Les jeunes libéraux veulent adapter la loi anti-scabs à la réalité PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Politique provinciale
Écrit par Yves Chartrand   
Lundi, 26 juillet 2010 19:21
Mise à jour le Mardi, 27 juillet 2010 21:10

QUÉBEC – Les jeunes libéraux songent sérieusement à demander à leur gouvernement de réformer le Code du travail pour inclure de nouvelles dispositions à la loi anti-scabs afin de tenir compte de la réalité technologique des médias.

En tournée de consultation à travers le Québec en vue du 28e congrès des jeunes libéraux, qui aura lieu à Saint-Augustin-de-Desmaures les 13, 14 et 15 août, leur président, Julien Gagnon, a indiqué que le problème de la vétusté des dispositions actuelles de la loi anti-briseurs de grève s’était «imposé de lui-même» lors des discussions.

En point de presse lundi en prévision d’une consultation dans la soirée à Gatineau, Julien Gagnon a déclaré qu’une réforme de la loi anti-scabs doit être «analysée».

Selon des jeunes libéraux présents, cette loi n’est plus adaptée au secteur des médias et ce qui se passe actuellement avec Le Journal de Montréal le démontre éloquemment. «Pourquoi ce secteur économique serait-il moins bien protégé que les autres secteurs économiques?», a-t-on fait valoir.

Julien Gagnon, président des jeunes libéraux du Québec. Photo courtoisie

«Cette loi n’est pas du tout adaptée à la réalité des médias d’aujourd’hui», a convenu Julien Gagnon.

Lors d’une entrevue téléphonique avec Rue Frontenac, ce dernier a précisé que la question de la loi anti-scabs est revenue régulièrement sur la table lors des débats entourant un chapitre du document de consultation de la commission-jeunesse du PLQ consacré au renouvellement des relations avec le monde médiatique.

«Je ne peux vous dire pour le moment ce qui va advenir de cette préoccupation de nos membres, mais ne soyez pas surpris que cela prenne la forme d’une proposition concrète à notre congrès annuel», a-t-il indiqué.

Si une proposition est adoptée par les jeunes libéraux pour demander au gouvernement de Jean Charest de modifier la loi anti-scabs et d’y inclure les nouvelles technologies, le président de la commission-jeunesse risque d’avoir du pain sur la planche.

Refus d'agir

Le ministre du Travail, Sam Hamad, responsable de l’application de la loi anti-scabs, a toujours évité de se compromettre dans ce dossier, malgré des questions de journalistes et de l’opposition péquiste.

Le ministre du Travail, Sam Hamad, tout comme son chef Jean Charest, ne semble pas pressé d’actualiser la loi anti-scabs. Photo d’archives

Lors de son bilan de fin de session, en juin, le premier ministre Jean Charest avait lui aussi refusé d’aborder le sujet, prétextant n’avoir jamais entendu parler de ce dossier.

Mise en vigueur le 1er février 1978, la loi anti-scabs avait été parrainée par l’ancien ministre Pierre Marc Johnson dans le gouvernement de René Lévesque. À l’époque, Internet n’existait pas.

L’interprétation de la loi anti-scabs fait l’objet d’une véritable saga judiciaire depuis que le Syndicat des journalistes du Journal de Québec a porté plainte au Tribunal du travail contre des travailleurs de remplacement durant le lock-out imposé par Quebecor en 2007 et 2008.

Établissement physique

Dans son jugement, la commissaire Myriam Bédard avait élargi la notion d’établissement et avait jugé qu’une dizaine de personnes s’étaient rendues coupables de travail de remplacement. Quebecor avait porté le jugement en appel en Cour supérieure, et le juge Saint-Pierre avait renversé ce jugement de première instance.

Celui-ci avait conclu que, pour être considéré comme un briseur de grève, il fallait se trouver dans l’établissement physique où le conflit avait lieu.

Le Syndicat des journalistes du Journal de Québec et la FTQ ont contesté le jugement Saint-Pierre et ont porté la cause devant la Cour d’appel du Québec, qui entend toujours la cause.

La rénovation de la loi anti-briseurs de grève intéresse au plus haut point les employés du Journal de Montréal mis en lock-out le 24 janvier 2009.

Le président du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM), Raynald Leblanc, a déclaré en plusieurs occasions qu’une loi adéquate aurait empêché Quebecor de faire perdurer le conflit.

Le lock-out dure maintenant depuis plus de 18 mois, le plus long jamais survenu dans l’histoire des médias canadiens.

La zone grise de la loi anti-scab a permis au Journal de Montréal de faire appel à des travailleurs de remplacement qui, auparavant, n’avaient jamais signé un seul texte dans ce journal.

Commentaires (12)

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Financement
0
Que le fond de Solidarité refuse tout prêt à des entreprises comme PKP qui utilisent l'argent des employés pour les mettre en lock out. Notre argent ne doit pas servir à ce crétin de Pédalo.
serge , juillet 28, 2010
À BROMONTOIS , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
À Réjean Roy.
0
Les vrais patrons ne risquent pas leur argent mais celle des autres.
Même les banquiers se font sauver par l'argent du peuple.
Pourquoi pas un retour en arrière, la semaine de 60 heures, pas de plan d'assurance, pas de fond de pension.
Et si le mari meurt la veuve n'aura qu'à faire des ménages chez les patrons.
Vraiment de quelle planète es-tu ?
BROMONTOIS , juillet 27, 2010
Les vrais responsables sont,,,,,,,,,,,,
0
Le svrais responsables a mon avis sont ceux qui achetent encore le journal de mourial.
Josf , juillet 27, 2010
Jamais , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
Innocence
0
Il est toujours refraichissant de constater l'attitude de nos elus. Pour Hamad, l'incompetent en charge, il faut eviter de se compromettre, cela entre par une oreille et ressort par l'autre. Le probleme perdure donc aux prochaines elections on pourra promettre de le regler.

Pour son patron, la mitaine du patronat, il n'est pas au courant du probleme. C'est vrai qu'avec nos taxes il n'est pas souvent au pays.

Quant aux jeunes liberaux quand ils auront recu leur premiere enveloppe brune ils cesseront de penser a mal et deviendront inerte comme leur boss.


Charest Dehors!
Monsieur Sylvain , juillet 27, 2010
Haaa les jeunes
0
L'innocence et la pureté qui caractérise les jeunes.Malheureusement en prenant de l'age,ils apprendrons comment tourne la terre et lorsque leurs études seront terminées, deviendront patrons et tomberont en amour avec les scabs.
Roger Lepage , juillet 27, 2010
Signification
0
Si ça veut dire revoir le plus rapidement possible nos journalistes préférés dans les pages du Journal de Montréal, la réponse va de soi, faites quelque chose à Québec...., et rapidement.
André Mainguy , juillet 27, 2010
Si beau mais...
0
Jamais ça ne passera avec Patapouf au pouvoir.Il a trop de petits amis donateur au parti, à la tête des propriétaires des médias .
Mario Quintal , juillet 27, 2010
CE SONT LES PATRONS QUI REMPLISSENT LA CAISSE ÉLECTORALE DES LIBÉRAUX, ALORS...
0
Le Code du travail est contrôlé par le Conseil du Patronat du Québec. Beaucoup plus armée que les syndicats ces derniers regroupent plus de 70 % des employeurs, c’est en bout ligne le syndicat des employeurs.

J’en ai vécu toute une expérience lors de la tentative de syndicalisation des chauffeurs de taxis du Québec de 1988-92, j’étais alors président de l’Union des Chauffeurs de taxi du Syndicat des Métallos affilié à la FTQ.

Après avoir obtenu une majorité de plus de 64% adhérant, nous avons été débouté devant le tribunal du travail, cour du Québec et supérieur avec comme raison que nous n’étions pas des salariés au sens du Code du travail, et le gouvernement n’a jamais accepté d’amender ce fameux article du code, car le conseil du Patronat s’y opposait farouchement affirmant qu’un tel amendement allait toucher plusieurs autres secteurs.

Bonne chance et surtout du courage, car les syndicats n'ont plus vraiment de vrais leader sauf le président actuel de la FTQ Michel Arsenault que j’ai très bien connue, un gars de la base comme on dit dans le langage syndical.

Normand Morrissette
Laval
Normand Morrissette , juillet 27, 2010
Juge????????
0
Tout à fait en accord avec Jules57, toutefois il ne faut pas perdre de vue que les juges se prononcent sur l'application des lois, si celles-ci sont inadéquates ce sont les politiciens qui doivent les amender et les modifier afin d'être conforme avec la situation actuelle.
Que le gouvernement réforme la loi anti-scab afin d'éviter les zones grises et le tribunal pourra prendre des décisions pertinentes.
Lectrice , juillet 27, 2010
Revenir sur terre
0
Le gouvernement et les juges devraient revenir sur terre. Nous sommes en 2010. On ne peut plus considérer comme briseurs de grève seulement ceux qui viennent travailler «dans la bâtisse». Il y a belle lurette que tout le travail de bureau peut se faire à distance. La loi actuelle est inopérante pour tout le secteur des services et des communications, soit plus de la moitié des emplois au Québec. On a vu au port de Montréal, qu'un lock-out ne peut durer longtemps quand on utilise pas des briseurs de grève. D'ailleurs, toute entreprise honnête ne peut continuer à fonctionner lorsque ses travailleurs sont en lock-out ou en grève. Mais quand un employeur peut utiliser des travailleurs de remplacement à l'extérieur de ses locaux avec la bénédiction du gouvernement et des juges, un conflit peut durer une éternité. La loi anti-scab avait pour but de civiliser les relations de travail. En ne bougeant pas, le gouvernement va nous ramener deux siècles en arrière.
Jules57 , juillet 26, 2010

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