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Le PQ s'oppose au changement des règles d'appels d'offres du CUSM PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Politique provinciale
Écrit par Mathieu Boivin   
Mardi, 13 octobre 2009 17:18
Mise à jour le Mardi, 13 octobre 2009 17:45

QUÉBEC – Flairant un « parfum de scandale », le Parti québécois exige que le Vérificateur général enquête sur un récent changement aux règles d’appel de propositions pour la construction du futur Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Dans un décret adopté le mois dernier, le gouvernement Charest s’est donné le droit d’accepter des propositions de construction du mégahôpital montréalais qui ne seraient pas assorties, au moment du dépôt du devis technique, d’un scénario de financement bien ficelé.

Or, à l’origine, un des aspects fondamentaux de la formule de partenariat public-privé (PPP) voulait que les soumissionnaires puissent démontrer qu’ils sont capables d’obtenir les facilités de crédit qu’il faut auprès des banques pour payer les travaux requis.

« Si le gouvernement libéral de Jean Charest avait pleinement confiance en son choix de construire en PPP, pourquoi est-il obligé aujourd’hui de tripoter les règles ? se demande le député péquiste Sylvain Simard. Pourquoi les consortiums n’ont-ils plus l’obligation de confirmer leur financement ? Où est la compétition qui devait faire épargner des millions aux contribuables ? »

Selon M. Simard, « pour rendre conformes les propositions qui ne peuvent pas l’être, faute de financement adéquat, on en est rendu à trafiquer les règles de la saine gouvernance. C’est exactement ce qui s’est passé dans le scandale des compteurs d’eau à Montréal. Cela soulève un parfum de scandale, et le Vérificateur général du Québec doit s’en mêler. »

Chez le Vérificateur général du Québec, on indique que les modalités du nouveau décret gouvernemental seront effectivement examinées de près. « C’est dans notre champ de compétence puisque nous effectuons déjà une vigie du projet du CUSM », soutient la porte-parole Raymonde Côté-Tremblay.

Contexte économique mondial

Au cabinet du ministre de la Santé, Yves Bolduc, on indique que le contexte économique mondial fait en sorte que les banques sont réticentes à s’engager dans des prêts à long terme à des taux intéressants. Comme la situation ne peut que s’améliorer, suppute-t-on, il a semblé avantageux de permettre aux soumissionnaires d’attendre quelques semaines de plus avant de déposer leurs scénarios financiers.

Cela dit, « aucun soumissionnaire ne pourra obtenir le contrat sans déposer de plan financier», a martelé Marie-Ève Bédard, attachée de presse de M. Bolduc.

Mme Bédard souligne d’ailleurs que les consortiums soumissionnaires du Centre de recherche du CHUM, de même que du CHUM, ont déjà obtenu le droit de scinder leurs propositions techniques et financières.

Rappelons que, quel que soit le consortium qui sera choisi le 3 décembre pour construire le CUSM, le perdant recevra un dédommagement de 15 millions de dollars pour les frais encourus lors de la préparation de sa soumission. Le gouvernement deviendra toutefois propriétaire de tous les documents déposés.

La construction du mégahôpital montréalais est un projet de 2,2 milliards de dollars dont la livraison est prévue en 2018.

 

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