Exclusif — Les provinces et les municipalités financent pour 45 M $ de publicités conservatrices PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Politique fédérale
Écrit par Mathieu Bélanger   
Mercredi, 04 novembre 2009 18:40
Mise à jour le Mercredi, 04 novembre 2009 19:05

OTTAWA - Le gouvernement conservateur de Stephen Harper refile aux provinces et aux municipalités bénéficiant du programme fédéral d'infrastructure la facture pour la production de milliers de pancartes servant à vanter son plan de relance des infrastructures.


Les conservateurs ont eu une fois de plus aujourd'hui à se défendre d'utiliser les fonds publics à des fins partisanes et électoralistes.

Tel que le rapportait RueFrontenac.com plus tôt dans la journée, le programme d'infrastructure mis sur pied par Ottawa pour relancer l'économie canadienne renferme des exigences inhabituelles de nature publicitaire liées à l'obtention du financement.

De fait, le gouvernement conservateur exige des villes et provinces qu'elles paient leur part de la confection, de l'impression et de l'installation des énormes pancartes publicitaires gouvernementales qui poussent comme des champignons aux quatre coins du pays devant les chantiers financés par Ottawa.

Comme les municipalités, les provinces et le fédéral financent souvent chacun un tiers des projets d'infrastructure du plan de relance, les pancartes du fédéral sont en bout de ligne payées aux 2/3 par les municipalités et les provinces, note le député libéral, Marcel Proulx.

« Les conservateurs forcent les municipalités à faire à leur place le sale boulot de propagande », ajoute-t-il.

Un projet, deux pancartes

L'annexe des accords du Fonds de relance avec l'Ontario, mis en ligne sur le site du Parti libéral du Canada (PLC), indiquent clairement que les municipalités et provinces doivent aussi produire une deuxième pancarte, de grosseur identique à celle du fédéral, entièrement à leurs frais, faisant la promotion du même projet. Cette deuxième pancarte prend place juste à côté de la première pancarte, celle du fédéral.

Le Parti libéral estime à plus de 45 millions $ les dépenses engendrées par cette « propagande conservatrice » que doivent assumer les villes et les provinces.

Un guide strict

Le Guide stylistique de la signalisation des projets, un document très strict fourni par le fédéral, énonce clairement les attentes du gouvernement conservateur envers ses partenaires. Il donne les indications que doivent suivre les villes et les provinces dans la confection des pancartes publicitaires.

« Le panneau choisi doit être proportionnel à la portée et au coût du projet, peut-on y lire. Un projet auquel 10 000 $ ont été alloués devrait être présenté sur un panneau de taille modeste, tandis qu'un projet de construction ou de réfection d'un pont dont la valeur totale serait évaluée à des centaines de milliers de dollars ou de millions, exigerait un panneau plus gros bien visible. »

Rien n'a été laissé au hasard par le gouvernement fédéral pour promouvoir ses projets. De la palette des couleurs permises aux différentes formes des pancartes en passant par les mots qui doivent y apparaître et leur emplacement, tout y est.

Dans son édition d'hier, Le Devoir rapportait qu'environ 2 500 pancartes ont déjà été installées au Canada et que 4 000 autres ont été commandées. Selon le quotidien, chaque enseigne coûte entre 800 $ et 7 000 $.

« C'est une question de gouvernance, c'est du gaspillage d'argent, accuse M. Proulx. Le gouvernement a dépensé 8,5 millions de dollars pour informer la population sur la grippe A (H1N1), un dossier qui touche la vie des gens. Il se retourne et en dépense cinq fois plus pour sa propagande, pour des pancartes qui ne sont pas du tout nécessaires. En plus, à la fin, c'est le pauvre citoyen qui finit par payer toutes ces pancartes, et en double en plus. »

« Pour informer les Canadiens »

La réplique du ministre des Transports, John Baird, n'a convaincu personne. « Les municipalités et les provinces sont des partenaires et nous avons la responsabilité de faire rapport aux Canadiens, a-t-il affirmé à la Chambre des communes. La transparence est la marque de notre gouvernement et nous trouvons important d'informer les Canadiens sur les investissements que nous faisons. »

Notant au passage le registre des lobbyistes et la Loi sur le financement des partis politiques, M. Baird a ajouté que le gouvernement conservateur est « le plus éthique de l'histoire du pays ».

Le député néo-démocrate d'Outremont, Thomas Mulcair, voit dans les exigences publicitaires d'Ottawa rien de moins qu'un deuxième scandale des commandites. « Quatre ans jour pour jour après que Stephen Harper eut affirmé que les choses allaient être différentes sous un gouvernement conservateur, que l'époque du scandale des commandites servant à l'autopromotion était terminée, on voit une chose : les magouilles des libéraux ont fait place aux magouilles des conservateurs », lance-t-il.

Comme les libéraux à l'époque, les conservateurs ont cessé de faire la différence entre l'argent du parti et l'argent de la population, poursuit M. Mulcair. Ils disent qu'ils font ça pour informer le public, mais en réalité, ils ne font que voler l'argent des contribuables pour financer leur partisanerie politique éhontée. Ils ont en plus le culot d'en faire une condition pour obtenir du financement. »

Commentaires (5)

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Hostie
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Chu donc tanné de me faire entuber par des politiciens pourris...
Alain Michaud , novembre 05, 2009
Bullshit!
0
Le boeuf de l'ouest veut encorner les électeurs avec ses pancartes commandites payées par le peuple. On dirait Jean Chrétien sans la yeule croche mais avec une bedaine. Blanc bonnet et bonnet blanc c'est du pareil au même, quand est-ce
qu'on fout le camp du Canada? Et le prince au grandes oreilles qui arrive après l'halloween avec sa vierge de 72 ans oh!la la quelle semaine.
Danielle , novembre 05, 2009
Encore
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Ça ressemble un peu au scandale des commandites ça.
Marianne , novembre 05, 2009
Les scandales du genres sont chose courante maintenant.
0
Félicitations à rue Frontenas car sans vous on se connaîtrait pas ce nouveau gaspillage de nos argents. Les politiciens doivent recevoir une correction car ils considèrent l'Électeur comme un valet à leur service. Les membres du NDQC ( Les Nouveaux Démocrates du Québec) demandent depuis le début que l'on change le mandat d'un député pour légalement le forcer à répondre aux besoins et directives de ses électeurs et non d'être un pantin au service politique de son parti. Au www.ndqc.ca on peut y lire que le changement passe par les électeurs Merci rue Frontenas d'être notre seul vrai rempart contre le MUR politici-administratif.
Gabriel Biron
Gabriel Biron , novembre 05, 2009
Hollyween
0
Tien un scandale de commandite déguisé !!!

Stephane Coté , novembre 05, 2009

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