Legault appréhende un «déclin tranquille» pour le Québec PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Politique provinciale
Écrit par Yves Chartrand   
Jeudi, 25 juin 2009 14:40
Mise à jour le Jeudi, 25 juin 2009 17:56

QUÉBEC – Au lendemain de la fête nationale, François Legault a annoncé son retrait de la vie politique en livrant un véritable testament où il s’est montré « inquiet pour l’avenir du Québec ». Selon lui, à moins d’un virage décisif sur des questions essentielles, le peuple québécois a pris le chemin d’un « déclin tranquille ». Pour le Parti québécois, il s’agit d’une autre tuile de taille qui lui tombe sur la tête après la défaite de Rivière-du-Loup.

 
 

À 52 ans, après 10 ans de vie politique, François Legault a confessé ne plus avoir « le degré de motivation pour continuer » et se sentir « de plus en plus mal à l’aise dans le rôle de député de l’opposition ». Il s’est décrit comme « un gars d’action » qui a besoin de réaliser des choses. Il a indiqué que les questions familiales ont joué beaucoup dans sa décision de décrocher.

François Legault n’a pas hésité à dire que le « cynisme » actuel des Québécois envers la politique empêche le Québec de bouger, autant en faveur de la souveraineté que pour un renouvellement significatif du fédéralisme. « Collectivement, il va falloir se poser des questions. Je pars inquiet pour l’avenir du Québec quand je vois l’écart de richesse se creuser dans le revenu par habitant (du Québec) par rapport aux autres États en Amérique du Nord », a déploré le député de Rousseau.

Il a précisé qu’il n’était plus acceptable de tolérer les « énormes problèmes » dans les systèmes de santé et d’éducation et surtout derevenir à des déficits structurels, une voie dans laquelle vient de s’engager le gouvernement de Jean Charest. « Je souhaite que les Québécois sortent de leur torpeur et commencent à se poser des questions. »

François Legault a louangé Pauline Marois pour bien marquer que son départ n’était aucunement attribuable à des divergences avec elle. Il l’a
qualifiée de « femme généreuse, tenace et sans rancune, comme on en voit rarement en politique ». Mais quelques minutes plus tard, il a aussi déclaré que le cynisme actuel des Québécois envers la politique aurait peut-être besoin « d’un leader charismatique », comme aux États-Unis, où Barack Obama a remis son peuple en marche.

Sans critiquer vertement les libéraux et Jean Charest, il a tout de même fait le constat « que ces six dernières années, on n’a pas vu de projets emballants ».

La souveraineté nécéssaire 

Il a dit de nouveau que la souveraineté était selon lui la clé pour redynamiser la société québécoise, même s’il concède que le projet piétine
depuis plusieurs années en raison de l’indifférence des Québécois. Mais c’est aussi vrai pour l’autre côté, dit-il.

Le renouvellement du fédéralisme est « un fruit qui n’en finit plus de mûrir, ce qui fait que l’on se retrouve dans une situation où le Québec n’a pas réglé son problème constitutionnel. Donc, ce qui est vrai pour les souverainistes est aussi vrai pour les fédéralistes. »

« La question du Québec n’est pas réglée mais on refuse de l’admettre collectivement », juge Legault. La même apathie existe pour les défis
économiques et sociaux auxquels nous faisons face. » Plusieurs facteurs expliquent cette désaffection des Québécois à remettre les vrais problèmes au centre de leurs préoccupations.

« La perte de confiance et le cynisme de la population à l’égard de la classe politique freinent tout élan », constate-t-il, jugeant toutefois que « la fatigue, le cynisme et le fatalisme ne peuvent servir d’excuses pour accepter l’immobilisme et surtout le déclin tranquille du Québec. Le Québec doit retrouver la voie du courage et de l’audace. »

François Legault a l’intention de passer la prochaine année à s’occuper de sa famille, dont il a parlé avec des trémolos dans la voix. Après, a-t-il
ajouté, il pourrait retourner dans le secteur privé, d’où il vient. Il a révélé avoir déjà des offres, qu’il n’a pas considérées. « Je dois dire que
cette soif d’action autre que politique m’a rattrapé », dit-il.

Hommage de Bonnardel

François Bonnardel de l’Action démocratique n’a pas manqué l’occasion de lui rendre un vibrant hommage, rappelant que les préoccupations
économiques et budgétaires de François Legault sont très proches de celles de sa formation. Il a reconnu qu’il a presque formé « un couple » avec le critique financier du PQ cet hiver pour critiquer les pertes de la Caisse de dépôt et les investissements des FIER.

Bonnardel a avancé que Legault est avant tout « un lucide » qui partage les mêmes préoccupations que d’autres anciens péquistes, comme Joseph Facal ou Jacques Brassard. Le fait qu’il quitte le PQ prouve selon lui que cette formation refuse de changer sa vision social-démocrate.

La démission de François Legault secoue depuis deux jours les colonnes du temple péquiste, malgré les efforts de Pauline Marois de tempérer ce départ impromptu. À Bruxelles, le premier ministre Jean Charest n’a pas manqué de souligner jeudi que l’ex-député de Rousseau était « le seul député crédible du PQ en économie », concédant que son gouvernement y voyait un adversaire « redoutable » pour critiquer ses politiques économiques.

Il a dit douter que Legault ait dit adieu pour toujours à la politique. Dans l’entourage de Pauline Marois, on indiquait que cette démission donnera sans doute la chance à Jean-Martin Aussant de prendre rapidement du galon, lui qui a démontré des aptitudes certaines cet hiver à critiquer le gouvernement, malgré un manque d’expérience politique.

« Il devra grandir rapidement dans les prochains mois », nous a confié une source au cabinet de la chef péquiste.

Le député de Nicolet-Yamaska possède une maîtrise en économie de l’Université de Montréal, après avoir étudié en Angleterre et à l’Université Laval de Québec. Il mène des études doctorales en analyse économique dans une université de Barcelone. Cet hiver, il a épaulé François Legault dans les dossier des FIER et de la Caisse de dépôt.

C’est lui qui avait questionné Monique Jérôme-Forget sur sa compétence à parler d’économie et de finances alors qu’elle est diplômée en physchologie.

La réaction de Pauline Marois


Commentaires (3)

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PQ en dessous de tout
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Le PQ est nul : non nationaliste (hyper-multiculturaliste), non nataliste (hyper-géministe), non réaliste (hyper-gauchiste au niveau économique), non libéral (pour le monopole de l'Éducation et ses réformes idiotes imposées à toutes).

Louis Meigret , juin 26, 2009
Zéro Crédibilité Maintenant !
0
Le PQ c'est maintenant ZÉRO crédibilité.Qui est crédible maintenant au Parti Québécois???? Eux Marois,ah ah elle c'est une joke... Le PQ n'a jamais été si mal en point depuis qu'elle en est la chef.Qui de bon reste-t-il au PQ???? On réfléchi s'il vous plaît .... Zzzzzz Zzzzzz Zzzzz !!!! Qui est charismatique dans l'opposition officiel .... Zzzzz Zzzz Zzzzz !!!! Mise à part la statue de René Lévesque qui suscite l'admiration au PQ ??? Zzzzz Zzzzz Zzzzz !!!!

Qui doit bien rire aujourd'hui,après deux belles victoires aux partielles,des sondages qui indique une hausse de popularité de son parti et le maintenant le départ de celui qui représentait la crédibilité de l'opposition.Jean Charest doit se tordre de rire aujourd'hui et avec raison.

Madame Marois continuez votre beau travail de démolition,plus ça va plus,je l'aime .
Steph Oui , juin 26, 2009
Hommage à un grand
0
C'est triste de perdre un si grand personnage de la politique. Celui qui aurait dû prendre la place à la tête de ce partie qui va nul part. Il aurait fait un très bon premier ministre.

Félicitations pour la belle carrière.
Sylvain Lavoie , juin 25, 2009

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