Un an sur le trottoir PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Enjeux
Écrit par Gabrielle Duchaine   
Samedi, 23 janvier 2010 21:59
Mise à jour le Dimanche, 24 janvier 2010 00:13

Le 24 janvier 2009 à 0 h 35 très exactement, un avis de lock-out était affiché sur la porte principale de l’édifice du Journal de Montréal. En quelques heures à peine, la nouvelle annoncée par quelques employés et par des médias qui avaient prévu le coup et qui attendaient sur place s’est répandue comme une traînée de poudre.

Un an plus tard jour pour jour, après des dizaines de manifestations, des appuis et des revers publics pour les deux parties, de complexes procédures judiciaires, des coups d’éclat et bien peu de négociations, rien n’a vraiment bougé. Voici les grandes lignes d’un conflit qui s’éternise.

24 janvier 2009 : Quebecor décrète un lock-out contre ses 253 employés syndiqués.

25 janvier 2009 : Première manifestation des lock-outés, de leurs familles et de confrères venus d’autres médias devant les locaux du Journal de Montréal.

28 janvier 2009 : Mise en ligne officielle du site Web d’information RueFrontenac.com.

31 janvier 2009 : L’ex-premier ministre Bernard Landry annonce qu’il quitte son rôle de chroniqueur au Journal de Montréal. Pour en savoir plus.

14 février 2009 : Le groupe Les Vulgaires Machins fait don de sa chanson Puits sans fond au Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM). Pour écouter la chanson.

17 février 2009 : Lancement d’un service de petites annonces sur RueFrontenac.com.

2 mars 2009 : Un sondage Ipsos Descaries révèle que les deux tiers des Québécois appuient la cause des employés en lock-out du Journal.

Photo d’archives Pascal Ratthé

4 mars 2009 : Rue Frontenac apprend que Le Journal de Montréal fait affaire avec une entreprise, Ikotel, qui n’a pas été enregistrée au Québec et qui emploie des travailleurs au noir dans le cadre d’une agressive campagne de publicité. Pour en savoir plus.

18 mars 2009 : Le chef du NPD, Jack Layton, demande, sans succès, au premier ministre Stephen Harper de retirer toutes les publicités des ministères, agences fédérales et sociétés de la Couronne des pages du Journal de Montréal. Pour lire sa lettre.

31 mars 2009 : Le STIJM dépose une plainte contre Quebecor, l’accusant d’avoir recours à des briseurs de grève pour remplir les pages de son quotidien de la rue Frontenac. Pour en savoir plus.

17 avril 2009 : La direction du Journal de Montréal obtient une injonction provisoire, qui sera légèrement adoucie par la suite, contre ses employés cadenassés. Elle leur interdit d’être plus de dix personnes devant chaque entrée de leur ancien lieu de travail, de manifester devant les résidences privées des dirigeants de Quebecor ou d’importuner les annonceurs du quotidien.

24 avril 2009 : La Commission des relations de travail statue que le Journal ne viole pas la loi anti-scabs en utilisant des textes d’autres organes de Quebecor pour remplir ses pages.

Photo d’archives Annik MH De Carufel

26 avril 2009 : Guy A. Lepage et Jean-René Dufort arborent les couleurs de Rue Frontenac lors du gala Artis, organisé par TVA. Le premier appuie publiquement la cause des lock-outés sur la scène en acceptant un prix. Pour en savoir plus.

5 mai 2009 : Conséquence directe du conflit, Le Journal de Montréal perd un contrat de publicité de 40 000 $ avec l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICEA), au profit de La Presse.

12 mai 2009 : Une étude d’Influence Communication révèle que le contenu publié dans Le Journal de Montréal entre décembre 2008 et avril 2009 a chuté de 29 %. Pour en savoir plus.

10 juin 2009 : Le ministre du Travail, David Whissell, demande une reprise des négociations au Journal de Montréal et rappelle que la loi du travail prévoit des « dispositions » lorsque l’une des parties fait preuve de mauvaise foi. Pour en savoir plus.

Photo d’archives Olivier Jean

14 juin 2009 : Une vingtaine de lock-outés quittent Montréal pour un périple d’une semaine à vélo jusqu’aux locaux du Réveil du Saguenay, aussi cadenassé par Pierre Karl Péladeau.

9 juillet 2009 : La Commission des relations de travail confirme l’utilisation d’un briseur de grève par Le Journal de Montréal. Le motivateur Guy Bourgeois a remplacé une journaliste pour faire des entrevues dans le cadre de la chronique Défi Diète. Pour en savoir plus.

22 juillet 2009 : Après six mois dans la rue, les lock-outés investissent les locaux du Journal et manifestent dans leur ancienne salle de rédaction durant quelques minutes. Pour en savoir plus.

4 septembre 2009 : Au lendemain d’une annonce de La Presse, qui a finalement accepté de dévoiler ses états financiers, le STIJM demande en vain à Quebecor d’emboîter le pas et d’ouvrir les livres. Pour en savoir plus.

22 septembre 2009 : Après une demande d’accréditation du Journal de Québec visant à augmenter le nombre de ses journalistes au parlement, la Tribune de la presse de l’Assemblée nationale décide d’empêcher tout groupe de presse dont une filiale est en grève ou en lock-out de dépêcher des reporters d’une autre filiale sur la Colline parlementaire. Pour en savoir plus.

Photo d’archives Olivier Jean

24 septembre 2009 : Rue Frontenac publie 50 000 copies d’une édition papier spéciale sur la saison à venir du Canadien de Montréal. Pour voir le PDF.

7 octobre 2009 : Les syndiqués adoptent à près de 98 % un cadre de discussion à proposer à leur employeur, cadre qui comprend des ouvertures importantes à l’égard des horaires de travail, de la question du multiplateformes et du multitâches, du régime de retraite et de la réduction des effectifs. Il est présenté au conciliateur au dossier le lendemain.

3 novembre 2009 : Quebecor poursuit le président de l’Assemblée nationale, Yvon Vallières, en Cour supérieure pour le forcer à accréditer les journalistes du Journal de Québec, ce que la Tribune de la presse a déjà refusé. Pour en savoir plus.

11 novembre 2009 : Le conciliateur Pierre-Marc Bédard présente à Quebecor le cadre de discussion voté par les syndiqués du Journal de Montréal un mois plus tôt. Par voie de communiqué, la direction du Journal qualifie l’initiative de « beaucoup de bruit pour rien ». Pour lire le communiqué.

13 novembre 2009 : Rue Frontenac lance une application pour iPhone.

Des lock-outés en discussion avec le député François Rebello. Photo d’archives Olivier Jean

24 novembre 2009 : Un groupe de lock-outés se rend à l’Assemblée nationale où il rencontre le ministre du Travail, Sam Hamad, pour le sensibiliser à la cause. Les députés François Rebello et Amir Khadir déposent une motion conjointe invitant les partis à négocier de bonne foi. Pour en savoir plus.

12 décembre 2009 : Deux équipes de Rue Frontenac participent aux 24 Heures du Mont-Tremblant et ramassent 5 720 $ pour les enfants malades. Pour en savoir plus.

15 décembre 2009 : Le STIJM dépose une plainte accusant l’ex-rédacteur en chef de l’hebdomadaire ICI Sylvain Prevate, maintenant employé du 24 Heures, d’avoir agi comme travailleur de remplacement au profit du Journal de Montréal devant la Commission des relations de travail. Le dossier est devant le tribunal.

Photo d’archives Luc Laforce

15 décembre 2009 : Les lock-outés manifestent devant l’imprimerie de Quebecor à Mirabel, retardant la distribution du Journal de Montréal et du 24 Heures de plus de cinq heures. Le journal Le Devoir, imprimé au même endroit, arrive aussi en retard dans les chaumières. Pour en savoir plus.

16 décembre 2009 : Quebecor obtient une injonction provisoire contre ses employés pour les empêcher d’entraver l’accès à ses propriétés, dont l’imprimerie de Mirabel. Pour lire l’injonction.

4 janvier 2010 : Rue Frontenac lance une version quotidienne à imprimer en format PDF.

5 janvier 2010 : Rue Frontenac lance « Les Amis de Rue Frontenac » comme nouveau mode de financement.

13 janvier 2010 : Le député de Mercier, Amir Khadir, remplit une promesse faite aux lock-outés quelques mois plus tôt et rencontre Pierre Karl Péladeau pour discuter du conflit. Pour en savoir plus.

14 janvier 2010 : Une équipe de Rue Frontenac s’envole vers Haïti pour y couvrir le désastre grâce aux dons du public.

24 janvier 2010 : Le Show du cadenas souligne le premier anniversaire du lock-out au Journal de Montréal. Richard Desjardins, Loco Locass, Louise Forestier, Tricot Machine, Christian Vanasse des Zapartistes et compagnie y participent bénévolement.

Commentaires (12)

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UN PÈRE QUI DOIT SE RETOURNER DANS SA TOMBE
0
Péladeau père doit regretter d'avoir mis au monde un tel petit homme. Bravo Frontenac et tenez bon. Mon conjoint et moi sommes avec vous et n'achètons plus le JOURNAL DE MONTRÉAL depuis le lock-out. Au plaisir de vous lire à nouveau. Bon courage!
marchidel , janvier 24, 2010
Devenez une pute indépendante!
0
Ben oui comme les travailleurs et travailleuses du sexe... dès fois on choisi de devenir indépendant! smilies/cheesy.gif

Faites le votre journal et on va l'acheter! Moi aussi quand je travaillais pour Quebecor... je disais me prostituée...

Prenez vos couilles à deux main et devenez indépendant!

Eh oui Québecor va perdre des annonceurs... Ce n'est qu'un début.
Amélie Jolie , janvier 24, 2010
Vidéotron 2010 et Vidéotron 2000 = deux univers
0
@Daniel Tardif

Oui bon, je veux bien, sauf que Vidéotron a entre-temps été complètement transformé, et pour le mieux.

C'est désormais un des plus grands investisseurs et créateurs d'emplois au Québec, et pas des emplois moches, loin de là.

Les syndicats de Vidéotron ont approuvé à 95% le renouvellement de leurs conventions collectives pour cinq ans au printemps dernier. On est bien loin des conflits de travail consécutifs au début de la restructuration et du virage client qui a suivi l'acquisition par Quebecor.

PKP a l'air d'avoir un certain flair, vu de même.

Quand tu renouvelles, bon an mal an, entre 15 et 25 conventions collectives, un ou deux lock-outs annuellement dans le lot, ça me semble quasiment normal, non? C'est moins que la marge d'erreur de la plupart des sondages.
sco100 , janvier 24, 2010
Triste anniversaire...
0
Oui, c'est un triste anniversaire... On ne peut que le déplorer. Je me souviens, il y a maintenant quelques années de cela, lorsque la famille Chagnon vendait vidétron, comment la société québécoise s'était mobilisée favorablement envers Québécor et son PDG. Les institutions québécoises (Société générale de financement, Caisse de dépôt et de placement et le Fond de la solidarité de la FTQ) ont facilité l'achat de videotron par PKP et ainsi bloqué l'accès aux autres acheteurs. Aujourd'hui, quand j'y pense, j'en ai un haut-le-coeur. J'espère qu'on retiendra de PKP son mépris des gens et surtout de ses employés. Comme le passé est garant de l'avenir j'espère qu'on y pensera deux fois avant de soutenir un tel personnage.

En attendant, je vous souhaite bon succès et surtout bon courage.
Daniel Tardif , janvier 24, 2010
AUX DIRIGEANTS SYNDIAUX SPÉCIFIQUEMENT,, , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
Tenir cinq minutes de plus !
0
Ça prend bien du courage pour endurer un tel conflit. Un an, c'est long ... et ce n'est pas encore terminé. C'est pourquoi vous devrez puiser profondément dans chacun de vous pour entreprendre cette deuxième année et gagner la bataille que vous menez, puisque comme le disait l'autre : "La victoire appartient à ceux qui tiennent 5 minutes de plus que les autres". On vous supporte de tout notre coeur !
Denis , janvier 24, 2010
Bon courage
0
Je crois pas que Peladeau va plier et de toute facon pour moi ce journal c'est bien fini, il y a d'autres media et j'aime beaucoup rue Frontenac qui n'est pas accessible a tous le monde par contre.

Je vous souhaite a tous de vous recyclez dans un autre media et continuer vos carrieres respectives avec succes, respect et bonheur, ce que vous n'aurez pas en retournant travailler pour ce tyran.

Bonne chance yves,
yves17 , janvier 24, 2010
Bon anniversaire
0
Bon premier anniversaire en souhaitant qu'il n'y en ait pas un deuxième...
Bonne chance!
Bernard Bujold
www.lestudio1.com
Bernard Bujold , janvier 24, 2010
Excellent papier. Exellent résumé
0
Appelle t'ont ça encore un papier ????

J'adore le ton de ce résumé de la première année de lock-out que je vie, comme vous le savez, comme le mari d'une lock-outé.
le résumé est clair, concis et non biaisé, il relate les faits.
Super avec tous les hyperliens vers les papiers auxquels il réfèrent!
Mercismilies/cheesy.gif:
michel ferraro , janvier 24, 2010
courage
0
Vous faite preuve de persévérance et de courage ne lacher pas.c est une bonne lecon que vous donner a M.PKP et ses joyeux SCABS les wanna BEE journaliste. Pour ma part je cotinue a vous encourager en refuse toujours les multiple tentatives de réabonnement et promotion gratose du journal de M.
zfm , janvier 24, 2010
Tite vie!
0
Suis un peu désespéré devant l'indifférence des Québécois à propos de ce conflit. Bah ... Tant qu'on peut suivre les téléromans de TVA, lire les revues à Péladeau et écouter Star Académie, Occupation double et Le Banquier ... Ouf!!

Je suis un chien qui ronge lo
En le rongeant je prend mon repos
Un tems viendra qui nest pas venu
Que je morderay qui maura mordu
(La légende du chien d'or)
Pierre Duhamel , janvier 24, 2010
Méfiez-vous
0
Juste un petit mot pour vous dire, sans prétention, de vous méfier de tout ces beaux discours car on fait toujours la pute pour quelqu un dans la vie. Bon courage!!!
Guy Brunet , janvier 23, 2010

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