| L'infidélité en affaires lui coûte son emploi |
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| Nouvelles générales - Transport | ||
| Écrit par Valérie Dufour | ||
| Lundi, 01 mars 2010 16:43 | ||
| Mise à jour le Lundi, 01 mars 2010 19:12 | ||
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L’infidélité peut être coûteuse en amour, mais aussi en affaires. Une représentante des ventes de la compagnie Nestlé vient de l’apprendre à ses dépens. La dame a été congédiée pour avoir caché à son employeur qu’elle travaillait en douce comme agente immobilière.
La Commission des relations de travail vient en effet de donner raison à Nestlé Canada, qui reprochait à Nathalie Plante « d’avoir manqué à son obligation de loyauté et d’avoir rompu irrémédiablement le lien de confiance essentiel à l’exercice de ses fonctions ». C’est la dame elle-même qui avait porté plainte, jugeant la mesure disciplinaire abusive. Elle était à l’emploi de Nestlé depuis 2000 en tant que représentante aux ventes auprès des épiceries de la Rive-Nord. Elle passait le plus strict de son temps sur la route et elle jouissait d’un véhicule de fonction. Formation et omission En janvier 2008, Nathalie Plante décide de venir agente immobilière. Elle suit une formation et réussit son examen six mois plus tard. Le 18 juin, elle signe un contrat avec Remax-Laurentides. « Elle informe le directeur de l’agence que sa disponibilité est limitée aux soirs et fins de semaine, compte tenu de son emploi chez Nestlé », mais, sous les conseils d’une amie avocate, elle « n’informe pas son employeur de ses activités d’agente immobilière », peut-on lire dans la décision de la juge administrative France Giroux, datée du 9 février 2010. « De plus, ce deuxième travail, qu’elle effectue le soir ou la fin de semaine avec sa propre voiture, n’interfère pas avec celui qu’elle occupe de jour chez Nestlé. Elle qualifie son activité immobilière de loisir ou lui apportant un revenu supplémentaire », précise-t-on dans l’énoncé des faits. Mais voilà, les deux activités finissent par s’entrecouper. En octobre 2008, Mme Plante « fait paraître une demi-page de publicité dans le journal immobilier des Laurentides avec sa photo et (celle d’un collègue) ainsi qu’avec les photos de leurs propriétés à vendre ». Cette information ne passe pas inaperçue auprès de collègues de la dame, qui avertissent la direction de son double emploi. Enquête La direction de Nestlé accueille cette nouvelle avec surprise et décide, dans un premier temps, de vérifier les entrées de données de l’agenda électronique de son employée pour s’assurer que Mme Plante donne la priorité à son emploi chez Nestlé pendant la journée. Cet examen permet de déceler des irrégularités, notamment une visite effectuée chez un client à 10 h 30 mais dont les données n’ont été inscrites qu’à 15 heures. On retrouve également des cas où les données ont été entrées tard en soirée, ce qui n’est pas conforme avec la politique de la maison. Ces découvertes sèment un doute dans la tête des gens de la direction et ils décident d’entreprendre une enquête externe. « L’employeur a recours au service de détectives privés pour vérifier si la plaignante exerce ses activités immobilières pendant ses heures de travail et avec la voiture de service. Afin d’éviter une filature de plusieurs jours, l’employeur demande à l’enquêtrice de se présenter comme un client intéressé par l’une des propriétés de la plaignante et de solliciter directement une visite pendant les heures de travail », précise-t-on. Et c’est à ce moment que les choses se corsent pour Nathalie Plante. À deux occasions différentes, la représentante des ventes de Nestlé accepte d’effectuer des visites de propriétés pendant le jour et elle se rend à une de ces visites avec le véhicule fourni par Nestlé. Enregistrements compromettants La détective privée a déposé les enregistrements de ses deux conversations téléphoniques avec l’agente immobilière et les bandes prouvent que celle-ci n’a pas hésité un instant avant de prendre les rendez-vous pendant le jour. Il faut aussi noter que ces visites immobilières n’étaient pas mentionnées à l’agenda électronique de Mme Plante. En revanche, l’outil de travail indiquait à son horaire des visites dans des commerces desservis par le distributeur de produits alimentaires. Avec ces preuves en main, l’employeur a finalement confronté Nathalie Plante. La direction affirme que la décision de la congédier n’était pas encore prise avant cette rencontre, car on espérait que la dame admette sa faute et explique ses agissements. La représentante s’est plutôt refermée comme une huître quand on lui a demandé d’expliquer les irrégularités dans son agenda. « Si je le mets dans mon agenda, c’est ce que je faisais », a-t-elle répliqué à un cadre lui demandant d’expliquer ses activités pour deux dates données sans souffler mot, encore une fois, de son emploi d’agente immobilière. Cette attitude de déni convainc la direction de mettre fin au lien d’emploi. En bout de ligne, Mme Plante a contrevenu au code des affaires, à l’engagement de l’employé et à la politique d’utilisation du véhicule. À la fin de cette rencontre disciplinaire, un cadre lui remet donc une lettre de congédiement. Celui-ci témoignera devant la CRT qu’il était bouleversé, car il s’agissait « pour lui de congédier sa meilleure vendeuse ». Piège « La plaignante devine avoir été piégée, car les clients ne l’ont jamais rappelée […]. Elle soutient qu’il s’agit des seules visites faites pendant ses heures de travail et qu’elle n’avait jamais été confrontée à ce manque de disponibilité de la part d’autres clients », peut-on lire dans la décision de la Commission. Or, la juge Giroux n’a pas cru à cette version des faits. « Même si la plaignante n’avait fait les visites durant ses heures de travail qu’à deux seules occasions, il n’en demeure pas moins qu’elle a privilégié ses intérêts et récidivé alors qu’elle avait le choix de refuser ou de prendre congé. L’employeur a décidé de ne pas lui accorder une autre chance. La Commission ne peut, dans les circonstances, être plus clémente », écrit le magistrat. « En effet, en insistant sur le fait qu’elle demeure toujours aussi performante, que son activité n’est pas en concurrence avec celle de Nestlé et qu’elle reprend, voire excède de toute façon ses heures normales de travail, la plaignante raisonne comme si elle travaillait à son compte. Elle minimise la portée de sa conduite, ne reconnaît pas qu’elle est inappropriée et n’exprime aucun remords. Sa performance ne l’exempte pas d’agir selon les règles et politiques de l’employeur », ajoute la juge France Giroux.
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