Une coalition regimbe devant la taxe sur le stationnement au centre-ville PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Politique municipale
Écrit par Marilou Séguin   
Jeudi, 04 février 2010 17:39
Mise à jour le Jeudi, 04 février 2010 18:42

Jugeant la nouvelle taxe sur le stationnement au centre-ville « exagérée » et « discriminatoire », une coalition d’associations d’affaires montréalaises, la Coalition pour une véritable métropole, demande au maire Gérald Tremblay de revoir cette mesure du budget 2010 qui pourrait « affaiblir » le cœur de la métropole.

« Nous sommes inquiets des répercussions de la nouvelle taxe sur le stationnement au centre-ville. En augmentant de façon importante le fardeau fiscal des entreprises et des contribuables, ce budget fragilise une économie encore chancelante », dit Jean Laramée, président du conseil d’administration de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU), membre de la Coalition.

Ce regroupement, fondé à la suite du dépôt du budget 2010 en janvier, compte dans ses rangs six associations liées au développement économique de Montréal représentant l’industrie du stationnement, les restaurateurs, les propriétaires immobiliers et les commerçants.

« La nouvelle taxe sur le stationnement et la hausse marquée de la taxe foncière risquent d’affaiblir la base d’affaires montréalaise », souligne Jocelyn Lafond, président du comité des affaires gouvernementales de l’Association des propriétaires et des administrateurs d’immeubles du Québec (BOMA Québec).

Les membres de la Coalition craignent notamment que la hausse des coûts de stationnement incite les consommateurs à délaisser le centre-ville au profit des banlieues, où le stationnement est gratuit, et qu’à moyen terme, le cœur de la métropole devienne moins attrayant pour les entreprises.

20 M$ par an pour le transport en commun

La nouvelle taxation, qui prend la forme d’un taux au mètre carré appliqué à la superficie brute des parcs de stationnement extérieurs et intérieurs du grand centre-ville, devrait rapporter 20 millions de dollars par an. Une somme qui sera entièrement réinvestie dans le transport collectif, assure l’administration Tremblay. Tout en reconnaissant l’importance de moderniser le réseau de transport de la métropole, la Coalition juge ce système inapproprié et inéquitable.

« Pour relever ces défis, la Ville a décidé d’utiliser les pouvoirs de taxation rendus disponibles par le gouvernement du Québec. Mais il nous apparaît évident que ces outils sont inadéquats. Ils créent des augmentations fiscales qui touchent spécifiquement les entreprises montréalaises alors que les besoins à combler, notamment en transport en commun, sont d’envergure métropolitaine », dit M. Laramée.

« Ce qui est aussi dommageable, c’est que la taxe ne touche que le centre-ville. Elle est très discriminatoire à cette effet », ajoute-t-il.

La nouvelle mesure a fait bondir le compte de taxe de certains propriétaires de stationnements de 30 à 40 %, déplore la Coalition. Dans plusieurs cas, cela représente des centaines de milliers de dollars. Même si partie de la facture sera refilée au usagers, les propriétaires devront aussi en éponger une partie de leur poche, souligne M. Laramée.

L’appui de Québec demandé

Pour la Coalition, la solution au financement du transport en commun passe plutôt par l’appui de Québec.

« Nous demandons au gouvernement de considérer d’autres mesures pour appuyer le développement de Montréal, que ce soit le rehaussement graduel de la taxe sur l’essence tel que proposé par le maire, l’attribution à la Ville d’une partie des revenus de la taxe de vente, ou encore l’augmentation des coûts d’immatriculation sur le territoire métropolitain. Ces options méritent d’être analysées en profondeur », dit M. Laramée.

Du côté de la Ville de Montréal, on se réjouit de la formation de la Coalition, même si elle s’oppose à l’implantation de la nouvelle taxe de stationnement.

« On est très heureux d’apprendre qu’un regroupement des forces vives du milieu des affaires se joint à la Ville pour énoncer au gouvernement du Québec que le transport en commun est important pour la compétitivité du
centre-ville. (....) Ils se joignent à nous pour pouvoir trouver une source de financement qui est récurrent et rentable », dit Alan DeSousa, vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable des finances.

L’administration Tremblay n’est toutefois pas d’accord avec la Coalition sur le fait que la nouvelle taxation risque d’affaiblir le coeur de la métropole.

« Ce sont des montants raisonnables qui se traduisent par une hausse de 1 $ ou 2 $ par jour, dit M. DeSousa. Ce ne sont pas des montants assez significatifs pour décourager les gens de venir au centre-ville. (...) Ça ne met pas en péril le fait que nous avons des artères commerciales importantes qui sont vivantes. »

L’administration Tremblay improvise, dit l’opposition

L’opposition officielle demande aussi à la Ville de revoir la nouvelle taxe et de procéder dans les meilleurs délais à une étude d'impacts.

« La sortie de la Coalition pour une véritable métropole confirme que la décision d'imposer une taxe sur le stationnement est le résultat d'une improvisation de l'administration Tremblay pour boucler son budget », dénonce la chef de Vision Montréal, Louise Harel, s’inquiétant du fait que les impacts de cette mesure sur l'économie du centre-ville soient encore méconnus.

Commentaires (1)

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Réduire les Dépenses
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Le Maire Tremblay est incapable de réduire les dépenses (trop mou?). On a qu'a penser aux contrats de construction. Pour équilibrer son budget ils devrait mieux gérer les dépenses et arreter de penser que la solution ne passe que par l'augmentation des taxes.
Robert , février 04, 2010

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