Saïd Namouh: un cyber-jihadiste hyperactif PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Justice
Écrit par David Santerre   
Mercredi, 18 février 2009 19:55
Mise à jour le Lundi, 16 mars 2009 19:55
À en croire la spécialiste américaine Rita Katz, le présumé terroriste de Maskinongé Saïd Namouh était un cyber-jihadiste hyperactif, l'un des plus dévoués de l'organisation Global Islamic Media Front (GIMF). La cofondatrice du SITE Intelligence Group, une entreprise américaine qui traque les terroristes sur Internet, la petite femme toute menue qui déambule au palais de justice de Montréal flanquée de gardes du corps témoigne ces jours-ci au procès de Namouh.

Ce Québécois d'origine marocaine avait été arrêté en septembre 2007 dans son appartement de la petite municipalité de Maskinongé, en Mauricie, à la stupeur générale des villageois.

L'enquête qui a mené à son arrestation avait été déclenchée après la diffusion en Autriche, le 8 mars 2007, d'une vidéo où un présumé complice de Namouh, Mohamed Mahmoud, proférait des menaces d'attentat contre l'Autriche et l'Allemagne. L'enquête révélait que le film avait été mis en ligne sur Internet par un dénommé Ashraf, qui ne serait nul autre que Saïd Namouh.

Rôle important

Petit à petit, les enquêteurs ont acquis la certitude que Namouh jouait un rôle important au sein du GIMF, une organisation chargée de diffuser sur le Web la propagande de nombreux groupes endossant la philosophie d'Al-Qaïda et d'Oussama ben Laden. Il aurait participé à la mise en ligne, entre autres, d'un film portant sur l'enlèvement, dans la bande de Gaza, du journaliste de la BBC Alan Johnston, ainsi que des testaments vidéo de pirates de l'air du 11 septembre 2001. En l'espionnant lors de séances de clavardage et en écoutant ses conversations téléphoniques, les enquêteurs l'entendaient aussi faire l'éloge du terrorisme et nourrir le souhait de mourir en martyr pour la cause islamiste.

Mercredi, Rita Katz a entamé la présentation d'un film intitulé Jihad Académie, où l'on voit divers attentats commis en Irak par les fidèles d'Al-Qaïda.

«Il était l'un des membres les plus dévoués du GIMF», a affirmé Mme Katz devant le juge Claude Leblond mercredi.

Namouh, alias Ashraf, n'avait jamais assez de travail à son goût et ne se gênait pas pour vociférer contres ses compatriotes, qu'il considérait comme trop paresseux, lit-on dans un rapport de Rita Katz déposé en preuve.

«Ce retard injustifié est quelque chose que je ne peux accepter, et tu n'as aucune excuse pour ce retard. Si tu ne réponds pas, je vais devoir me plaindre aux frères du conseil. C'est la volonté de Dieu», aurait écrit Namouh à un certain Ahmad Jaballah, qui tardait à lui acheminer les liens vers des vidéos qu'il désirait mettre en ligne.

Mais ce dernier lui a répondu qu'il refusait d'obtempérer à ces ordres militaires: «Le GIMF demande de la coopération, pas des ordres puisqu'ils ne sont pas dans l'armée.»

Ces différends font d'ailleurs dire à Rita Katz que Namouh était si dévoué à sa cause qu'il entreprenait visiblement des projets en solo, sans la collaboration d'autres supporteurs de la cause jihadiste.

Commentaires (0)

Flux RSS pour les commentaires

Affichez les commentaires

Ecrivez un commentaire

Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

busy
 

Aussi sur Rue Frontenac - Nouvelles