Le procès de Saïd Namouh s'ouvre PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Justice
Écrit par David Santerre   
Lundi, 02 février 2009 22:15
Mise à jour le Mercredi, 25 février 2009 21:24

Saïd Namouh, un Québécois d'origine marocaine qui aurait participé aux activités de groupes terroristes proches d'Al-Qaïda, entre autres en produisant sur le Web une vidéo en marge de l'enlèvement d'un journaliste britannique dans la bande de Gaza, a vu son procès s'amorcer hier au palais de justice de Montréal.

L'arrestation en septembre 2007 de cet homme de 36 ans accusé de terrorisme, à son domicile du village de Maskinongé en Mauricie, avait laissé pantois les résidants qui ne croyaient pas que leur petite bourgade tranquille pouvait abriter un disciple d'Oussama ben Laden.

Mais selon la preuve amassée par la GRC, qui sera dévoilée en entier dans les trois semaines à venir devant le juge Claude Leblond, Saïd Namouh «était un membre actif du Global Islamic Media Front (GIMF)», a insisté hier un des procureurs fédéraux au dossier, Me Dominic Dudemaine.

Le GIMF, qui ne fait pas partie des organisations terroristes bannies par le Canada, serait en quelque sorte un des organes de relations publiques
d'Al-Qaïda.

 

Le logo du Global Islamic Media Front
 

Selon la Couronne, Namouh a participé en tant que membre du GIMF aux activités du groupe «Army of islam», dans le cadre du kidnapping du reporter de la chaîne de télé britannique BBC, Alan Johnston, le 12 mars 2007, dans la bande de Gaza. Ce journaliste, le dernier des correspondants permanents dans cette région, était libéré le 4 juillet suivant.

C'est que le GIMF a produit plusieurs vidéos dans le cadre de cet enlèvement, dont une de revendications diffusée sur le Web le 9 mai 2007.

«Mohammed Mahmoud et Saïd Namouh ont joué un rôle de premier plan, pour le GIMF, dans le montage du message de revendication du 9 mai 2007», a ajouté Me Dudemaine.

Leaders islamistes radicaux

Namouh aurait en outre participé à la diffusion des messages ou communiqués des dirigeants de leaders islamistes radicaux comme «Ayman Al-Zawahiri, Abu Musab Al-Zarqawi et Abu Musab Al-Suri ainsi que des icônes du groupe, notamment Ahmed Al-Haznawi et Saeed Al-Ghamdi, deux des individus ayant participé aux attentats du 11 septembre 2001 qui ont enregistré des testaments avant l'attaque», a énuméré le procureur.

On l'accuse aussi d'avoir participé avec son complice Mohammed Mahmoud, arrêté à la même période en Autriche où il résidait, d'avoir planifié un attentat contre ce pays ou l'Allemagne.

Selon l'écoute électronique et l'espionnage des courriels et séances de clavardage auxquels participait Namouh sous l'alias Ashraf, la GRC affirme
que Namouh et Mahmoud avaient planifié de se rencontrer en Europe à l'été 2007. Ils devaient y parler explosifs et armes à feu selon la police.

Ils ont même diffusé sur le Web une vidéo de menaces contre l'Allemagne et l'Autriche qui aurait semé la peur dans ces pays, au grand plaisir du duo.

Martyr

La preuve amassée par la GRC semble aussi vouloir démontrer que Namouh nourrissait l'espoir de mourir en tant que martyr au nom de la cause
islamiste.

«Je cherche un autre travail qui aurait l'odeur du terrorisme», indique Namouh à un interlocuteur dans une conversation de juillet 2007. Ce à quoi l'autre répond de patienter, «prochainement je te donnerai un travail qui te satisfera».

«Le terrorisme est dans notre sang et avec notre sang nous allons noyer les méchants, si Dieu le veut», aurait dit Namouh lors d'une autre discussion interceptée.

«Vraiment mon cher frère, mon grand rêve est de faire le martyr à tes côtés», aurait-il déclaré à une autre occasion à son complice Mahmoud.

Peu de temps avant son arrestation, Namouh semblait craindre que la police s'intéresse à ses activités.

«Je n'ai rien contre moi, même si quelqu'un leur aurait (sic) dit que je suis un terroriste, j'ai déjà détruit tout ce que j'ai chez moi», a-t-il un
jour lancé à Mahmoud.

«Au nom d'Allah si la police entre ici, ils vont me capturer en plein crime flagrant délit (sic)», dit Namouh à un interlocuteur au téléphone, ce qui
les fera pouffer de rire.

En défense, Me René Duval admet à peu près tous les éléments de preuve déposés à l'encontre de son client. Il semble que le point central de son argumentation sera la liberté d'expression, que garantit la Charte canadienne des droits et libertés.



Commentaires (1)

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Charte des droits & liberté !
0
Ha! Cette fameuse charte des droits & liberté trudeauiste! smilies/cool.gif
G.Cormier , février 03, 2009

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