L'agent Jean-Loup Lapointe a craint pour sa vie PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Faits divers
Écrit par David Santerre   
Mardi, 08 décembre 2009 21:20
Mise à jour le Mercredi, 09 décembre 2009 17:38

À en croire le policier Jean-Loup Lapointe, il était, tout juste avant d’abattre Fredy Villanueva, « étranglé » et roué de violents coups de poing à la mâchoire et à la tête, à un point tel qu’il craignait que ces assauts le « blessent gravement » et le « fassent perdre connaissance, ne serait-ce qu’un instant ». Au surplus, dit-il, ses assaillants, dont la victime était, faisaient mine de vouloir s’emparer de son pistolet, et il n’avait d’autre choix que d’être le premier à tirer.

« À cet instant, la peur d’être blessé gravement et de mourir m’envahit », ajoute-t-il.

C’est ce que le policier raconte dans le rapport rédigé à l’attention de ses supérieurs un mois après le drame du parc Henri-Bourassa, à Montréal-Nord. Rapport qui a été déposé mardi matin, tout comme celui de sa partenaire Stéphanie Pilotte, lors de la reprise de l’enquête publique du coroner André Perreault sur la mort de Fredy Villanueva, tombé sous les balles de l’agent Lapointe le 9 août 2008.

Étonnamment toutefois, malgré la violence de l’agression tel qu’il la décrit, les photos aussi déposées mardi et supposées montrer les blessures subies par les deux policiers rudoyés par le groupe de jeunes sont loin d’être explicites.

De l’agent Lapointe, on n’en voit qu’un, montrant une éraflure très superficielle au coude. De très discrètes ecchymoses au bras et un genou légèrement éraflé constituent les blessures de l’agent Pilotte exposées en preuve.

Cette photo démontre une blessure très superficielle sur le coude de l'agent Jean-Loup Lapointe.

Première version

Ainsi, pour la première fois, la version de l’agent Lapointe est rendue publique.

D’entrée de jeu, il précise dans son rapport qu’il est « rédigé dans le cadre de mon obligation envers mon employeur, sous peine de sanction. Il ne constitue en rien une déclaration libre et volontaire non plus qu’une renonciation à quelque droit que ce soit. (…) Ce rapport ne doit à aucun moment être invoqué aux fins de m’incriminer, d’acquérir une preuve dérivée ou de mettre ma crédibilité à l’épreuve ».

Il décrit ensuite ce début de soirée fatidique où il patrouillait Montréal-Nord pour la première fois en compagnie de Stéphanie Pilotte, qui effectuait un remplacement.

Fredy Villanueva a été tué le 9 août 2008. Photo d'archives

Il en a profité pour montrer à la jeune policière ses connaissances des nombreux membres de gangs qui arpentent les rues de ce « secteur chaud », décrit quant à elle la policière Pilotte.

Puis, il a conduit la voiture jusqu’au stationnement du parc Henri-Bourassa, un endroit qu’il décrit comme problématique, entre autres parce que les jeunes y jouent aux dés à l’argent. « Ce genre d’activité résultant parfois en conflits, bagarres et plainte de bruit des résidants », précise Lapointe.

Il dit être déjà intervenu pour cette raison au même endroit auprès de Jeffrey Sagor Metelus, qu’il dépeint comme un membre actif du gang de rue des Bloods (les rouges) et qui allait être blessé ce soir-là par une de ses balles. Metelus était alors avec Miguel Paul, un autre membre des rouges habitué des tribunaux judiciaires.

Ce 9 août, Metelus est le premier, et le seul individu qu’a d’emblée identifié Lapointe en arrivant sur les lieux. Rapidement, il comprenait qu’une partie de dés était en cours.

S’immobilisant près du groupe de cinq individus, il leur intime l’ordre de rester sur place. Il voulait leur décerner un constat d’infraction, ce type de jeu étant interdit par la réglementation municipale.

Ça dégénère

Quatre d’entre eux ont obtempéré. Un autre, qu’il dit alors ne pouvoir identifier, qu’il désigne comme « l’individu #1 » et qui, selon lui, est lié aux rouges et a un passé de violence et de possession d’arme, semble vouloir fuir. C’est Dany Villanueva, allait-il se rendre compte au terme de la catastrophique opération.

Après que Lapointe l’eut interpellé, il serait revenu vers lui en gesticulant et en l’insultant, clamant qu’il n’avait rien fait. Il avait les « baguettes en l’air », qualifiera l’agent Pilotte dans ses notes manuscrites.

Afin de réussir à l’identifier, Jean-Loup Lapointe dit avoir pris « l’individu #1 » par le coude gauche pour l’amener vers sa voiture. La policière Pilotte l’aurait pris par le poignet droit.

Villanueva se serait alors débattu très violemment. Lapointe dit avoir alors décidé d’agir de façon plus musclée, craignant, vu ses antécédents, qu’il ne soit armé.

Il tente donc de le faire basculer sur le capot de sa voiture pour le menotter, mais Dany Villanueva les aurait brusquement repoussés, sa partenaire et lui.

« Il devient alors très urgent de maîtriser l’homme pour nous assurer notre sécurité et contrôler la situation. Nos techniques n’ayant pas été efficaces, j’exécute une amenée au sol afin de déstabiliser « l’individu #1 » et avoir une position favorable pour le maîtriser », explique le policier.

La manœuvre aurait alors, selon le policier, déchaîné les quatre autres jeunes. Pendant que Dany Villanueva se débattait vigoureusement, donnant de frénétiques coups de pied dans le vide à l’intention de Stéphanie Pilotte qui tentait aussi de le maîtriser, les autres seraient venus les encercler contre la voiture.

Villanueva aurait réussi à assener plusieurs coups de poing à la mâchoire et au visage de Lapointe, selon le témoignage de ce dernier, qui dit avoir été envahi « d’une forte douleur » au visage.

Dany Villanueva et sa soeur Patricia lors des précédentes audiences de l'enquête publique tenues en octobre dernier. Photo Luc Laforce.

Les policiers assaillis

Deux autres jeunes se seraient alors penchés sur Lapointe.

« L’individu #3 (Fredy Villanueva) avance sa main droite ouverte vers ma gorge et son autre main vers mon ceinturon. L’individu #4 dirige ses mains vers mon bras gauche et mon thorax. Percevant ces gestes d’attaque contre moi, j’ai alors très peur de me faire agresser et désarmer », écrit l’agent.

« Ma vie et celle de ma partenaire sont en danger immédiat. Je suis pris à la gorge et me sens agrippé de toute part, dans une position d’extrême vulnérabilité », poursuit-il.

« Je ne vois pas d’autre alternative que celle de faire feu immédiatement sur les individus devant moi », analyse-t-il.

Il décrit ensuite les coups de feu qu’il a tirés. « À partir de l’étui, je fais feu tout en avançant l’arme devant moi et en la dirigeant vers le centre des masses qui sont sur moi. »

Il dit avoir ainsi tiré à trois ou quatre reprises.

L'arme de service de l'agent Jean-Loup Lapointe. Photo RueFrontenac

De sa position, l’agent Pilotte dit avoir vu Fredy Villanueva être touché deux fois au thorax. Il était très près de Lapointe.

Érik Hudon, expert en balistique, est d’ailleurs venu raconter mardi devant le juge Perreault que, selon les analyses qu’il a faites, l’arme était à environ 15 pouces du thorax de la victime.

L’agent Pilotte a ensuite vu un autre jeune, Metelus ou Denis Méas, elle ne le précise pas, être touché, alors qu’il était plus en retrait.

« J’ai ensuite mis mes gants de latex et je me suis approchée de la victime 1 (Fredy Villanueva) qui était au sol. Une femme, qui disait être sa cousine, était à ses côtés, très ébranlée, elle pleurait et criait. Je lui ai demandé de se tasser à plusieurs reprises, de me laisser s’en occuper, mais elle refusait de bouger », conclut Stéphanie Pilotte.

Pendant ce temps, Dany Villanueva était menotté et placé dans une voiture de patrouille, en état de choc. Il aurait fracassé une vitre de la voiture.

La policière Pilotte, qui avait amorcé son témoignage plus tôt au cours de l’enquête publique, poursuivra demain.

Lapointe suivra, ainsi que les jeunes témoins du drame qui ont, eux, une tout autre version de l’événement à faire valoir.

Commentaires (23)

Flux RSS pour les commentaires

Affichez les commentaires
Par où commencer...
0
L'évènement est regrettable peut importe qui en porte la lourde responsabilité: le service de police de Montréal ou bien le groupe de jeune qui se trouvaiit dans le parc ce soir-là...

Ce que je crois par contre:
- C'est que ce type d'attroupement pour jouer à des jeux d'argent qui dégénère souvent en bagarre et qui terrorise le quartier méritait d'être interrompu.

- Si le jeune homme qui a refusé de s'identifier l'aurait fait: il n'y aurait pas eu d'altercation.


- Si le jeune homme ne s'était pas débattu, les deux policiers n'auraiit pas eu à employer l'escalade de force afin de le maîtriser (ils lui on fait savoir qu'il devait s'identifier, qu'il était maintenu, etc...)

- Si toute la bande n'avait pas sauté sur les deux agents de la paix, les coups de feux n'aurait pas été tiré.

Nous donnons des pouvoirs à des agents assermentés afin qu'ils maintiennent l'ordre et protège la population. Il est souhaitable qu'il y ait une "police des polices" autant qu'il est souhaitable que les gangs de rues soient défaits.

Félicitation à ces deux policiers d'avoir fait leur travail en tentant de réprimer des activités qui sont dérangeante dans le quartier qu'ils patrouillaient.

Gangs de rue, je vous souhaite de rencontrer d'autre policier ayant leur trempe.

Aux pompiers de Montréal qui ont vu leurs voitures incendiés et leurs caserne attaquée dans les jours suivant: félicitation de continuer de répondre dans ce secteur...

Pompier d'Ottawa
PY , février 12, 2010
Fautes de Martin Durand
0
Martin Durand a écrit le 9 décembre 2009

Oui faut vraiment être un ignorant pour écrire de telles bêtises. Avec votre secondaire 2 faible (en en juger par votre qualité de français et votre faible capacité d'analyse), vous me faites pitié. Je suis convaincu que, si vous aviez été mis dans la situation du policier Lapointe, vous auriez plutôt pleurer et supplier ces petits bums de bas étage de vous épargner la vie.

Je vous souhaite plein d'autres "tickets".

Tu as fait deux fautes de français en voulant ridiculiser la qualité de français d'une certaine personne: Tu as écrit:

VOUS AURIEZ PLUTÔT PLEURER ET SUPPLIER ( tu as fait deux fautes )

Et la correction est: Vous auriez plutôt PLEURÉ et SUPPLIÉ. Ce n'est pas un infinitif mais un participe passé sans complément d'objet direct, donc il est invariable.

En passant, je suis d'accord avec ton commentaire.
Misterlove , février 11, 2010
Jean-Lou Bravo
0
Et si le policier avait été tiré en premier ils auraient fêter leur victoire en gang , en faisant des feux de joie, en brisant des vitrines et faire des doigts d'honneur aux policiers et devant les caméras . aye on est au Québec ...
meridithe , février 11, 2010
@franc , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
a BABA et MAMAN qui ne comprennent pas pauvre eux , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
La vérité qu'on nous cache!
0
Beaucoup de gens parlent d'une situation à Montréal-Nord qu'ils ne connaissent pas. Moi je vis à Montréal-Nord depuis 44 ans. Il y a eu des efforts pour aider les jeunes de toutes les origines à s'intégrer à la société. Il y a des maison de jeunes, des activites sportives, culturelles etc... Pourtant certaines personnes preferent commetrent des actes criminels et faire de l'argent plutot que d'aller a l'ecole. Qui faut-il blamer pour ca. Mais il y a des voyous qui ne reculent devant rien. Il y a quelques années des membres de gang de rue se sont présentés dans un poste de police de Mtl-Nord en disant aux policiers que c'était leur territoire et qu'ils n'avaient pas d'affaire d'être la. Il y a même un membre d'un gang de rue qui a complote pour faire sauter le poste de police. Ca vous donne une idée de ce que doivent vivre les policiers. Il y a des gens qui ne respectent pas les lois. Est-ce notre faute si après des tragédies se produisent. La police doit faire son travail et la loi est la même pour tous.
J'ai des amis haïtiens, latino, italien, arabes et ils n'ont pas de problèmes avec les policiers car ils respectent la loi. Il faut cesser de voir les membres des gangs de rue comme des victimes. Ils sont eux-mêmes responsable de ce qui leur arrive. Un point c'est tout!
Pierre , décembre 10, 2009
qui est le responsable...
0
on aura beau critiquer le travail de la police, mais il y a des lois ,ici ,au Canada, Au Québec, à Montréal , et partout dans la province , et il faut respecter ces lois, ,,, pour ce qui est de cet imbécile de Villanueva, le grand frère, ---1/ il a désobéi aux ordres du juge, 2/ il n,avait pas le droit d,etre dans ce parc 3/ il n'avait pas pas le droit de jouer aux dés et/ou cartes à l'argent dans un lieu public . il faut un permis pour le faire voir réglements de la ville Montréal....





























































































































































































































































































-





























































































































































































































































la seule personne responsable de cette mort est le grand frère qui n,a pas respecté les conditions de sa mise en libération, il a contrevenu à au moins trois décisions du juge,, les policiers sont tenus de faire leur devoir et ils ont interpellé cet homme,, c,est lui, la seule personne à blamer,,,







la smilies/grin.gif
anne = béatrice-charlotte... , décembre 10, 2009
bravo aux policiers
0
et regardez bien la version de ces petits crottés,ils sonts habitués de faire face a la justice bonbon du québec et vont tout faire pour démolir la version des policiers et a la fin c'est les policiers qui se feront blamés!
baba , décembre 10, 2009
re: franc
0
eille ti casse
avant de dire plein de conneries,commence donc par savoir l'histoire comme du monde. le policier il n'a même pas sorti son arme,il a tirer avec son gun ds son étui. fak au lieu de parler de se que tu connais pas ,ferme donc ta geule le cave.(pis là chu gentil avec toi!)
baba , décembre 10, 2009
RIDICULE CE POLICIER , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
Pas pire
0
Tout le monde qui parle et commente n'était pas là. Ils sont biens bons ils auraient fait ceci et cela, excusez mais quand ça brasse et que tu as affaire à des bums déjà arrêté pour port d'arme tu ne te laisses pas tapocher. Dans son pays d'origine Dany y aurait laissé une couple de dents sinon plus, une belle gang de bums mal élevés. Et le gouvernement niaise avec du monde comme ça. Pu capable. Le journaliste veut entendre la version des bums comme si les policiers étaient des criminels c'est le bout de la merde.
marilou , décembre 09, 2009
@franc
0
Qu'est ce tu raconte la; le perdu? Ta rien compris toi. Retourne a l'école finir ta première année pour commencer... Après ca informe toi donc un peu sur la véritable histoire...
Maman , décembre 09, 2009
simples policiers seuls en cause ? , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
tout a fait en desacord avek vous tous!! , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
Bravo aux policiers
0
Il n`y aurait pas juste eu un mort si j`avais été là. Bravo à l`agent Lapointe !!!
PAt , décembre 09, 2009
Curieux. , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
À Bob Gingras l'ignorant
0
Oui faut vraiment être un ignorant pour écrire de telles bêtises. Avec votre secondaire 2 faible (en en juger par votre qualité de français et votre faible capacité d'analyse), vous me faites pitié. Je suis convaincu que, si vous aviez été mis dans la situation du policier Lapointe, vous auriez plutôt pleurer et supplier ces petits bums de bas étage de vous épargner la vie.

Je vous souhaite plein d'autres "tickets".
Martin Durand , décembre 09, 2009
Bravo aux policiers
0
Bravo aux policiers dans toute cette affaire.
Moi-même , décembre 09, 2009
on ne touche pas a une police
0
On ne touche pas a un représentant de la loi.
Pas sur que dans son pays il y aurais eu juste un mort.... ils seraient tous mort et on en parlerais même pas. Quand tu te fais arrêter, tu garde le silence et tu coopères..avec nos tribunaux on a plus de chance devant le juge!!
Citoyen , décembre 09, 2009
Vive la police
0
Continué votre bon travail, il en reste d'autres...
Maman , décembre 09, 2009
L'habit le rend maître , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
Agent de la paix sans scrupule.... , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
...
0
Quand un policier se fait sauter dessus par un tite-bébé il n'a pas le choix..tu te défend. Quand au tite-bébé, si tu est un citoyen respectable, tu saute pas dans la face d'un policier. Donc, le policier a bien fait de se défendre et défendre sa partenaire. Note négative, quand va t-on arreter d'engagér des tites-matante-police a cinq pied et cent livres? Si ca avait été deux policiers ils auraient surement reglé le probleme a coup de poings sur la gueulle des tites-bums. Bravo a ce policier, il n'avait pas le choix.

Le Vieux
Le Vieux , décembre 09, 2009

Ecrivez un commentaire

Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur
security image
Entrez les caractères affichés

busy
 

Aussi sur Rue Frontenac - Nouvelles