Le « fossile du jour » remis au Canada à Barcelone PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Environnement
Écrit par Jessica Nadeau   
Mardi, 03 novembre 2009 18:03
Mise à jour le Mardi, 03 novembre 2009 19:47

Réunis à Barcelone, en Espagne, pour la dernière ronde de négociations des Nations unies sur les changements climatiques avant le grand sommet de Copenhague en décembre, les fonctionnaires et négociateurs de tous les pays tentent de déterminer les grands éléments qui constitueront cette nouvelle entente de Copenhague, qui fera suite à celle de Kyoto pour fixer les nouvelles cibles de réduction de gaz à effet de serre.

En marge des négociations, quelque 400 organisations non gouvernementales internationales tentent de faire bouger les choses. Lundi, ils attendaient les délégués internationaux avec des centaines d’horloges afin de leur rappeler que – tic-tic-tic – le temps presse. Mardi, ces ONG, regroupées sous la bannière de Réseau Action Climat international, décernaient le prix « fossile du jour » au Canada pour avoir bloqué et retardé les négociations.

« Le Canada veut parler d’adaptation aux changements climatiques sans tenir compte des impacts de ces changements climatiques. C’est complètement surréel. C’est pourquoi les ONG lui ont décerné le fossile du jour », affirme Steven Guilbeault, d’Équiterre, joint à Barcelone.

Le Canada aurait par ailleurs émis des réserves sur la pertinence d’une discussion sur les impacts des changements climatiques, pourtant bien documentés, et aurait demandé à ce que le sujet soit évacué des négociations.

À titre de fossile du jour, le Canada est suivi de près par les États-Unis, qui sont le plus grand émetteur de gaz à effet de serre, et l’Arabie Saoudite, premier exportateur de pétrole du monde.

Négociations difficiles

Les négociations, entamées lundi, sont difficiles en raison du peu d’engagements réels de la part des pays industrialisés comme les États-Unis et le Canada. Lundi, les pays africains ont haussé le ton, affirmant que des pourparlers avaient cours depuis 23 mois et que les pays industrialisés étaient toujours incapables de dire leurs objectifs de réduction, ce qu’ils trouvaient inacceptable.

Ils menaçaient de boycotter les séances suivantes, mais un compromis a été trouvé mardi. Tous se sont alors engagés à ce que 60 % du temps des dix prochaines séances de travail cette semaine soit alloué aux objectifs des pays industrialisés.

« Il s’agit de la dernière rencontre avant Copenhague, rappelle Steven Guilbeault. Il faut s’attendre à ce que les pays s’entendent sur les grands éléments qui formeront la prochaine entente car on ne pourra pas, en deux semaines, y régler tous les aspects. Il faut arriver avec une table qui soit déjà mise. »

Il estime que l’objectif de partir de Barcelone avec les grandes lignes de l’entente de Copenhague est tout à fait possible, s'il y a une volonté politique.

Quant au Canada, il ne prend plus la parole lors des séances publiques, mais seulement lors des rencontres fermées. Steven Guilbeault ne se fait donc aucune illusion sur la capacité réelle du pays de s’engager avec des cibles ambitieuses.

« Encore la semaine dernière, le ministre (de l’Environnement, Jim) Prentice a reporté pour la troisième année consécutive la mise en place de la réglementation des plus importants pollueurs. Ça en dit long sur la position canadienne. »

Greenpeace a profité de l'occasion lundi pour manifester et dérouler une immense bannière sur les tours de l'église la plus connue d'Espagne, la fameuse Sagrada Familia.

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