Le sénateur Housakos poursuit RueFrontenac et ses journalistes pour 150 000$ PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Justice
Écrit par Vincent Larouche   
Mardi, 17 novembre 2009 19:09
Mise à jour le Mardi, 17 novembre 2009 21:59

Se disant victime de diffamation et d’atteinte à sa réputation à la suite d’un reportage publié par Rue Frontenac, le sénateur conservateur Leo Housakos intente une poursuite en dommages de 150 000$ contre les journalistes Fabrice de Pierrebourg et Yves Chartrand ainsi que le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal et Raynald Leblanc, son président.

M. Housakos, dont le nom a été évoqué plusieurs fois par les partis d’opposition à la Chambre des communes cette semaine, en veut à l’article des deux reporters intitulé «Léo Housakos – Un proche de Stephen Harper bailleur de fonds pour plusieurs partis au Québec».

Selon le sénateur et ses avocats du bureau Fraser Milner Casgrain, l’article des deux journalistes d’expérience «rapporte plusieurs faits qui sont faux et qui constituent des allégations diffamatoires à l’égard du demandeur, entachant ainsi irrémédiablement la réputation de ce dernier».

M. Housakos inclut dans sa poursuite le président du Syndicat des travailleurs de l’information, Raynald Leblanc, en tant que «propriétaire» du site RueFrontenac.com, qui, rappelons-le, est publié par les 253 membres en lock-out du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal. Outre les 100 000$ en dommages moraux et les 50 000$ en dommages-intérêts punitifs et exemplaires, il demande à la Cour d’obliger les défendeurs à lui présenter des excuses publiques.

Le sénateur Léo Housakos. Photo d'archives
 

Il nie être proche d’Accurso

Dans une mise en demeure envoyée récemment aux journalistes, il précisait les propos qu’il juge inexacts et diffamatoires dans l’article. Il nie ainsi être un proche de l’entrepreneur en construction Tony Accurso, et il reproche à l’article de le présenter comme «l’organisateur» d’une récente soirée de financement pour le Parti conservateur, alors qu’il ne serait en fait qu’un des nombreux membres du comité organisateur.

Il déplore aussi qu’on le présente dans le texte comme le président de la filiale TerrEau de BPR, alors qu’il dit avoir quitté ce poste en octobre dernier.

Le plus jeune sénateur du pays affirme aussi que les journalistes ont manqué à leur devoir en négligeant de recueillir sa propre version des faits. Une allégation niée par le journaliste Fabrice de Pierrebourg, qui assure avoir parlé à trois reprises avec Housakos.

«Il m’a même dit de ne plus le rappeler sur son cellulaire personnel», a expliqué le journaliste mardi.

L’avocat de Rue Frontenac, Me Normand Tamaro, est surpris de constater que la poursuite vise aussi le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal et le président du syndicat en plus des auteurs de l’article.

«Il y a des défendeurs qui n’ont pas d’affaire là. Par exemple, c’est la compagnie propriétaire de Rue Frontenac qui devrait être visée par la poursuite, pas le syndicat», dit-il.

Sur les liens allégués de Housakos et Tony Accurso, l’avocat se surprend qu’on puisse y voir de la diffamation. «Je ne vois pas en quoi c’est un problème d’être ou non un proche de monsieur Accurso. Je ne vois pas en quoi c’est diffamatoire de dire que quelqu’un l’est.

«MM. de Pierrebourg et Chartrand ont fait un travail journalistique approprié selon moi. La question qu’on va demander à la cour, c’est est-ce qu’on peut encore être journaliste au Canada en 2009, ou alors doit-on seulement faire des textes sur la température des années passées pour éviter des poursuites?» poursuit Me Tamaro.

Rappelons qu’après Rue Frontenac, le quotidien Le Devoir a lui aussi publié des articles sur le rôle allégué de M. Housakos dans le financement politique. Ce mardi, le journal affirmait que trois proches du sénateur ont été nommés à des postes fédéraux.

Le chef démissionnaire de l’ADQ, Gilles Taillon, a aussi mis en cause M. Housakos dans des déclarations sur les raisons de son départ de la tête du parti.

Commentaires (5)

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M. Housakos un ami de PKP?
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Pour poursuivre le syndicat et non le journal... Hmmmm! Ça sent mauvais ça! Est ce que M. Housakos serait ami de PKP...? J'ose même pas y penser...

Gieffe , novembre 19, 2009
Loi anti-slapp
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Verrons nous un jour un groupe utiliser la loi anti-slapp pour se défendre d'un parti politique ou d'un sénateur?
P.L Pïlon , novembre 18, 2009
Un coup de conservateur !
0
Voilà une autre tentative de faire taire la liberté de presse et d'expression dans un pays de supposé droit et liberté. En plus cette magouille est mise en oeuvre par un sénateur (nommé de façon partisanne et par renvoi d'ascenseur) qui se sert des tribunaux (où j'imagine qu'il a d'autres amis conservateurs) pour tenter d'intimider des travailleurs honnêtes qui font un boulot exemplaire (je lève mon chapeau à M.de Pierrebourg pour ses excellents articles).

Non mais quels salauds ces conservateurs, oser faire les vierges effarouchés lorsque l'on dénonce leurs petites combines et se servir des tribunaux pour jouer au fier à bras. C'est sûr que M.Housakos (pour obtenir un poste aussi prestigieux nommé à vie avec une comfortable pension vous avez fait quoi M.réputation intouchable?) à les moyens de faire le malin au tribunal avec une batterie d'avocat qui coûte une fortune.

J'espère qu'il a au moins la décence de ne pas se servir de l'argent des contribuable...
Didier Pochon , novembre 18, 2009
Pauvre ti politicien !
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smilies/angry.gifsmilies/angry.gif Lorsqu`on est de la race des politiciens et qu`on fréquente toutes ces sortes d`anguilles il est NORMAL que des propos soient émis sur nos fréquentations.
S`il est incapable de digérer des propos fondés il serait mieux de prendre son cheque de pension et d`aller se coucher.
smilies/cheesy.gifsmilies/cheesy.gifsmilies/cheesy.gif Sic...
Et Hop , novembre 18, 2009
...
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Il faut bien que M. Housakos le connaisse ce M. Accurso pour le juger à ce point "infréquentable".

Ou alors c'est lui qui diffame.

Gébé Tremblay , novembre 17, 2009

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