Marois réclame la démission des ministres Boulet et MacMillan pour «complicité» PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Politique provinciale
Écrit par Yves Chartrand   
Mercredi, 18 novembre 2009 20:01
Mise à jour le Jeudi, 19 novembre 2009 00:11

QUÉBEC – Le rapport du vérificateur général a fait monter de plusieurs crans l’acrimonieux débat sur la nécessité de tenir une vaste enquête publique pour faire la lumière sur les cas de corruption et de collusion dans les contrats publics.

Hier, la chef du Parti québécois Pauline Marois a carrément réclamé la démission des ministres Julie Boulet et Norman MacMillan pour s’être rendus « complices de ce qui s’est passé ».

Le contrat accordé de gré à gré en 2008 à ABC Rive-Nord, une entreprise appartenant à l’ex-ministre du Travail David Whissel, et l’absence d’enquête policière sur un contrat de déneigement en 2004 où le ministère des Transports avait lui-même jugé que le processus d’appel d’offres était « clairement contaminé » pour « éliminer la concurrence » ont donné des munitions inespérées à l’opposition pour réclamer la tenue d’une enquête publique.

« Je comprends maintenant pourquoi le premier ministre ne veut pas d’une enquête publique : ce sont ses propres ministres qui seraient enquêtés et questionnés, a lâché Pauline Marois en chambre, sous les huées des libéraux. À la lumière des révélations du rapport du vérificateur général, est-ce que le premier ministre va demander la démission de la ministre des Transports et du ministre délégué aux Transports? »

Selon la chef péquiste, Julie Boulet et Norman MacMillan « ont cherché à couvrir ce processus irrégulier » d’attribution de contrats où les règles ont été « contournées par des motifs qui étaient faux (et) à l’encontre d’une décision du Conseil du Trésor ». Ce genre de comportement est « inacceptable », juge Pauline Marois, qui estime qu’il y a là des raisons suffisantes pour réclamer le départ des deux ministres.

En point de presse, Pauline Marois a poussé le bouchon un peu plus loin. Selon elle, « quand vous ne dénoncez pas une situation dont vous êtes informés, ça ne vous rend pas complice de ce qui se passe?, a-t-elle soulevé. C’est un comportement inacceptable parce que ça vient protéger des systèmes qui vont à l’encontre des règles élémentaires de justice. »

Poursuites judiciaires?

Ces déclarations ont fait bondir la ministre Julie Boulet lors d’un point de presse. Elle a agité la menace de poursuites judiciaires pour atteinte à la réputation.

« J'ai entendu les propos de Mme Marois. Je lui dis qu'elle devrait être très prudente à l'égard de ses propos car je ne laisserai pas passer des choses dans lesquelles on peut m'accuser de quoi que ce soit. Je n'étais pas au courant de ces dossiers-là », a-t-elle soutenu malgré le fait qu’elle occupait les postes de déléguée aux Transports en 2004 et ministre des Transports en 2008.

La ministre a tout de même reconnu avoir « été choquée » par ce qu’elle a appris dans le rapport du vérificateur général Renaud Lachance. Julie Boulet se dit notamment « mal à l’aise » avec le contrat de gré à gré accordé en 2008 à l’entreprise ABC Rive-Nord (l’entreprise dont le député libéral David Whissel est actionnaire à 20 pour cent) où le ministère des Transports a contourné ses propres règles face au Conseil du Trésor.

Julie Boulet avait amené avec elle son sous-ministre Michel Boivin, en poste depuis à peine trois mois. Celui-ci a dû faire face à un barrage de questions de journalistes sur les raisons qui ont empêché le ministère des Transports d’exiger une enquête policière sur le contrat de déneigement de 2008 où il y a eu collusion.

Le pauvre homme a dû admettre que « les (fonctionnaires du ministère des Transports) n’ont pas posé le jugement qu’il fallait envoyer ça » au ministère de la Sécurité publique pour qu’il y ait enquête policière.

« Si une situation comme celle-là était portée à mon attention demain matin, je prendrais ce document et j’enverrais les conclusions au ministère (de la Sécurité publique) qui a le pouvoir d’agir dans les situations de collusion, ce qui n’a pas été fait en 2004 », a-t-il reconnu.

La ministre des Transports menace de traîner la chef péquiste en cour

À l’avenir, ajoute le sous-ministre, toute situation où il y aura apparence de collusion sera « automatiquement » refilée aux autorités policières.

Une belle boulette

En chambre, le ministre délégué aux Transports a tenté tant bien que mal de défendre son gouvernement. Norman MacMillan a toutefois commis une belle boulette qui a fait bondir les péquistes en déclarant à la face de ses adversaires que « vous allez être contents qu’on investisse chez vous après ».

Le leader parlementaire du PQ Stéphane Bédard a assimilé cette réplique à une « menace » et à de « l’intimidation ». « Quand il menace les citoyens de nos comtés qu’ils n’auront pas accès à de l’argent public parce qu’ils (les députés) posent des questions à l’Assemblée nationale, il manque à la loi », s’est offusqué Stéphane Bédard.

Jean Charest avait son expression des mauvais jours. Il est demeuré presque silencieux durant toute la période de questions. Il s’est limité à une seule intervention à la toute fin après que Pauline Marois eut réclamé à nouveau la démission de Julie Boulet et Norman MacMillan.

Il a de nouveau reproché à Pauline Marois son récent discours à huis clos devant le syndicat de la FTQ-Construction, « un syndicat que son leader décrit comme étant lié au crime organisé ». Le premier ministre a prétendu que son adversaire péquiste citait mal le rapport du vérificateur général.

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Commentaires (7)

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Et les fonctionnaires là dedans???
0
Loin de moi l'idée d'excuser les politiciens et leur ignorances chroniques des faits, mais je crois que l'on devrait mettre d'avantage l'accent sur la responsabilité des fonctionnaires. Ça me dégoute d'apprendre à chaque semaine de nouveaux cas de collusions, de gestion malsaine et de gaspillage de nos fonds publiques. Dans une grande majorité des cas, cela relève de décisions de fonctionnaires et de hauts-fonctionnaires. Oui à l'imputabilité des élus, mais pouvons nous aussi et surtout imputer tout les fonctionnaires fautifs et qu'enfin ils subissent les conséquences de leurs actes! On veut améliorer le système, mais on ne punie pas les fautifs… Pas très dissuasif. Dans une entreprise privée, ils seraient sanctionnés, voir congédiés. Si ça ce trouve, le fonctionnaire fautif n’a qu’une petite tape sur les doigts et bénéficie tout de même de son boni à la performance à la fin de l’année. Alors pourquoi changer ses mauvaises habitudes? De plus, ils nuisent à la réputation des bons fonctionnaires, qui eux font leur travail dans le respect des fonds publics qu’ils gèrent. En tant que fonctionnaire, t’as gaspillé consciemment les fonds publics et bien t’ai sévèrement sanctionné. Pas de passe droit politique, pas de surprotection syndicale et pas d’excuses bidons.
Mario L , novembre 20, 2009
Subvention (transport), pour nouveau arrivant au Quebec/Canada
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Les nouveaux arrivants recoivent des montants pour partir leur entreprise de transport....et coupe les prix....et font travailler les quebecquois au FOUET !!!!!

Es-ce cela des envellopes brunes ???>smilies/sad.gif
Camionneur , novembre 19, 2009
madame boulet et autres
0
ces ronds de cuir du Quebec et Ontario...
ont barres les camions a 105 khm....pour servir leurs attentes avec nos compagnies quebecquoises largements aidees a coups de $$$$$$..

Alors quand nous arrivons aux etats -unis comme Dakota du Sud ou etc.. nous sommes dans les jambes des autres usages de la route....Bravo Mme Boule avec vos amis les transporteurs d'ici.....Sur que les camionneurs ne voteront pas pour eux ..dont moi-meme
Camionneur , novembre 19, 2009
Dehors le système ça presse
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Récemment, quelqu'un s'est servi de la gestion exemplaire du MTQ pour faire la leçon aux municipalitées,vous vous souvenez qui c'étais??

La CDPQ as annoncée récemment qu'elle recommencerais à supporter le développement d'entreprises Québécoises. Je peut immaginer qu'il vas faloir avoir la bénédiction du parti libéral et payer un qc-chose pour y avoir droit!!!

C'est quand qu'on fait ce qu'il faut pour que ça change?? Les élections à mon avis ne briseront jamais ce système.
Pu patient pantoute , novembre 19, 2009
Hummm
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Elle n'était pas au courant ... A-t-elle déjà été mairesse de Montréal ? smilies/wink.gif

Bon , on la fout dehors parce qu'elle était au courant ou on la met dehors parce qu'elle a fait preuve d'incompétence ? Ça fera toujours bien une irresponsable de moins!
Just One , novembre 19, 2009
hypocrisie
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Mme Julie Goulet s'est caché derrière Michel Boivin en poste depuis trois mois seulement, Mme Goulet prise la main dans la trappe à ours crie qu'elle va poursuivre, quelle incompétente, incapable de faire son travail proprement en plus la mafia libérale brandit des menaces de couper l'argent dans les comtés où ils n'ont pas de députés, une belle gang de mafiosis. Les débats en chambre devraient être hors de poursuite surtout quand un ministre se retrouve le nez dans son tas et crie des menaces de poursuites pour faire diversion.
Danielle , novembre 18, 2009
Madame la Ministre
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Madame Boulet n'aurait jamais dû faire de la politique, elle a l"épiderme trop sensible, dès que quelqu'un de l'opposition émet un commentaire sur son travail ou pose une question, la voici à lancer des menaces de poursuite judiciaire. Je vous dis donc Madame Boulet vous êtes trop sensible...,démissionner
Lectrice , novembre 18, 2009

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