L'objectif de trois livres par habitant n'est pas atteint à Montréal PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Éducation
Écrit par Jean-Michel Nahas   
Mercredi, 03 février 2010 18:28
Mise à jour le Mercredi, 03 février 2010 18:35

Malgré tous les efforts de l’administration Tremblay qui soutient avoir fait « un travail gigantesque » pour améliorer l’état et le contenu des bibliothèques de la métropole, seulement quatre des 19 arrondissements parviennent à rencontrer l’objectif de trois livres par habitant énoncé en 1998 dans une politique provinciale.

Ces chiffres sont ressortis lors de la dernière séance du conseil de ville, alors que la conseillère Élaine Ayotte de Vision Montréal a questionné le parti du maire sur les réalisations de son équipe dans ce domaine. Elle a souligné que 15 des 19 arrondissements ne répondaient toujours pas à l’exigence de la politique établie il y a 12 ans. Seuls Roxboro, Outremont, l’Île-Bizard-Sainte-Geneviève et Anjou s’y conforment, avec une moyenne de 3,38 livres par citoyen.

Une « insulte », selon la Ville

La mairesse d’Outremont et responsable de la culture au comité exécutif, Marie Cinq-Mars, a alors explosé, accusant la conseillère de l’opposition « d’insulter le travail gigantesque » abattu par sa formation.

« Il faut arrêter de dire des choses qui ne sont pas véritables sur Montréal. J’ai répliqué avec énergie à Mme Ayotte, parce que depuis 2002, nous avons fait beaucoup pour les bibliothèques », a affirmé l’élue d’Union Montréal, dans une entrevue avec Rue Frontenac.

Mme Cinq-Mars a tenu à rappeler que les heures d’ouverture des bibliothèques avaient connu une nette augmentation sous la gouverne de Gérald Tremblay, passant de moins de 40 heures dans 50 % des établissements à une moyenne de 53 heures réparties sur sept jours.

Le ratio de livres par habitant fait toujours défaut à Montréal d'après des chiffres dévoilés par l'Opposition. Photo d'archives

Ratio en augmentation, mais encore trop bas

Le bât blesse toutefois lorsqu’on s’attarde au nombre d’ouvrages per capita. Celui-ci s’établissait à 1,97 en 2004. Il est présentement de 2,25, une moyenne encore en deçà de l’objectif de trois établi par la Politique de la lecture et du livre qu’a adoptée le ministère de la Culture il y a 12 ans. Le nombre de bouquins manquant dans les bibliothèques de la Ville en 2004 était alors évalué à plus de 1,6 million.

« Il apparaît impératif […] que la Ville de Montréal augmente, dans le cadre de son plan de rattrapage, le nombre des collections du réseau des bibliothèques afin d'atteindre l'objectif visé par la politique », écrivait en mai 2006 la Commission permanente du conseil municipal sur le développement culturel et la qualité du milieu de vie.

Toujours selon un document de la Commission, il existe un lien entre le faible taux de fréquentation des bibliothèques chez les jeunes et l’abandon au secondaire.  « L'exemple de la ville d'Helsinki, en Finlande, fait réfléchir : on y observe un taux de décrochage scolaire avoisinant 0,3 % et l'un des taux d’emprunt de documents les plus élevés au monde », lit-on dans l’étude de l’organisme.

Nouvelles bibliothèques

L’administration Tremblay a déjà annoncé la construction de deux nouvelles bibliothèques dans les arrondissements Saint-Laurent et Rosemont et quatre autres doivent voir le jour dans un avenir rapproché, selon la mairesse d’Outremont.

Néanmoins, au cours de l’année 2008, le renouvellement des collections n’a pas permis de « réduire de façon significative » l’écart menant à la norme de trois livres par habitant, selon la porte-parole de la Ville, Renée Pageau.

« Le ratio de trois livres est difficile à atteindre, a convenu Marie Cinq-Mars. Nous allons y arriver de manière progressive. Avec les nouvelles bibliothèques à venir, plus de gens auront l’opportunité de louer un ouvrage. »

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Les dépenses prévues pour les bibliothèques ont fondu en 2010

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Objectif trois livres
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J’ai entendu dire (vrai ou faux je ne le sais pas) que les libraires retournaient les invendus à l’éditeur après un certain laps de tempset que celui-ci, faute d’espace adéquat d’entreposage envoyait le lot au déchiquetage.

Pour favoriser la lecture auprès des gens qui ne peuvent acheter en librairie et particulièrement auprès des jeunes, ne serait-il pas préférable de donner ces livres aux bibliothèques? Après tout, s’ils ont valu la peine d’être édités c’est parce qu’ils valaient la peine d’être lus.

À défaut, ils pourraient être vendus aux bibliothèques pour le prix du papier nécessité par leur fabrication. L’éditeur ne perdrait pas tout (et sauverait peut-être le coût du déchiquetage).

C’est par la lecture que le goût de la lecture se développe. Or tout le monde n’a pas les moyens d’acheter en librairie.
Gilbert Beaulieu , février 04, 2010

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