Énergies alternatives : le Québec est en panne PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Environnement
Écrit par Jessica Nadeau   
Mardi, 14 juillet 2009 15:17
Mise à jour le Jeudi, 16 juillet 2009 16:54
Alors que les énergies vertes se développent à un rythme stupéfiant un peu partout en Europe et aux États-Unis, pourquoi le Québec patauge-t-il dans ses projets de barrages hydroélectriques toujours plus coûteux et contestés?
 
 

C’est la question que se posent Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere, deux aventuriers québécois qui signent le documentaire Chercher le courant sur l’hydroélectricité et les énergies alternatives.

L’été dernier, avant que le projet de complexe hydroélectrique de la Romaine ne devienne un sujet d’actualité brûlant, les deux amis ont sauté dans leur canot et, caméra à la main, ils ont descendu les 500 kilomètres de la splendide rivière pendant 46 jours pour collecter de la documentation sur son écosystème à l’état naturel, avant qu’il ne soit irrémédiablement transformé par la construction de quatre barrages hydroélectriques.

Ils envisageaient ensuite de partir pour l’Europe, où les énergies alternatives sont déjà bien implantées, afin de comparer les différentes formes d’énergie et de soulever le débat sur l’hydroélectricité. Mais le manque de financement les a obligés à revoir leurs plans et à se rabattre sur les experts en énergies alternatives québécois.

«C’est un plan B qui s’est avéré très intéressant puisqu’on s’est aperçu qu’il se fait plein de choses au Québec, même si c’est à une échelle beaucoup moins importante qu’en Allemagne ou en Suède, par exemple, explique le scénariste et producteur Nicolas Boisclair. C’est le début ici, dans plusieurs formes d’énergie, mais nous avons vu de beaux exemples d’énergie alternative, même si ce sont de tout petits projets pilotes qui manquent de financement.»

 
Les deux réalisateurs ont descendus les 712 kilomètres de la riviière Romaine. Photo www.chercherlecourant.com

Le royaume de l'hydroélectricité

Après avoir parlé à plus de 20 spécialistes, dont plusieurs travaillent aux États-Unis, notamment en Californie, puisque les incitatifs pour les énergies alternatives y sont meilleurs qu’au Québec, les documentaristes dressent un portrait de la situation énergétique au Québec.

«Il y a une disproportion flagrante entre la place de l’hydroélectricité (97%) et celle des énergies renouvelables, autant dans le passé que ce que laisse présager l’avenir», soutient Nicolas Boisclair, qui rappelle que personne ne s’est jamais penché sur les impacts cumulatifs des barrages sur les écosystèmes.

«De toute évidence, il y a de la place pour d’autres formes d’énergie, mais encore faut-il une volonté politique et sociale pour aller de l’avant», ajoute le réalisateur Alexis de Gheldere, qui travaille présentement au montage du documentaire qui devrait sortir cet automne.

«Le gouvernement a des objectifs clairs en matière d’efficacité énergétique, d’éolien et d’hydroélectricité jusqu’en 2015. Ce n’est peut-être pas parfait, mais au moins il y a des objectifs. Mais en ce qui concerne les biogaz, la géothermie et le solaire, il n’y a aucun objectif chiffré pour le Québec. Ce sont des énergies qui, vraisemblablement, continueront à être négligées alors que les ressources sont disponibles en très grande quantité.»

Alimenter le débat

Le but du documentaire n’est pas de prendre position contre la Romaine, précisent-ils. Ils se servent plutôt du projet pour questionner et alimenter le débat sur la place des énergies alternatives au Québec. Ils se butent pourtant à des questions sans réponses, par exemple sur le répertoire du nombre d’unités annuelles de géothermie ou sur le potentiel de création d’emplois dans le secteur des énergies alternatives.

 
Les cinéastes n'ont pu obtenir de commentaire de la part d'Hydro-Québec.  Photo www.chercherlecourant.com

«L’info n’existe même pas, ou bien elle reste secrète, explique Nicolas Boisclair. Ça montre à quel point, collectivement, nous n’investissons pas dans les énergies vertes.»

Quant à Hydro-Québec, la société d’État a refusé toutes les demandes d’entrevues des documentaristes. «Ils refusent de défendre leur projet en participant au documentaire, déplore Nicolas Boisclair. Mais ce qui est encore pire, c’est que nous avions aussi plusieurs questions sur l’intérêt de la société d’État pour les énergies alternatives, sur le potentiel, les investissements, etc. On doit faire notre documentaire sans le principal intéressé.»

À ce sujet, les documentaristes demandent l’aide de tout employé actuel ou ancien d’Hydro-Québec de communiquer avec eux pour corroborer de façon anonyme certaines informations sur les désaccords à l’interne concernant le projet de la Romaine.

Un extrait du documentaire


 

Commentaires (3)

Flux RSS pour les commentaires

Affichez les commentaires
un monde ideal
0
Toute forme de création d'énergie aura un impact sur l'environnement. il est utopiste de penser que l'éolienne et les panneaux photovoltaïques sont sans impact. Ons a juste pas encore bien mesuré pcq c'est marginal.

Si ons couvre 2% ou 3 % de la planète de panneaux solaires on aura probablement un problème de réchauffement. les emissions basse frequece emis par les eoliennes ne sont pas encore bien mesurer... 100 eolienne sa va... 100 000 ons ne le sais pas. tout nouveau tout beau...

Nous ne vivons pas en vase clos. Les centrales au charbon ou à l'huile des états unis fourniront l'électricité que nous ne leur vendrons pas. Les polluant n'arrêtent pas à la frontière.


esce sa a moin d'impact d'enterrer des dechets nuclaire que d'arnacher un riviere.... ben voyons

Ons est pas dans un situation ideal mais il faut choisir le moindre mal.
olivier , juillet 24, 2009
Oh, ironie!
0
Nous ne sommes pas en retard dans le dossier des énergies renouvelables, nous sommes en avance sur presque tout le monde. Les endroits où on s'active le plus en matière d'énergies renouvelables (aux USA, en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Espagne) sont pris avec des proportions de 50, 70, voire plus de 90% d'énergie fossile, dont le charbon. Ils voient dans la transformation de leur production électrique un moyen de diminuer leurs émissions de GES.

Contrairement à eux, le Québec génère presque pas d'émissions de GES avec sa production électrique (430 kt en 2006, surtout pour alimenter les communautés les plus éloignées et les Îles de la Madeleine). Il serait ridicule d'implanter des programmes désespérés que nos voisins doivent lancer en catastrophe pour réduire leurs émissions de CO2.

Au Québec, l'argent serait beaucoup mieux investi pour nous libérer du pétrole, du diesel et du mazout dans le transport et le chauffage en privilégiant le transport collectif et la géothermie.
ClaudeB , juillet 16, 2009
Pas tout vrai, pas tout faux
0
Effectivement le Québec est peut-être en retard sur les autres énergies. mais le Québec fait bande à part dans ce domaine. Nous sommes la province en Amérique du Nord qui a le plus de rivières avec les possibilités d`anarchement, il ne faut pas se leurrer, on est jalousé par le reste de l`Amérique du Nord.
Par contre, le Québec depuis une dizaine d`années développe l`éolien, mais depuis un certain temps, les écolos mettent les batons dans les roues des nouveaux développements, je ne sais pas où ils veulent mettre les tours, mais pour eux il faut les déplacer, même s`il n`y pas de vent.
Dernièrement, le biogaz a fait son entré dans le Bas St-Laurent, avec un projet à Amqui, donc il est faux de prétendre que rien ne se fait.
On parle aussi de la géothermie, déjà le gouvernement québécois construit ses nouvelles écoles et en plus, change ces systèmes de chauffage dans ces polyvalentes, donc encore une fois, le gouvernement est sensibilisé aux nouvelles énergies.

Pas tout vrai, pas tout faux.
Firefighter , juillet 15, 2009

Ecrivez un commentaire

Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur
security image
Entrez les caractères affichés

busy
 

Aussi sur Rue Frontenac - Nouvelles