Succession de Gatti — Amanda Rodrigues devra faire preuve de patience PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Justice
Écrit par David Santerre   
Jeudi, 05 novembre 2009 16:39
Mise à jour le Jeudi, 05 novembre 2009 17:34

La veuve du boxeur Arturo Gatti devra se résigner à rentrer au Brésil sans le magot qu’elle espérait obtenir par jugement de la cour supérieure et… sans le chien de la famille.

Le juge Paul Chaput avait entendu lundi deux requêtes déposées par Amanda Carine Barbosa Rodrigues, qui a été emprisonnée pendant trois semaines au Brésil alors qu’elle était suspectée par la police locale d’avoir tué son célèbre époux, le 11 juillet dernier. Elle a par la suite été blanchie quand le rapport d’autopsie aurait plutôt révélé que le boxeur s’était lui-même enlevé la vie par pendaison.

Dans sa première demande, elle réclamait le rejet immédiat de la requête de la mère et du frère d’Arturo Gatti, qui demandent l’annulation du testament établi trois semaines avant sa mort et qui lègue la plupart de ses biens à Amanda Rodrigues. Ils demandent en outre le rétablissement d’un testament qu’il aurait formulé en 2007 au New Jersey, mais dont la page finale comprenant la signature de Gatti et celle des témoins est manquante.

Se seconde requête visait une pension alimentaire de 150 000 $ pour elle et le fils de l’ex-couple, Arturo Jr, un an, en plus de 150 000 $ provenant du patrimoine familial de Gatti, ainsi que 50 000 $ pour les frais d’avocats qu’elle doit engager dans la bataille judiciaire contre la famille Gatti. Celle-ci l’accuse toujours d’avoir joué un rôle dans la mort de l’ex-champion du monde.

Uniquement sur ce dernier point, le juge Chaput a fait droit en partie aux demandes de la veuve, dans un jugement rendu ce jeudi au palais de justice de Montréal.

Pas d’argent… et pas de chien

La femme affirme en effet être sans le sou sans l’héritage du défunt, et l’attaque du testament de Gatti par sa famille lui coûte très cher en avocats. Ici et au New Jersey d’ailleurs, où le boxeur détient des actifs et où elle s’est adressée aux tribunaux pour obtenir une pension alimentaire mensuelle de 2 500 $ pour Arturo Jr, chose qui lui fut accordée.

Arturo Gatti : une fortune de plusieurs millions. Photo d'archives

Concédant que tout cela coûte très cher à la femme et que le processus judiciaire se doit d’être équitable, le juge accorde 30 000 $ pour payer ses avocats, et 10 000 $ pour les éventuels coûts liés au débat sur la pension alimentaire à être versée pour l’enfant.

Pour le reste, Amanda Rodrigues devra faire preuve de patience car le juge ne lui donne rien, sauf la permission de récupérer ses vêtements dans le condo que possédait Gatti sur la rue Jarry. Sinon, elle n’a pas même la garde du chien du couple, qu’elle réclamait, et qui est hébergé depuis la mort de Gatti par sa mère. Le juge a estimé qu’il était prématuré de trancher cette question maintenant.

La pension que touche déjà la mère pour son fils en vertu d’un jugement de l’État du New Jersey fait dire au juge Chaput que rien ne démontre qu’il est urgent d’en donner plus à la Brésilienne.

Quant au 150 000 $ provenant du patrimoine familial, même si Amanda Rodrigues l’estime à environ huit millions de dollars, rien ne prouve ce montant selon le juge.

Preuve complexe

Accéder ainsi aux demandes de madame, sur ce point comme sur la pension, serait selon le magistrat l’équivalent de « disposer du fond » de l’affaire, chose qui est encore bien loin d’être faite.

Car ce que demandent Ida et Fabrizio Gatti, mère et frère du boxeur, exigera une preuve solide et longue à amasser.

Dans un premier temps, ils devront faire la preuve que le récent testament à la faveur d’Amanda Rodrigues a été rédigé par Arturo à la suite de pressions de sa femme.

Quant au testament de 2007, dans lequel le pugiliste disait léguer sa voiture et ses bijoux à son frère et tous ses autres biens à sa mère, les Gatti devront démontrer que malgré l’absence de signature et de témoin, il est valide.

« Préalablement à faire la preuve de ce testament par témoins ou présomptions, il faudra établir le fait de la perte du testament, sa destruction ou sa rétention par un tiers », écrit le juge.

Il ajoute que pour le moment, même s’il ne lui en accorde pas le bénéfice, le juge estime que le récent testament à la faveur d’Amanda Rodrigues « paraît à sa face même valide ».

Dans les prochains mois, il y a fort à parier que les avocats des deux parties tenteront de trouver un terrain d’entente hors cour, ce qui ne s’annonce pas facile vu la hargne qui anime les protagonistes de cette affaire.

C’est donc (presque) sans le sou et sans son chien qu’Amanda Rodrigues rentrera sous peu au Brésil, où le petit Arturo Gatti Jr est demeuré pendant le voyage à Montréal de sa mère.

 

 

 

Commentaires (1)

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Le dernier testament devrait le bon.Arturo Gatti avait assez de caractère pour savoir a qui il faisait son testament.D'ailleurs il n'a pas mis aucun nom de sa famille comme deuxième exécuteur,Arturo s'est marié au Névada sans sa famille et il voulait tout recommencer avec Amanda c'est normal de nos jours plusieurs couples mariés on aussi beaucoup de problemes et aussi quand on est riche on a beaucoup d'amis qui sont apres nous on sait pourquoi.
Jacques Champagne , novembre 24, 2009

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