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Le KGB derrière les théories du complot ? PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Faits divers
Écrit par Élizabeth Ménard   
Mardi, 05 mai 2009 17:54
Mise à jour le Mardi, 05 mai 2009 20:52

«Il paraît que la grippe porcine, c’est un complot pour tuer tous les Mexicains.» «J’ai entendu dire que l’homme n’a jamais été sur la Lune.» «Savais-tu que le sida a été créé par les États-Unis alors qu’ils faisaient des recherches pour développer une arme biologique?» «Non! Tu ne crois pas encore que les événements du 11 septembre ont réellement eu lieu?! Tu n’as pas vu la vidéo sur YouTube qui prouve que  c’est une conspiration du gouvernement américain?»

Les théories du complot ne datent pas d’hier, mais elles sont toujours actuelles. Certaines d’entre elles sont tenaces et ont survécu au passage du temps.

Qui n’a jamais cru, au fond de lui-même, que l’assassinat du président Kennedy ait été commandité par la CIA? Pourtant, cette rumeur a, depuis longtemps, été démentie. Comment se fait-il que certaines personnes soient encore convaincues que Lee Harvey Oswald ait payé pour un crime qu’il n’a pas commis? L’historien du musée de l’espionnage de Washington, Thomas Boghardt, croit détenir la réponse à cette question.

«Le KGB est en majeure partie responsable de plusieurs campagnes de désinformation qui avaient pour but de ternir l’image des États-Unis, affirme-t-il. À l’époque de la guerre froide, un département de désinformation a même été créé. Plusieurs de ces maîtres de la désinformation et de la propagande étaient en poste dans leurs principales ambassades occidentales.  Les Soviétiques n’étaient pas les seuls à effectuer des campagnes de désinformation, mais ils le faisaient à beaucoup plus grande échelle que les autres.

Toujours actuel

La théorie voulant que la mort de JFK ait été planifiée par la CIA a été suggérée pour la première fois dans le livre Oswald: Assassin or Fall-Guy, écrit par Joachim Joesten. Aujourd’hui, certains suggèrent que l’auteur était un agent soviétique et que l’éditeur était un membre du KGB.

En conférence au quartier général du Service canadien du renseignement de sécurité à Ottawa, lundi, Thomas Boghardt a expliqué comment certaines techniques de désinformation de l’empire soviétique sont encore utilisées aujourd’hui.

Pas plus tard que la semaine dernière, la numéro deux de l'administration américaine, Janet Napolitano, affirmait que les terroristes qui sont entrés aux États-Unis, notamment ceux qui sont responsables des attentats du 11 septembre, ont pénétré dans le pays en passant par le Canada. Même si elle était fausse, cette rumeur, lancée au lendemain du 9/11, a été répétée par plusieurs politiciens et continue, apparemment, de trouver poisson pour mordre à son hameçon.

«Elle est symptomatique du changement qui s’opérait dans la relation entre les États-Unis et le Canada à cette époque», souligne Thomas Boghardt.

La recette

L’historien imagine que cette rumeur aurait fort bien pu être lancée par les Soviétiques. «Il n’y a pas de preuve qu’il s’agit d’une campagne de désinformation, reconnaît l’historien, mais si le département de désinformation existe encore – et plusieurs personnes le croient –, c’est exactement le genre de chose qu’ils feraient.»

Selon lui, la recette d’une bonne campagne de désinformation à la sauce soviétique comporte quatre étapes:

1.    Choisir n’importe quel événement qui touche la population de près et dont on peut difficilement vérifier les faits
2.    Agir rapidement
3.    S’assurer que le tout est crédible
4.    Répéter l’histoire le plus souvent possible

C’est simple comme bonjour et, quand ça fonctionne, ça crée une bombe presque impossible à désamorcer, affirme Thomas Boghardt

L’une des campagnes de désinformation les plus réussies du KGB concerne l’origine du sida. Seulement un an après qu’un terme ait été trouvé pour baptiser le virus, c’est-à-dire en 1983, le département de désinformation a lancé sa campagne qui consistait à faire croire que le sida avait été créé par les États-Unis.

«Dans ce cas, deux raisons pouvaient être utilisées, explique le docteur Boghardt. Premièrement, ce n’était pas encore clair d’où venait le sida et comment il se transmettait et, deuxièmement, c’était connu que les États-Unis faisaient des recherches biologiques. Cette campagne a été très réussie.»

L'Inde

Pour répandre la rumeur, les Soviétiques ont utilisé une méthode simple, mais efficace. Ils ont informé un journal indien de leur soi-disant découverte. Ce journal a publié un article qui a ensuite pu être cité par un quotidien soviétique. L’information semblait ainsi provenir de l’Inde. «C’était donc beaucoup plus difficile de prétendre qu’il s’agissait d’une conspiration soviétique», explique Thomas Boghardt.

La deuxième étape a été de donner à un scientifique du matériel qui démontrait la culpabilité des États-Unis, sans la prouver. Ainsi, le biologiste en question, le Russe Jakob Segal, a pu tirer ses propres conclusions et écrire des articles. Résultat: 80 pays ont parlé de cette rumeur en 25 langues et dans 200 périodiques.
«Ils ont agi extrêmement rapidement, affirme l’historien, et je crois que c’est ce facteur qui a assuré la réussite de la campagne.»


Soit dit en passant, bien qu’il ait été prouvé que le gouvernement américain n’a rien à voir avec l’origine du virus, Jakob Segal est toujours convaincu de la responsabilité des États-Unis.

Ce qui nous amène à la conclusion que Thomas Boghardt tire de ses longues années d’étude en histoire: «Si vous ne vous occupez pas des rumeurs, quelqu’un d’autre le fera.»

 

Commentaires (3)

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Toujours les mêmes mensonges foireux sur ceux qui se posent des questions sur les attentats du 11 septembre
0
Encore et toujours on ressort cette litanie mensongère que ceux qui se posent des questions sur les attentats du 11 septembre les nieraient, c'est non seulement absurde mais mensonger. Ils doutent simplement de façon très documentée des explications officielle qu'on en a donné, c'est très différent et vous le savez très bien.
robin , mai 17, 2009
Le KGB instrumentalise plus de 640 ingénieurs et architectes ?
0
En ce qui concerne les attentats du 11 septembre 2001, l'analyse ne tient pas.

Plus de 640 architectes et ingénieurs en génie civil US certifiés ont rejoint ae911truth.org pour dénoncer la version officielle. Le mouvement pour la vérité sur le 11 septembre est composé en plus de politiciens, de professeurs d'universités, de pilotes, de pompiers entre autres. Tous appellent à la réouverture d'une enquête.

Vouloir réduire cette contestation à une manipulation du KGB tient de l'absurdité.

Le prof David Ray Griffin est un des leaders du mouvement (7 ouvrages sur le sujet). Lire le texte de sa dernières conférence (tournée européenne): http://www.11septembre.ch/grif...iffin.pdf.

Pour information enfin, par définition, la version officielle est une théorie du complot.
Richard Golay , mai 10, 2009
...
0
Un excellent article. Merci.

J'ai une intolérance envers les tenants de ces théories.

Ils ont au moins le prétexte d'avoir été dupé par des pro.
E. Charland , mai 09, 2009

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