Journal de Montréal — Les lock-outés soulignent un an de conflit PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Enjeux
Écrit par Gabrielle Duchaine   
Mercredi, 20 janvier 2010 16:21
Mise à jour le Jeudi, 21 janvier 2010 09:45

Deux millions de lecteurs pour RueFrontenac.com, un spectacle-bénéfice mettant en scène des artistes de renom et un énième appel à la négociation marqueront le triste premier anniversaire du lock-out au Journal de Montréal, dimanche prochain.

Depuis le 24 janvier 2009 à minuit trente-cinq exactement, les 253 journalistes, photographes, réviseurs, infographes, préposées aux petites annonces, employés de bureau et autres membres de l’équipe sont à la rue.

Malgré l’adversité, ils gardent la tête haute. « Mais ça reste difficile à vivre », a affirmé le président du syndicat Raynald Leblanc mercredi matin, lors d’une conférence de presse à laquelle ont assisté plusieurs médias et de nombreux lock-outés agglutinés au fond de la salle. « Il y a une perte d’identité, d’emploi, de revenu. Un lock-out, ce n’est pas anodin », a ajouté M. Leblanc.

Le président a admis à regret que c’est le silence radio entre son syndicat et les représentants de Quebecor. « Depuis le 11 décembre, on n’a aucune nouvelle », dit-il. Lors de cette ultime rencontre, les représentants patronaux lui auraient déclaré que « les parties sont à des années-lumière de se parler et qu’il ne sert à rien de s’asseoir », chose qu’il a été impossible de confirmer avec l’entreprise puisque la porte-parole, Isabelle Dessureault, n’a pas rappelé Rue Frontenac pour répondre à nos questions.


Des représentants de Rue Frontenac, dont le président du syndicat Raynald Leblanc (deuxième à gauche), ont dressé un bilan de la première année du lock-out au Journal de Montréal.
Photo Alain Décarie

« Au début du conflit, ils avaient environ 230 demandes. Dernièrement, ils nous ont plutôt dit qu’il faudrait déchirer la convention collective et recommencer à zéro », selon le président, qui s’inquiète pour l’avenir du Journal de Montréal. « Il va perdre sa crédibilité, sa signature avec toute la convergence qui remplit ses pages. À la fin du conflit, à quoi va-t-il ressembler et combien de vrais lecteurs (ceux qui payent pour le lire et qui ne le reçoivent pas gratuitement) va-t-il avoir ? »

Rue Frontenac à la rescousse

Cliquez ici pour une sélection de photos de l'événement.
Une galerie de photos de Benoit Pelosse et d'Alain Décarie

« Jusqu’à quand pouvez-vous tenir ? » a alors demandé une journaliste. « On n’a pas de date butoir », lui a répondu M. Leblanc, qui a révélé que l’argent gagné par Rue Frontenac pourrait bientôt venir en aide au fonds de défense. Le média, qui fêtera son premier anniversaire le 28 janvier, a accueilli deux millions de visiteurs différents depuis sa mise en ligne. Ceux-ci ont visité plus de 20 millions de pages avec une moyenne actuelle de 1,8 million par mois.

« Le site a été tout un défi pour nous. On a appris un nouveau métier, une nouvelle façon de travailler », explique l’un des coordonnateurs, Jean-Francois Codère. En un an, Rue Frontenac a presque vu son concept acheté par les employés du Globe and Mail, à la veille d’un conflit, il est devenu disponible sur iPhone avant canoe.ca, qui appartient à Quebecor, il a imprimé un cahier spécial sur le Canadien de Montréal et il est maintenant disponible en version PDF.

« Avant le conflit, le patron ne cessait de répéter qu’on ne voulait rien savoir d’Internet, rappelle M. Codère. On a prouvé que c’était faux. » Rappelons que Le Journal de Montréal vient tout juste de mettre en ligne son propre site Web, un an après ses employés en lock-out.

Les lock-outés du Journal de Montréal ont défilé, pancartes à la main, devant l'édifice de leur employeur sur la rue Frontenac. Photo Benoit Pelosse

Le Show du cadenas

Pour marquer le premier anniversaire du conflit, des artistes engagés ont accepté de donner un spectacle bénévole qui aura lieu dimanche à La Tulipe. Richard Desjardins, Tricot Machine, Loco Locass, Louise Forestier et El Motor ainsi que Jean-Sébastien Lavoie, de l’émission française La Nouvelle Star, seront de la partie dans un show animé par les Zapartistes.

« Ce n’est pas pour fêter, mais bien pour souligner l’événement ; pour se dire qu’on s’aime et qu’on est capable de continuer à se battre contre un empire extrêmement puissant », conclut Raynald Leblanc.

Commentaires (19)

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À bas le corporatisme et le néo-libéralisme !
0
LA convergence, soit en faire plus avec moins, la course avide aux profits et l'esprit du néo-libéralisme empeste ce lock-out. Bravo à votre initiative et vous prouvez hors de tout doute que le syndicalisme est toujours vivant.
Daniel Phaneuf , janvier 21, 2010
avoir plus
0
Pierre Karl desire faire comme les bonzes de Wall Street...avoir des rideaux en or dans sa douche,avoir 30 automobile, 2 avions et 10 maisons....c'est pas assez cave non????
et les syndicats ne sont pas bon selon lui...alors qu'il embauche des miliers de personnes pour travailler aux resources humaines toute en laissant un seul maillon de la chaine dicter s'il y a production ou non...quel con!!!!
pierre , janvier 21, 2010
Retraité
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Bravo la gang. On voit très bien que le fils n'a pas l'étoffe de son père.Je me souviens que M. Péladeau (père) vous avait mis au défit d'être plus performant que vos compétiteurs et que vous auriez les mêmes avantages. Il a tenu promesse. Il n'a pas oublié les efforts de ses employé(es) dans l'accomplissement de Québecor. Maintenant P.K.Péladeau se fait le défenseur des droits patronaux des années 1950. Quel recul... Si il n'arrive pas à régler les conflits internes de son entreprise il y aurait peut-être lieu de se questionner sur la façon de gérer son empire. Je connais bien des entreprises qui savent tirer profit du syndicat tout en respectant ses employé(es). Bonne chance pour le futur.
J.Alarie , janvier 21, 2010
@JF Coderre
0
il n'y a absolument personne ici qui se plaindrait si la façon de travailler au Journal se retrouvait à être inspirée de celle de Rue Frontenac (JF Coderre)
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Sauf qu'elle n'est pas rémunérée...ce que souhaite également PKF...Se retrouver sous le joug de PKP ou de Rue Frontenac, quelle est la différence! Une différence de salaire, sans doute!
Ray , janvier 21, 2010
bon courrage
0
je vous souhaite bon courrage et lâcher pas à la csn nous sommes une grande famille on va se serrer les coudres et vous appuyer à 100%

le président du syndicat du couvoir Ramsay
Benoit , janvier 21, 2010
le Web
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Bravo pour vos succès web. Votre journal est à l'origine de beaucoup de nouvelles majeures. 2M de visiteurs, 20M de pages consultées. Wow!

Comprenez-vous que c'est là que ça se passe? Le papier est en voie de disparition. Canwest fait actuellement faillite avec ses gros journaux. La Presse ne diffuse pas ses états financiers, mais ils seraient déficitaires. Ceux du devoir le sont aussi. Le monde des médias a changé et doit être redéfini.

Je ne connais pas exactement les enjeux de vos discussions, mais les conclusions devront être allignées avec le nouveau monde. L'internet, les blogues, Facebook, Twitter, la convergence des plateformes. C'est devenu ça le monde de l'information. Votre compétiteur se trouvait en Haïti avant le tremblement de terre. Il demeure à Moscou, en France, au Japon. Il sera toujours là avant vous et aura une meilleure couverture internationale. Même ici lorsque l'hélicoptère TVA s'est écrasé, tous les médias ont été en retard sur la compétition populaire. Elle était là avant que l'hélicoptère tombe. Dans l'autobus avec un i-phone à faire le premier vidéo de la nouvelle.

Les I-phone et Kindle sont des exemples du futur. Il faut embarquer, même si ça peut faire mal. C'est ce chemin ou pas de chemin. Et ce chemin si vous persistez dans le domaine de l'information vous pouvez d'ailleurs aussi bien l'emprunter avec Rue Frontenac que le JDM.
Alain , janvier 21, 2010
Vrai lecteur ?
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Vos demandes sont légitimes et l'attitude de Quebecor est loin d'être examplaire dans ce conflit. Cependant le modèle d'affaires des médias imprimés ne fonctionnent plus comme avant.

La venue d'internet a complètement transformé le paysage médiatique et ceci a affecté un très grand nombre de travailleurs dans plusieurs domaine (musiciens, photographes, illustrateurs, agents de voyages...) Malheureusement plusieurs de ces personnes ont vu leurs revenus diminuer ou disparaitre. Les journalistes n'y échapent pas non plus.

Dans votre cas, les deux parties devront mettre de l'eau dans leur vin pour que le conflit se règle.

J'ai une question par rapport à votre notion de "vrais lecteurs... ceux qui paient pour acheter le journal...) Est-ce que cela veux dire que je ne suis pas un "vrai lecteur" en lisant votre site gratuit ?
Louis Desilets , janvier 21, 2010
Pas de problème
0
@pg

Votre commentaire est intéressant. C'est certain que les façons de faire ne sont pas les mêmes qu'elles étaient au Journal. Mais soyez assurés d'une chose: il n'y a absolument personne ici qui se plaindrait si la façon de travailler au Journal se retrouvait à être inspirée de celle de Rue Frontenac!
J-F Codère , janvier 21, 2010
Tu t'es trompé de ring
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@pg

Toute la différence réside entre travailler pour sa propre satisfaction vs pour le profit d'autrui.

Faire plus avec moins (1) pour:
- Une cause en laquelle on croit
- Son propre bénéfice et celui de sa famille
- Sa propre satisfaction personnelle
est acceptable pour la grande majorité des gens.

Versus

Le faire pour accroître les profits d'une multinationale qui n'est pas en péril. Gains qui ne bénéficieront qu'à quelques uns dont la rémunération est rattachée directement à la croissance des profits...pas aussi motivant.

Il s'agit là d'un débat socio-économique qui revient à chaque période de crise économique lorsque les employeurs ont le gros bout du bâton.

(1) Euphémisme utilisé par les entreprises pour demander aux employés de donner plus de leur énergie en échange d'une rémunération moindre. Ce qui équivaut à une importante baisse du salaire réel.
RAnnieB , janvier 21, 2010
Pourquoi , Ce commentaire est noté comme non-intéressant. [Afficher]
Bonne fête!
0
Bonne fête! Un an dans la rue, c’est beaucoup. Je reprends le mot du philosophe allemand : « Si on ne meurt pas, on est plus fort ». Si P.K. a appris à faire un journal sans journaliste, vous avez appris à survivre. C’est beaucoup. Vous savez certainement très bien maintenant ce qui viendra après les médias de papiers. Et cette expertise vous appartient. Courage. Continuez comme si tout s’était effondré. Pas de retour en arrière. Pas de nostalgie. En avant.
Yvan Plante , janvier 21, 2010
Arme à deux tranchants
0
Grâce à votre publication 'Rue Fontenac' vous démontrez, hors de tout doute, qu'il est possible de faire beaucoup avec peu.

Cependant, le modèle d'affaire que vous avez élaboré pour votre publication est semblable au modèle que Québecor veux vous imposer. Flexibilité, Efficacité, moins de contrainte, Partage de contenant et contenu entre les membres.

Vous vous tirez une balle dans le pied les amis. C'est exactement ce que Québecor essaie de prouver: Il est possible d'en faire plus avec moins. Et vous le faites sans être salarié!

En fait, Québecor cherche à vous imposer un modèle d'affaire que vous refusez mais que vous avez intuitivement adopter pour la survie de votre cause.

C'est juste mon opinion, et ca vaut ce que ca vaut.

Bonne Chance à tous
pg , janvier 21, 2010
Bon courage.
0
Bon courage à vous, félicitations pour votre journal, RueFrontenac.com, que je trouve super. J'espère que les Québecois finiront par comprendre qu'ils pourraient faire une différence dans ce conflit en étant solidaires.
Lachez pas.
Normand Béliveau , janvier 21, 2010
Clin d'oeil
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À vous toutes et tous, BON COURAGE.
Ayant vécu une grève en 1975 dans les mines d'amiante de Thetford Mines, je peux vous dire que nous sommes de tout coeur avec vous, que nous comprenons ce que vous vivez actuellement et que sincèrement nous pensons à vous tous les jours.
Je sais bien que nous ne pouvons rien faire d'autre pour vous aider que de ne pas acheter Le Journal de Montréal et je peux vous confirmer que c'est notre position. Nous ne pouvons que vous donner notre appui moral, et croyez bien que nous le ferons jusqu'à la fin avec vous.
Restez pacifiques, c'est la seule façon de vous entraider.
Nous sommes réellement peinés de votre situation.
Colette Leclerc, soeur de Mario Leclerc
Thetford Mines
Colette Leclerc , janvier 21, 2010
Lâchez pas
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Je suis 100% avec vous. Je sais que c'est facile à dire, mais que c'est vous qui jour après jour vivez cette réalité. Je ne peux que vous appuyer en parlant de vous et en disant aux gens de ne pas lire le J de M. Je vous envoie plein d'ondes positives.
Bravo pour Rue Frontenac, j'adore ce journal.
Linda. L , janvier 21, 2010
Le Journal de quoi encore ?
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Tout ce que cette lectrice assidue de Rue Frontenac, qui n'a que rarement lu Le Journal de Montréal de sa vie et ne l'a jamais acheté, vous dit est MERCI !!!

Merci de votre initiative, de votre professionnalisme et de ce côté humain qui est présent dans Rue Frontenac et que je ne vois pas dans les médias écrits traditionnels.

Non seulement avez-vous appris comment manier un nouveau média, je crois que vous avez compris comment transmettre les nouvelles et informations d'intérêt à une échelle humaine plutôt que corporative. En fait, vous l'avez probablement toujours su mais n'étiez pas dans un environnement propice à son application.

Mon voeu pour 2010 est que Rue Frontenac persiste suite à la résolution du conflit de travail que vous vivez présentement.
RAnnieB , janvier 21, 2010
Courage!
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Ne lâchez pas, on est derrière vous à 100%! Et je suis devenue une "amie" de Rue Frontenac spécialement pour vous encourager encore plus à vous battre et ne pas vous laisser impressionner. Courage mes amis, courage! Je connais certains d'entre vous personnellement, à vous, je vous embrasse bien fort!
Bella Sylvie , janvier 21, 2010
Lâcher pas la Patate gang !
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Lâchez pas! Il y a des millions de gens avec vous et pour vous qui vous soutiendront encore longtemps!
michel ferraro , janvier 20, 2010
Bravo
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Je tenais à vous souligner que vous faites un excellent travail. Enfin, nous avons l’occasion de lire des nouvelles et reportages informatifs, et surtout, tout cela de façon OBJECTIVE !!! Je n’ai aucun souvenir d’avoir lu des articles aussi objectifs, peu importe la plateforme de nouvelle actuelle, que ce soit avec Quebecor ou tout autre magnat de la presse. À la limite, vous me trouverez peut-être un peu ‘’plate’’, mais je souhaite presque que vous ne retourniez jamais travailler avec eux. Enfin, on peut se forger une opinion nous-mêmes, et non se faire dicter la façon de penser de PKP…

Continuez à vous battre, et longue vie à RueFrontenac.com
Miky , janvier 20, 2010

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