| Enquête – Benoît Labonté a été aidé financièrement par Tony Accurso |
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| Nouvelles générales - Élections municipales | |||||
| Écrit par Fabrice de Pierrebourg | |||||
| Jeudi, 15 octobre 2009 22:07 | |||||
| Mise à jour le Dimanche, 18 octobre 2009 08:49 | |||||
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Le maire de Ville-Marie, Benoît Labonté, aurait reçu en 2008, après qu’il eut sollicité son aide, plus d’une centaine de milliers de dollars de Tony Accurso, et ce au moment où il entamait sa course à la direction de Vision Montréal.
Cette histoire pourrait porter comme titre L’Arroseur arrosé. Il y a quelques jours, RueFrontenac.com a révélé en exclusivité que Benoît Labonté avait rencontré à sa demande à la mi-mars 2008, dans un restaurant du Vieux-Montréal, le puissant homme d’affaires Tony Accurso. Une poignée de convives, dont nous connaissons les noms, étaient assis autour de la table ce lundi-là, incluant un proche collaborateur de Benoît Labonté. Une de nos sources nous a spécifiquement indiqué qu’il n’y avait aucun problème à ce que nous dévoilions qu’elle était présente ce jour-là. Restait à établir la raison de cette rencontre privée entre celui qui, à l’époque, rêvait de déloger Gérald Tremblay et l’important homme d’affaires. Les informations que nous avons obtenues auprès de plusieurs sources crédibles laissent entendre que, à l’issue de ce fameux repas, Benoît Labonté aurait sollicité devant témoins une aide financière conséquente à Tony Accurso pour sa future course à la direction. Une course qui s’annonçait déjà coûteuse. Avant de se lever de table, puis de payer la note, Accurso aurait accepté de donner un coup de pouce à l’aspirant maire. Un premier versement aurait ainsi été remis par chèque dans les jours qui ont suivi à un proche de l’organisation de Benoît Labonté, qui l’a ensuite fait transiter à qui de droit.
Montant en liquide L’ex-chef de Vision Montréal aurait à nouveau sollicité l’entrepreneur dans les semaines qui ont suivi, entre autres parce qu’il avait de la difficulté à honorer certaines factures, nous dit-on. Cela incluait notamment les honoraires d’un membre de son organisation qui a quitté le parti depuis. Il faut dire que Labonté avait mis le paquet pour cette course qui a commencé et s’est terminée chaque fois de la même façon, c’est-à-dire par un show, jugé par certains «délirant», «pharaonique», «digne de Sarkozy», (!) tant à la SAT en mars 2008 qu’à la TOHU au mois de mai suivant. Ceux qui y assistaient se remémorent encore la scène circulaire entourée d’écrans au plasma géants au milieu de laquelle Labonté a prononcé ses discours. À cela, il faut ajouter son local de campagne au 800, boulevard de Maisonneuve Est, loué pendant trois mois dans un immeuble appartenant à la firme Busac. Six personnes travaillaient dans ces locaux. Son comité de campagne à l’époque était dirigé par le libéral fédéral Yves Lemire, qui est retourné rapidement en politique fédérale à Ottawa. Un deuxième montant aurait été versé en liquide dans une enveloppe plutôt que par chèque. L’enveloppe aurait transité par au moins deux intermédiaires, dont un homme de confiance du maire de Ville-Marie.
Combien au total? Combien Benoît Labonté aurait-il reçu au total de Tony Accurso? Une somme dépassant la centaine de milliers de dollars, si l’on en croit le montant avancé par nos sources. Et l’une d’elles de préciser en ces termes diplomatiques: «Tous ces gens d’affaires ont besoin de maintenir leur position sur la scène municipale.» Dans notre précédent article sur ce même sujet, nous expliquions qu’en théorie, il n’y a aucune règle ni limite dans le financement des courses à la direction. Sauf si le parti décide au contraire que l’on va appliquer les règles déjà en vigueur pour les élections municipales et provinciales, avait-on expliqué chez le DGE du Québec. C’est exactement ce qui avait été décidé à l’époque de cette rencontre par Vision Montréal. «Tony ne connaît pas la poutine des partis, résume dans un langage imagé un de nos informateurs. Mais les politiciens comme Labonté, eux, doivent connaître les règles du jeu.» Dépenses du candidat payées par le parti Plus on approchait du couronnement de Benoît Labonté au mois de mai suivant, plus il y a eu une frénésie de dépenses, ont confirmé plusieurs ex-membres haut placés du parti. Au final, c’est le parti Vision Montréal qui a payé la note. Qui a avancé les fonds, pour être plus exact. La garde rapprochée de Labonté leur avait fait miroiter que l’entrée en scène de Benoît Labonté entraînerait une vague de soutien significative de la part de la population, donc, par ricochet, des entrées d’argent conséquentes estimées à près de 200 000$. L’exécutif du parti s’est résigné à intégrer l’ensemble dans ses dépenses d’exploitation et a terminé l’année 2008 avec un déficit de 88 000$. Même s’il existait, selon les témoignages recueillis, un compte spécifique «Course à la chefferie Benoît Labonté», le rapport financier du parti indique seulement une somme de 124 153$ pour les «Frais de congrès et de réunions», sans plus de détails. Certaines autres factures de l’équipe Labonté ont aussi été intégrées dans le poste «Honoraires» (307 000$ au total). Aujourd’hui, certains attendent toujours d’être payés pour les services rendus cette année-là. Lorsque joint au téléphone, Tony Accurso a nié sans grande énergie avoir rencontré en privé, et encore moins financé, Benoît Labonté. Nous avons tenté de parler à nouveau à monsieur Accurso ces derniers jours. Il ne nous a pas rappelé, malgré la dizaine de messages laissés dans sa boîte vocale personnelle. «Tony Accurso n’a jamais contribué ni à ma campagne, ni à Vision Montréal», a affirmé pour sa part Benoît Labonté. Il a de plus ajouté que son parti avait fait «respecter à la lettre» les règles concernant le financement de la course à la direction. «Je veux bien croire que tous les coups sont permis en campagne électorale, mais c’est de la fabulation pure et simple…» a-t-il répondu avec fermeté lorsque RueFrontenac.com a évoqué le versement de plusieurs sommes. Il a aussi refusé de montrer son agenda pour le mois de mars 2008. Un secret de Polichinelle Juste après cette entrevue, Benoît Labonté a fait parvenir à l’auteur de ces lignes, avec copie conforme à la rédaction, une mise en demeure dans laquelle ces faits sont niés «catégoriquement». Il est aussi mentionné que monsieur Labonté n’aurait croisé qu’une seule fois, «quelques secondes», Tony Accurso, et ce dans un événement organisé en 2006 par Union Montréal, son ex-parti. Pourtant, ce repas était loin d’être un secret de Polichinelle dans l’entourage proche du maire. Dans les jours qui ont suivi, un proche de Benoît Labonté présent autour de la table, certainement victime de son enthousiasme, nous a-t-on dit, ne cachait pas sa satisfaction que des liens aient pu être noués avec Accurso. Absent lors de ce fameux repas de la mi-mars, Michel Petit, membre de longue date de la garde rapprochée de Benoît Labonté, organisateur de ses «grands» événements et considéré aussi comme un percepteur de fonds à ses heures, nie aussi avec énergie que Tony Accurso ait été «mêlé de près ou de loin» au financement: «Je n’ai jamais entendu son nom dans les événements.» La conversation s’est terminée abruptement après lui avoir demandé s’il ne se souvenait pas d’avoir vu passer une enveloppe remplie d’argent: – «D’aucune façon, monsieur. Au revoir.» Michel Petit, que Benoît Labonté a déjà présenté comme son conseiller bénévole, est toujours en poste aujourd’hui. C’est lui qui est chargé de mener à bien le projet d’exposition universelle à Montréal en 2020. Mais en même temps, sa compagnie, CMI Inc., a conclu depuis novembre 2006 plusieurs contrats auprès de l’arrondissement. Quant à Louise Harel, candidate à la mairie pour Vision Montréal, elle a fait dire par son attachée de presse qu’elle ne souhaitait pas nous parler. À lire également : • Benoit Labonté nie tout et menace de poursuivre • Mystérieuse rencontre « privée » entre Tony Accurso et Benoît Labonté • Rencontre avec Accurso – Labonté persiste et signe • Rencontre « privée » Accurso-Labonté : nouvelles révélations
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Commentaires (17)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires Louise Harel savait
Source: http://projetmontreal.org/communique/142
"Richard Bergeron, chef de Projet Montréal et candidat à la mairie de Montréal, a communiqué à Louise Harel toute l’information nécessaire pour comprendre le personnage Benoît Labonté et ce, un mois avant que l’ex-ministre annonce sa décision de devenir candidate à mairie de Montréal en précisant avoir l'intention, si élue, d'offrir la présidence du comité exécutif de la Ville à M. Labonté." Des preuves!!
Et dire que vous êtes en lock-out! Journal de pacotille! Apportez des preuves de vos sources avant de condamner M. Labonté. Il est plus que temps que la corruption cesse à l'hôtel de ville avec l'équipe de Gérald Tremblay. Il joue si bien la vierge offensée, quelle pureté cet homme! Et quel dictateur!
Rigueur, oui
@ Yvon,
Faudrait que vous compreniez que nos preuves sont solides sinon jamais nos avocats n'auraient autorisé la publication. Lisez attentivement les trois articles publiés par ruefrontenac depuis presque trois semaines et vous comprendrez que la recherche est solide. Parmi ces gens, certains sont prêts à venir témoigner à visage découvert en Cour, mais sous la protection de la justice. Ce n'est pas leur identité qui est fondamentale, mais bien les faits exposés. Ne cherchez-pas à dévier le débat sur un autre terrain. ...
Wow!
Bravo! C'est avec du journalisme de cette trempe que vous convaincrez Quebecor de vous rembarquer dans la machine. Pas avec des manifs sans but ni résonance. La force des gens du Journal, c'est la production de contenu, pas le verbatim des petites annonces ni la façon dont la comptabilité y est tenue. Rigueur journalistique ??
Quand on écrit un article qui est très nuisible pour M. Labonté ou n'importe qui d'autre, on devrait avoir la décence d'amener des preuves au lieu de parler de recoupage de témoins anonymes.
Il n'y a donc aucun courage de la part des témoins à ne pas se manifester ?? Où sont les preuves ? Il y a 6 enquêtes de polices en cours qui vise l'administration municipale actuelle. Et dans le cas précis visé par cet article, il y a quoi de concret ? mon cash enrichi les "sans-moral"
J'en ai plein le !*&? de ce pays corrompu et hypocrite jusqu'à la moëlle.
Bravo à vous et aux autres journalistes qui vont au front. pourquoi ?
pourquoi la police ou le gouvernement n'enquête t'ils pas sur ces crosseurs et ne saisissent pas leurs argent sale faite en commetants des fraudes ou des crimes et pourquoi les laissent ils faire sans rien dire ?
LA grande question
LA grande question, que je me pose depuis le début, c'est pourquoi Louise Harel a-t-elle accepté de faire équipe avec Benoît Labonté quand elle savait qu'il a déjà été chef de cabinet de... Paul Martin, l'ex-chef et ex-premier ministre libéral fédéral. Sa directrice de campagne, Irène Marcheterre, est, elle aussi, une libérale fédérale rouge teindue.
Il y de grands mystères... Pour Madame Harel
Vous devriez faire parvenir votre article à Madame Harel la pure.
Ce n'est pas tellement mieux que le maire Tremblay dans la magouille. Je ne réside pas à Montréal, donc je n'ai pas d'intéret dans la campagne sauf le doit à la vérité Bonne chance aux deux autres candidats Harel et son bodyguard....
Comme je l'écrivais dans un précédent commentaire, Labonté a cédé sa place à Harel dont il se sert comme "front", croyant que son parti aura plus de chances de le remporter aux élections municipales, avec la Reine des fusions.
Il considère sans doute qu'une femme est plus facile à contrer et qu'il pourra, par la suite, tirer les ficelles par derrière et satisfaire les exigences de son bienfaiteur Accurso.... Harel devrait se défaire de cet avorton mais comment pourra-t-elle survivre sans son bodyguard et son maître à penser. C'est bien mal parti pour elle...... Dans la lignée du reportage d'Enquête
Cet article est tout à fait complémentaire au reportage d'Enquête diffusé à Radio-Canada hier. Ce sont les "hommes d'honneur" italiens qui contrôlent la Ville, c'est pire qu'à New York et au New Jersey dans les pires années de la mafia. Et les hommes d'honneur ont compris que Tremblay allait peut-être se faire éjecter, ils évitent donc de mettre tous leurs oeufs dans le même panier.
Heureusement qu_il y a vous les journalistes...
Tout un operateur ce B.Labonte, Je ne sais pas si vient de lui l_idee de recruter Madame Harel,mais cette derniere devrait se poser une serieuse question:Quel serait son VERITABLE role et sa VERITABLE autorite a elle, advenant la victoire de ce Parti le 1 novembre. ???????
Je radote
Comme je disais dans un précédent billet:
Un ami et moi discutions des différents candidats à l'élection de Montréal. On en est venu à la conclusion que si M. Accurso habitait Montréal, on n'aurait pas à aller voter puisqu'il semble que c'est lui qui dirige la ville depuis longtemps. Du grand journalisme...
Bravo pour ce dossier.
Du grand journalisme d'enquête! La question qui demeure: pour qui voter? 1. Richard Bergeron est un peu tropv"flyé"...; 2. Benoit Labonté est de toute évidence corrompu; 3. Gérald Tremblay est essoufflé. Pour une fois la ville de Québec est plus favorisé que Montréal avec Régis Labeaume! Ecrivez un commentaire |
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