| Québec veut rehausser le taux de diplomation à 80% |
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| Nouvelles générales - Éducation | |||||
| Écrit par Jean-Philippe Pineault | |||||
| Mercredi, 09 septembre 2009 11:09 | |||||
| Mise à jour le Mercredi, 09 septembre 2009 20:13 | |||||
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Afin de garder 8000 jeunes de plus sur les bancs d’école, Québec investira 160M$ par année pour développer un plan pour contrer le décrochage scolaire qui prévoit entre autres l’instauration d’un maximum de 20 élèves dans les classes en milieu défavorisé au primaire et l’identification des jeunes à risque dès la garderie. Un plan «qui manque d’ambition» aussitôt décrié par des directeurs d’école et des enseignants.
La ministre de l’Éducation Michelle Courchesne a enfin dévoilé, mercredi matin, la très attendue Stratégie d’action visant la persévérance et la réussite scolaires, qui propose 13 voies de réussite pour freiner le décrochage. Augmentation des activités parascolaires, révision de la formation des futurs enseignants, valorisation de l’école; une kyrielle d’actions sera mise en place dans les prochaines années pour rehausser le nombre de diplômés chez des jeunes de moins de 20 ans à 80% avant la fin de la prochaine décennie. «C’est un grand coup de barre que Québec vient de donner», a commenté Jacques Ménard, président de BMO Groupe financier et président du Groupe sur la persévérance scolaire, ajoutant que «le décrochage scolaire pose des défis à toute la société et ses voies de réussite doivent aussi impliquer toute la société». Identification précoce Les spécialistes du décrochage s’entendent depuis des années sur le fait qu’il faut identifier les jeunes à risque et intervenir auprès d'eux le plus tôt possible. Le plan d’intervention annoncé mercredi prévoit que les commissions scolaires seront invitées à établir des liens directement avec les garderies afin de faciliter l’intervention des profs qui auront ces jeunes dans leur classe. «Il est très important de les dépister quand ils ont de 0 à 5 ans, d’avoir un diagnostic très précoce et de bien connaître les enfants qui présentent des facteurs de risque. Chaque commission scolaire devra être en lien avec tous les services de garde de son territoire pour qu’un dossier puisse être transmis du service de garde à la maternelle, pour que l’enseignant qui va accueillir ce tout-petit puisse déjà savoir quelles sont les difficultés pour pouvoir agir plus rapidement», a expliqué la ministre Courchesne.
Au cours des trois prochaines années, le nombre d’élèves par classe au primaire sera progressivement diminué, pour atteindre un maximum de 20 dans les classes défavorisées et de 26 dans les autres milieux. «Il faut que ce soit significatif dans ces milieux (défavorisés)», a dit la ministre de l’Éducation. Un repérage systématique des jeunes qui font le saut du primaire au secondaire sera également fait pour identifier les cas qui présentent des difficultés. Ceux-ci bénéficieront de services de mentorat. Quelque 200 enseignants-ressources seront embauchés «à court terme». 10M$ pour des activités parascolaires Pour intéresser les jeunes à l’école et développer leur sentiment d’appartenance, Québec allongera 10M$ pour offrir des activités parascolaires, sportives et culturelles. «Je sais que les jeunes qui jouent au football, au soccer, font du chant ou de la musique restent à l’école. On va soutenir les activités qui ont un lien avec le plan de réussite à l’école», a expliqué Michelle Courchesne. Des comptes à rendre Les commissions scolaires devront rendre des comptes. Le plan de Québec prévoit que chacune d’elles devra se fixer des objectifs «mesurables», notamment quant au nombre de diplômes obtenus, à la maîtrise du français et à la sécurité des établissements scolaires. Pour faire le suivi des résultats attendus, un «répondant de la persévérance scolaire» sera désigné dans chaque commission scolaire. Celui-ci devra faire le suivi et aider les directeurs d’école à mettre en place les projets nécessaires pour atteindre les objectifs fixés. Quelque 133 écoles – 69 écoles primaires et 64 secondaires – serviront à donner des indications sur la réussite du plan d’action, mais aussi à développer des pistes d’interventions. Rapport accueilli tièdement Le plan attendu de la ministre Courchesne n’a pas comblé toutes les attentes, plusieurs intervenants du monde de l’éducation indiquant être restés sur leur faim. C’est le cas de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement, qui a dénoncé «l’insuffisance de moyens adéquats pour l’école dans sa lutte au décrochage». L’organisme a par ailleurs critiqué les coups d’éclat politiques qui «consistent à lancer des plans d’action successifs, chacun ayant son lot de formulaires à remplir». La Fédération autonome de l’enseignement, qui représente 27 000 profs aux quatre coins du Québec, a pour sa part décrié le manque d’ambition du plan gouvernemental. Selon le syndicat d’enseignants, les actions mises en place ne ciblent pas le véritable problème: la pauvreté. «Alors que tous admettent le lien étroit qui existe entre les facteurs socioéconomiques et la réussite scolaire, aucune mesure n'est proposée pour améliorer le sort des familles et des élèves des milieux les plus défavorisés», a déclaré le président de la FAE, Pierre Saint-Germain. De son côté, la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, a accueilli favorablement le plan d’action, affirmant que «le gouvernement envoie le message clair que l’école est une priorité». La Fédération des comités de parents a aussi salué la baisse du ratio maître/élèves, l’investissement supplémentaire dans les activités parascolaires et les cibles précises en matière d’obtention d’un diplôme. À lire aussi : le blogue de Marco Fortier — Le décrochage? Wouain, bin, tsé, genre…
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