| Loto-Québec se lance dans les jeux en ligne |
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| Nouvelles générales - Politique provinciale | |||||||
| Écrit par Valérie Dufour | |||||||
| Mercredi, 03 février 2010 18:17 | |||||||
| Mise à jour le Mercredi, 03 février 2010 23:11 | |||||||
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« If you can't beat them, join them », disent les Américains. Le gouvernement québécois a annoncé mercredi après-midi qu'il avait abrogé la loi pour permettre à Loto-Québec d'offrir à ses clients des jeux en ligne. Dès l'automne prochain, les amateurs de poker et de paris sportifs pourront s'adonner à leur passe-temps en un clic de souris.
« Les jeux en ligne existent. On estime que les Québécois ont accès à plus de 2 000 sites de jeux de hasard et d'argent en ligne. Ces sites sont disponibles à n'importe qui, peu importe son âge et peu importe l'intégrité des gens qui opèrent ces sites. C'est le devoir du gouvernement d'intervenir. (…) C'est une industrie en croissance, une croissance illégale qui se fait sans encadrement », a expliqué le ministre des Finances, Raymond Bachand, lors d'une conférence de presse qui se tenait dans un hôtel de Montréal situé à deux pas du siège social de Loto-Québec. M. Bachand a indiqué que cette industrie affichait des revenus annuels de 25 milliards de dollars par an, dont de 800 à 900 millions de dollars au Canada seulement. « On aurait pu choisir de se fermer les yeux. (…) Nous avons décidé de confier à Loto-Québec la responsabilité de canaliser et encadrer l'offre de jeu en ligne pour avoir un site sécuritaire et réglementé. C'est une façon de lutter contre l'industrie souterraine », a-t-il insisté. Modèle suédois Le ministre se base sur l'expérience suédoise - un pays comparable au point de vue de la population où la société d'État s'est lancée dans le jeu en ligne il y a 10 ans - pour démontrer que l'opération est réaliste. « Grâce à cette approche, le gouvernement suédois a réussi à détourner 30 % des joueurs qui jouaient sur des sites de poker illégaux. » Il estime que dans un horizon de trois ans, Québec pourrait tirer des dividendes de l'ordre de 50 millions de dollars des jeux en ligne.
La plateforme sera lancée à l'automne 2010 et elle sera en opération 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Pour jouer, un utilisateur devra ouvrir un compte et faire la preuve qu'il a 18 ans. Chaque client pourra ensuite déposer de l'argent via une carte bancaire ou une carte de crédit et il devra se fixer lui-même la limite hebdomadaire de dépôt et il aura la possibilité de s'auto-exclure pour une semaine, un mois ou plus. « Depuis quelques années, le jeu virtuel est devenu un phénomène et c'est extrêmement préoccupant, car les sites illégaux ne contrôlent pas l'âge, la limite du temps de jeu et la limite des montants joués. (…) L'intégrité de certains jeux en ligne est douteuse, comme c'était le cas des appareils de loterie vidéo avant que l'État ne s'en occupe », a indiqué le PDG de Loto-Québec, Alain Cousineau. En équipe avec la Colombie-Britannique et les Maritimes Loto-Québec s'est entendue avec la British Columbia Lottery Corporation et la Société des loteries de l'Atlantique pour lancer un portail commun dès l'automne prochain. Alain Cousineau prévoit que cela nécessitera des investissements d'environ 2 millions de dollars pour, dans un premier temps, avoir un site qui organisera des tournois de poker virtuels nationaux et régionaux. Interrogé par Rue Frontenac pour savoir si une expansion dans des juridictions similaires comme l'Angleterre, la Suède, la France ou la Hollande l'intéressait, M. Cousineau a hoché la tête de façon enthousiaste. « On voudrait vraiment, mais le Code criminel l'interdit », a-t-il indiqué. L'intérêt d'avoir un outil commun permettrait à Loto-Québec d'augmenter son bassin de joueurs à toute heure du jour et de la nuit.
Réactions L'Institut national de santé publique n'a pas mis de temps à réagir au lancement de Loto-Québec. Dans un document d'une douzaine de pages rendu public le jour-même, la chercheuse Élisabeth Papineau, de la Direction du développement et des communautés, émet de sérieux doutes sur la pertinence d'augmenter et de banaliser l'offre de jeu au Québec. « Les pays qui ont choisi la voie de l'étatisation des jeux d'argent sur internet, avec l'intention de « canaliser » cette pratique dans des « environnements sécuritaires », n'ont pas fait la preuve de leur capacité à réduire les problèmes de jeu. Au contraire, ils ont généré plus de joueurs en ligne et plus de joueurs en ligne problématiques », écrit la spécialiste. « C'est absurde de lancer un tel projet alors que l'on vit une énorme récession. Loto-Québec va prendre une autre part du marché et des joueurs vont dépenser de l'argent qu'ils auraient pu utiliser pour acheter autre chose, comme de la nourriture, par exemple », a commenté Sol Boxenbaum, président et fondateur de Viva Consulting, une firme qui vient en aide aux joueurs compulsifs. Le lancement de Loto-Québec ne plaît pas plus à Alain Dubois, porte-parole de la Coalition Emjeu, qui est convaincu que les jeux en ligne vont encourager les jeunes à jouer à l'argent. Il cite une étude récente de l'Institut national de la statistique du Québec qui a révélé que 21 % des élèves du secondaire ont joué au poker pour de l'argent en 2008, une hausse de 6 % par rapport à 2006. Bien au fait des maux qu'on lui reproche, Alain Cousineau les a rejetés poliment. « La Santé publique formule une hypothèse qui est a priori logique et qui est d'appliquer le principe de la précaution. (…) Mais faire la corrélation entre l'augmentation des revenus de Loto-Québec et l'augmentation du nombre de joueurs pathologiques ne tient pas la route. De 1996 à 2002, le taux de prévalence de joueurs pathologiques a été stable et les revenus de Loto-Québec ont augmenté de 40 % pendant la même période. » Avec la collaboration de Dominic Fugère.
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Commentaires (2)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires Laisser donc jouer le monde en paix
Quel est le pourcentage des gens qui ont un problème de jeux VS ceux qui n'en on pas et qui aime jouer?
Laisser le libre choix aux gens de jouer ou pas. L'alcool, la cigarette, le sexe, le chocolat, le café, la bouffe, le sommeille cause des problèmes se santé à beaucoup de monde mais pas à toute la population. Et rien n'est illégal dans tout ça. C'est quoi le slogan déjà? Ha oui! La modération a bien meilleur gout Si des gens aiment jouer au casino et qu’ils ne vendent pas leur famille pour jouer...why not? Un groupe d'ex jouer s'offusque et il faudrait tout arrêter. C'est aussi une excellant façon de faire de l'argent pour le gouvernement. Au lieu d'augmenter nos impôts Que ceux qui sont tombé dans la marmite se soignent et qu'il nous foute la paix. N'importe quoi!
C'est bien beau ce projet, mais si le site force les gens qui veulent parier sur les sports à prendre des «parlay» de trois matchs au minimum et ne donnent pas de odds comme le fait Mise-O-Jeu, ça ne va rien donner ce site. En fait, maintenant au lieu d'avoir un casino dans tous les dépanneurs, il va y en avoir dans tous les domiciles. Loto-Québec dit vouloir attirer seulement les gens qui vont déjà sur des sites illégaux, mais quand ils vont annoncer leurs nouveaux services, ils risquent plus d'attirer les nouveaux clients que ceux qui ont déjà créé un compte sur un autre site. C'est n'importe quoi! Quel beau peuple! Continuez à jouer les moutons et à regarder du hockey de ligue de garage en plus grand nombre que le hockey de la LNH...
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