récente étude du Conference Board.

À Montréal, la Nuit des sans-abri se tient au métro Beaudry dès 18 h pour se poursuivre toute la nuit. Pour davantage d’information, vous pouvez consulter le www.nuitdessansabri.ca.

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