Vladislav Tretiak, un agent secret PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - International
Écrit par Valérie Dufour   
Mardi, 08 septembre 2009 18:38
Mise à jour le Mardi, 08 septembre 2009 23:12

Il y a de quoi faire sourciller toute une génération d'amateurs de hockey : si on en croit un essai qui vient de paraître, le légendaire gardien de but Vladislav Tretiak a été longtemps un agent secret russe.

Selon le livre Ces espions venus d'ailleurs, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a identifié les liens de cet ancien lieutenant-colonel de l'Armée rouge avec le défunt KGB au milieu des années 1990.

« Selon ce que nous avons appris auprès de plusieurs sources dignes de foi, il était étiqueté au moins « coopté », c'est-à-dire informateur recruté et rémunéré ou récompensé, comme il en existait des centaines à cette époque. Surtout parmi les Soviétiques qui, comme lui, étaient appelés à se déplacer hors des frontières », écrivent le journaliste Fabrice De Pierrebourg et le spécialiste en sécurité et ex-agent du SCRS Michel Juneau-Katsuya.

Le journaliste Fabrice De Pierrebourg, co-auteur du livre Ces espions venus d'ailleurs. Photo Luc Laforce.

Ils racontent que le service secret canadien a également envisagé la possibilité que Vladislav Tretiak soit plus qu'une simple source. « Pour les agents du SCRS qui s'étaient penchés sur son cas, le talentueux gardien de but était considéré malgré tout comme un « bon gars ». L'un d'eux le décrit comme un « évaluateur de talents », un recruteur », peut-on lire.

« Tretiak est un pur produit de l'Union soviétique, et le SCRS l'avait dans le nez et c'est plus solide que la seule équation Tretiak = Russe = KGB. (...) C'est sûr qu'il était plus sur la ligne politique. Ce n'est pas lui qui rentrait dans des usines pour voler des secrets. Il agissait plus comme un recruteur d'informateurs », confirme M. De Pierrebourg en entrevue.

Michel Bordeleau

Cette portion de l'essai de 358 pages jette également un éclairage intéressant sur un Québécois proche de Tretiak, Michel Bordeleau. Natif de Shawinigan et passionné de hockey, ce russophile a séjourné pendant deux ans en URSS dans les années 1980. Au cours de cette période, il a décroché une bourse pour apprendre le russe à l'institut Pouchkine de Moscou. Il a aussi joué au hockey dans une équipe de deuxième division en se faisant appeler Mikhail Bordelov et il s'est lié d'amitié avec des athlètes qui joueront dans la LNH : Igor Larionov et Vatcheslav Fetisov.

À l'été 1988, trois jours avant son retour au Canada, Michel Bordeleau a reçu la visite d'agents du KGB qui l'ont embarqué pour un interrogatoire. « Selon ce que nous avons appris, ce russophile notoire avait, semble-t-il, été victime d'un chantage, signalent MM. De Pierrebourg et Juneau-Katsuya. Son grand ami Tretiak serait apparu dans l'histoire, drapé dans le costume du sauveur. On aurait alors proposé au jeune Québécois de tirer un trait sur cette incartade fâcheuse en échange de quelques services à rendre pour le bien de la grande URSS, d'après ce qu'il a raconté par la suite aux enquêteurs du SCRS. »

Pas de commentaires

Les auteurs soutiennent tout le long de leur ouvrage que l'une des tactiques des pays étrangers pour recruter des sources est de trouver leur point faible parmi les quatres catégories suivantes : argent, idéologie, sexe, ego. Ils laissent donc entendre que le Québécois aurait « aidé » le régime russe en donnant des renseignements. Après avoir accordé aux auteurs une première entrevue qui s'est avérée contradictoire, M. Bordeleau a refusé de donner sa version des faits.

« Aujourd'hui, Tretiak est député du parti de Vladimir Poutine à la douma, le parlement russe, et il est président de la Fédération de Russie de hockey sur glace. Il enseigne encore l'été dans une école qui porte son nom à Toronto, Vladislav Tretiak Elite School of Goaltending », écrivent les auteurs en précisant que l'ancienne étoile de la Série du siècle a refusé de leur parler dans la rédaction de leur ouvrage.

« Les amateurs de hockey vont être un peu surpris, mais ils doivent savoir car c'est un gars qui vient souvent ici. (...) C'est un proche de Poutine. Il est député de son parti à la douma. C'est presque un oligarque. Et il fait partie du folklore du rideau de fer », tranche Fabrice De Pierrebourg.

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Commentaires (2)

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Bordeleau est où?!
0
Mais où est donc ce fameux Bordelov maintenant?! Peut-il témoigner de cette hostoire rocambolesque?!
tag , septembre 10, 2009
et Pavel Bure?
0
Tres interressant! Mais pourriez-vous vous renseigner au sujet de Pavel Bure(ex-star de la LNH) qui avait fait parle de lui au debut car on le disait victime d'extorsion de la mafia russe et plus tard ont apprenait qu'il etait en fait dans la mafia russe et fut meme photgraphie avec V.Poutine...? Merci a l'avance!
Francois , septembre 09, 2009

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