Prevate admet avoir travaillé au Journal de Montréal le 1er novembre PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Enjeux
Écrit par David Santerre   
Mercredi, 03 février 2010 18:43
Mise à jour le Mercredi, 03 février 2010 20:01

Sylvain Prevate, rédacteur en chef du cahier Ici week-end, inséré dans le quotidien gratuit de Quebecor 24H, a admis devant la Commission des relations du travail (CRT) avoir travaillé dans la salle de rédaction du Journal de Montréal, qui était « coincé » par le manque d’effectifs, à l’occasion du dernier gala de l’ADISQ.

Un geste que le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM), dont les 253 membres sont en lock-out depuis le 24 janvier 2009, considère être une flagrante contravention à la loi québécoise anti-briseurs de grève.

Le commissaire de la CRT, Gaëtan Breton, a donc entamé ce mercredi l’audition de la preuve amassée par le syndicat contre l’employeur, dont une partie est pour l’instant couverte par une ordonnance de non-publication.

Sylvain Prevate, ex-journaliste et chef de pupitre surnuméraire au Journal entre 2002 et 2006, dit-il, a par la suite été promu rédacteur en chef de l’hebdomadaire culturel Ici, qui appartenait à Quebecor. Il était le premier témoin à être entendu.

« Le Ici a été transformé en supplément culturel du 24H, a-t-il expliqué. La forme a changé, mais c’est resté le même travail. »

Surcharge de travail

Puis, il a dû justifier sa présence, le 1er novembre dernier, soir de gala de l’ADISQ, entre les murs du 4545, rue Frontenac, l’édifice abritant les locaux du Journal de Montréal, dont il n’est pas employé. Une présence qui avait été remarquée par des syndiqués en lock-out.

« J’ai travaillé ce jour-là pour Le Journal de Montréal, à la demande de George Kalogerakis. Je ne connais pas son titre, mais c’est un cadre du Journal (NDLR : il en est le directeur de l’information) », a raconté Sylvain Prevate. Il dit avoir été contacté par Kalogerakis environ 10 jours avant le 1er novembre, par téléphone ou par courriel.

« Il m’a demandé parce qu’il y avait une surcharge de travail. Il n’y avait pas que le gala de l’ADISQ, il y avait aussi des élections municipales. Il se trouvait coincé et m’a demandé de venir m’occuper de la coordination des pages consacrées au gala de l’ADISQ », a-t-il poursuivi.

Titres et photos

Il a ensuite expliqué en quoi a consisté sa soirée de travail, qui s’est échelonnée entre 18h et 0h30 environ.

« Le travail consistait à prendre tous les éléments produits dans la soirée, les reportages, articles et textes des journalistes cadres, et des photographes cadres, et aussi sur les fils de presse, et m’assurer que les pages étaient montées correctement », a-t-il expliqué, précisant que les « journalistes cadres » affairés au gala ce soir-là étaient Michelle Coudé-Lord, directrice des arts et spectacles au Journal de Montréal, et Benoît Aubin, adjoint au directeur de l’information.

Il a aussi indiqué qu’il « faisait partie de mes tâches de modifier les titres dans les pages », ainsi que de décider quelle photo plutôt qu’une autre allait être mise en page ou retirée du montage, laquelle aurait plus d’importance qu’une autre. Il dit que c’est aussi lui qui avait avant la soirée établi quelle serait la structure des cinq pages attribuées à l’événement dans cette édition du Journal.

Il dit toutefois ne pas avoir lui-même assemblé les pages, que c’est un infographiste qui s’en est chargé.

Commentaires (4)

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En tout respect, c'est légal
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Je pense que vous ne voyez pas dans quel bateau il va vous emmener.
Comme il est cadre dans sa division, la loi anti-scab lui permet de faire du travail de cadre dans une autre division de son entreprise. C'est pour ça qu'il précise qu'il n'a pas réalisé les pages lui-même, mais qu'il a «supervisé» le travail.
Ça s'est déjà vu dans plusieurs grèves et lockouts.
Je vous parie que le juge va rejeter votre plainte.
Gervais , février 04, 2010
ah les gentils briseur de grève!
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Comment font-ils pour travailler à votre place ainsi et impunément pour le moment ?
Tels les vendeurs d'abonnement au jdM que l'ont voit dans les Zellers...
Merci à vous les scabs de nous maintenir dans la rue depuis plus d'un an! HONTE À VOUS !!!
Je suis le conjoint d'une téléphoniste-vendeuse qui a servi l'empire pendant 36 années de sa vie.

smilies/shocked.gif
michel ferraro , février 04, 2010
Comme dans un moulin
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À la lumière du témoignage de ce triste sire, il apparaît qu'au Journal de Montréal, c'est comme s'il n'y avait aucune loi anti-scab. Au fait, est-ce que le ministère du Travail existe encore ?
Charles Gagnon , février 04, 2010
Bas les masques!
0
Prevate, bas les masques!
scarletti , février 04, 2010

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