Cactus Montréal — 20 ans d'engagement auprès des plus négligés PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Santé
Écrit par Gabrielle Duchaine   
Lundi, 23 novembre 2009 23:39
Mise à jour le Mardi, 24 novembre 2009 16:07

Cactus Montréal a 20 ans. Des millions de seringues, de condoms et de pipes à crack plus tard, l’organisme d’intervention de rue a bien changé, mais ne s’est pas éloigné d’un iota de sa vocation. Regard sur une organisation qui œuvre auprès de citoyens parmi les plus négligés de la métropole.

Depuis 1989, Cactus vient en aide à des consommateurs de drogues illégales, des jeunes de la rue, des travestis, des transsexuelles et des prostitués.

« On fait beaucoup de prévention pour limiter la propagation de maladies transmissibles sexuellement comme le sida et l’hépatite C, explique l’intervenante communautaire Darlène Palmer. Par exemple, on ne demande pas à notre clientèle de cesser de s’injecter de la drogue, mais on lui propose des moyens pour que ce soit plus sécuritaire et moins douloureux. »

Seulement en 2008-2009, les intervenants de Cactus ont distribué pas moins de 308 777 seringues stériles, 160 520 condoms, 13 083 pipes en pyrex et 4 582 bacs de récupération de déchets biomédicaux. Sans compter les quelque 35 000 visites dans ses divers sites, dont 25 000 au site d’échange de seringues ouvert la nuit.

Des miracles

C’est justement l’organisme montréalais qui a mis en place le premier programme d’échange de seringues en Amérique du Nord, lors de sa fondation. Au fil des ans, plusieurs autres outils ont été mis sur pied, dont du travail de rue, un lieu d’accueil pour des consommateurs actifs et les ex-consommateurs de drogue et un programme de travail communautaire.

D’ailleurs, près du tiers des employés actuels de Cactus – ils sont 70 au total – sont des anciens utilisateurs de drogues. « On a des équipes multidisciplinaires qui mélangent la formation académique et l’expérience de la rue », explique Darlène Palmer, elle-même une ancienne consommatrice d’héroïne.

« On fait des miracles ici. On rebâtit des vies. Je le vois quand je pense à toutes les personnes qui croyaient que je n’arriverais jamais à rien. Aujourd’hui, ça fait 16 ans que je ne consomme plus », confie-t-elle.

L’intervenante œuvre auprès des toxicomanes depuis qu’elle-même est sortie du gouffre. « La première journée, je suis tombée en amour avec mon travail », dit-elle. Celle qui a consommé durant 27 ans se souvient particulièrement d’une jeune femme qui faisait une surdose dans la rue et auprès de laquelle elle est accourue.

Vie heureuse

« Disons qu’elle était dans un état dangereux. J’ai appelé l’ambulance et je l’ai attendue avec elle, raconte Mme Palmer. Quand elle est sortie de l’hôpital, j’ai commencé à bâtir une relation de confiance avec elle. Aujourd’hui, elle ne consomme plus, elle a une enfant et une vie heureuse et stable. »

Des histoires comme celle-ci sont légion chez Cactus, assure l’intervenante.

Le succès est tel que l’organisation a maintenant de nouveaux objectifs. Cactus milite entre autres activement pour l’implantation de sites d’injection supervisés comme il en existe à Vancouver et « tel que recommandé par les experts en santé publique et par la Commission parlementaire sur l’itinérance », dit la direction.

« On a aussi un projet avec des personnes qui prennent actuellement de la drogue. On veut qu’elles deviennent des patrouilles de matériel et qu’elles emmènent des outils de prévention comme des machines distributrices de seringues dans des endroits plus difficiles d’accès, pour rejoindre les gens là où ils sont », conclut Darlène Palmer.

 

Commentaires (2)

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pourquoi ne pas exiger de ces personnes un engagement à changer leur vie, ? la consommation de drogue, de boisson, de cigarettes , de jeux de hasards et autres plaisirs faciles les entrainent dans le milieu maladif de la dépendance,,, et meme si on leur donnait tous les moyens possibles, s'ils ne veulent pas arreter par eux-memes , qui va le faire pour eux-autres ? merci
a n , novembre 29, 2009
Consommer et consommer
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« Je ne consomme plus », « je consomme », « je consommais ». Tel est le langage eu égard aux drogues, drogués ou ex-drogués. Mais quand entendra-t-on dire la même chose à propos de la consommation at large ?

« L'esprit » de Noël remplit déjà l'espace public et publicitaire. Et quel est cet « esprit » ? Consommation. Consommez, consommez, consommez. Achetez, achetez, achetez ; jetez, jetez, jetez... : Je consomme, tu consommes, il consomme, nous consommons, vous consommez, ils consomment. Jusqu'à consumation...

Ça va en prendre un autre Cactus, 'croyez pas?, pour oeuvrer à l'atténuation de cette maladie. Car s'il en est consommant de la drogue, la Consommation actuelle, elle, est une drogue !
denis beaulé , novembre 24, 2009

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