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Une mine à ciel ouvert sur le mont Royal? PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Vu de la Colline
Écrit par Yves Chartrand   
Samedi, 09 mai 2009 21:25
Mise à jour le Dimanche, 10 mai 2009 11:48

QUÉBEC – Un regroupement de groupes environnementaux, dont la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, posera un geste d’éclat lundi en enregistrant un titre d’exploration minier (claim) sur le mont Royal, en vue d’y exploiter une mine à ciel ouvert. Le geste vise à dénoncer le laxisme des autorités gouvernementales devant les visées des compagnies minières aux dépens des communautés.

Le geste sera posé par un véritable prospecteur, au cours d’une manifestation qui se tiendra au pied du mont Royal lundi, au début de l’après-midi, au coin de la rue Duluth et de l’avenue du Parc. Il s’agit d’une activité en marge du 5e Congrès mondial d’éducation relative à l’environnement, qui réunit actuellement au Palais des Congrès de Montréal plusieurs milliers de personnes de partout dans le monde.

Il y a des gens du Mexique, du Chili, du Honduras et de pays africains qui ont été confrontés à la mainmise de l’industrie minière et dont on a pu jauger le pouvoir dans le livre Noir Canada, de William Sacher, Alain Deneault et Delphine Abadie.

Ce claim en plein centre-ville de Montréal est fantaisiste et ne pourra déboucher ni sur de l’exploration minière ni évidemment sur une exploitation, dit Jolyanne Pronovost, attachée de presse du ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard. «Le mont Royal, tout comme le Vieux-Québec, est un arrondissements protégé. Le titre minier sera refusé de facto», dit-elle.


Un regroupement de groupes environnementaux posera un geste d’éclat lundi en enregistrant un titre d’exploration minier (claim) sur le mont Royal, en vue d’y exploiter une mine à ciel ouvert. Le geste vise à dénoncer le laxisme des autorités gouvernementales devant les visées des compagnies minières aux dépens des communautés. Voici ce qu’aurait l’air le mont Royal après l’excavation d’une mine à ciel ouvert comme celle de Malartic. Photomontage

Il n’en demeure pas moins que les lois sur l’exploration et l’exploitation minière donnent des droits immenses à cette industrie, au Québec comme ailleurs dans le monde. Lazar Konforti, membre d’Équiterre et ex-étudiant en développement international à l’Université McGill, rappelle qu’au Mexique, la compagnie canadienne Metallica Resources Inc. a exploité une mine à ciel ouvert d’or et d’argent sur une colline au beau milieu du petit village de Cerro San Pedro, dans l’État de San Luis Potosí. «La montagne a complètement disparu, dit-il. Elle a fait place à un cratère de 300 mètres de profondeur sur un kilomètre de long.»

Malartic : indifférence à Québec

La manifestation de lundi accueillera plusieurs citoyens de Malartic, une petite localité près de Val-d’Or, en Abitibi, qui luttent actuellement contre les visées de la compagnie minière montréalaise Osisko. Celle-ci attend impatiemment son certificat d’autorisation du gouvernement du Québec pour commencer l’exploitation d’une mine aurifère qui pourrait lui rapporter quelque 6,6 milliards de dollars au prix actuel de l’or. Si Québec acquiesce à sa demande, Osisko compte creuser en bordure de la municipalité un trou gigantesque de deux kilomètres de long et de 384 mètres de profondeur, suffisamment creux pour y enterrer la tour Eiffel.

L’impatience de cette entreprise minière, propriété du Montréalais Sean Roosen, est si grande qu’on a entrepris, avant même d’avoir les autorisations du gouvernement, le déménagement de résidences du quartier sud de Malartic, qui devra faire place à la mine. Plus de 80 des 205 maisons visées ont déjà été délocalisées. Outre les habitations, deux écoles primaires, un centre d’accueil pour personnes âgées, une garderie conventionnée et un musée seront rasés et reconstruits ailleurs.

Cette opération précipitée se fait dans l’indifférence totale des autorités gouvernementales ici à Québec, qui se défendent par ailleurs de manquer à leurs devoirs et qui mettent de l’avant le même argument légaliste: Osisko a le droit de faire des ententes de gré à gré avec les propriétaires avec la bénédiction des autorités municipales.

«On n’a pas à s’immiscer, en tant que parlementaires, dans des ententes de gré à gré avec des individus. S’il y a des gens qui veulent faire déménager leur maison par des compagnies, on ne peut rien faire», tranche le ministre délégué aux Ressources naturelles, Serge Simard, qui agit comme porte-parole du gouvernement dans le dossier des mines. Pour lui, cette opération n’a rien à voir avec le certificat d’autorisation du
gouvernement nécessaire à Osisko. «Ce sont deux dossiers complètement différents», soutient-il.

«Il n’y a pas de moyens légaux d’examiner cette question, ce sont des ententes de gré à gré, renchérit Line Beauchamp, ministre de l’Environnement. Le promoteur, même après avoir fait ces gestes et ces investissements, n’a aucune garantie que son projet ira de l’avant. C’est à ses risques et périls.» La ministre rappelle que c’est au BAPE, dont elle attend le rapport au début de juillet, «de s’assurer qu’on fait maintenant la bonne évaluation sur l’acceptabilité sociale du projet de Malartic».

Mais le député libéral de l’Abitibi, Daniel Bernard, ne s’en fait pas outre mesure. «Je suis convaincu que le projet va aller de l’avant de toute façon au départ», dit-il, prévoyant que le BAPE «va se positionner pour clarifier cette situation pour un prochain cas». Bernard se targue d’ailleurs de connaître «personnellement» les gens de la compagnie Osisko. «J’ai confiance en eux, ce sont des gens de très grande qualité. S’ils n’avaient pas eu l’appui de la population, ils n’auraient pas commencé à déménager un quartier.»

Les cas risquent de se multiplier

Mais pour Amir Khadir, dont le parti, Québec solidaire, a déposé un mémoire pour s’opposer au projet d’Osisko, ce qui s’est passé aux audiences du BAPE à Malartic «est de l’ordre de se foutre des gens» et de mépriser les consultations populaires. «Comment peut-on concevoir de commencer déjà à opérer s’il faut au préalable obtenir l’autorisation du gouvernement?» se demande-t-il. Selon lui, «il y a une tangente malheureuse qui fait que le BAPE est de plus en plus déconsidéré aux yeux d’une bonne partie de la population».

Le cas de Malartic est peut-être «exceptionnel», comme le prétend la ministre Line Beauchamp, mais il pourrait malheureusement devenir une habitude dans l'avenir. Avec plus de 255 000 titres miniers actifs sur son territoire, les cas risquent de se multiplier. Le gouvernement est décidé à faire de l’exploitation minière un fer de lance de l’économie du nord du Québec.

Pour y parvenir, il enfreint même ses lois pour attirer les entreprises minières. Il entretient également un flou artistique dangereux sur les conditions dans lesquelles cette exploitation doit se faire, préférant agir au cas par cas plutôt que d’émettre une politique générale.

En retardant sa Stratégie minière depuis près de deux ans, le gouvernement Charest évite un grand débat public qui pourrait le gêner dans ses ambitions, mais qui pourrait causer des torts socio-économiques un peu partout dans la province.

Commentaires (3)

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Le colonialisme inversé
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LES COLONIALISTES-INVERSÉS
Nous entendons sur tous les toits, que M. Desjardins veut bien fréquenter, que la ville tout entière de Malartic ne veut pas du projet OSISKO: c'est faux. Selon un petit sondage fait maison, mais assez représentatif de plus de 11% de la population totale de la ville, plus de 75%, 77,3 pour être précis, sont en faveur, en connaissance de cause et de conséquence du projet. La population est derrière le projet, mais les COLONIALISTES de l'extérieur vont venir montrer aux habitants d'un des berceaux de l'exploitation minière au Québec, que la mine c'est pas bon. Du vrai colonialisme pourtant dénoncé depuis 1763 et ce par des souverains. M.Chartrand depuis quand n'êtes vous pas venu en Abitibi parler avec la vrai population, ah oui y'a Richard Desjardins et Henri Jacob, ce sont de vrais abitibiens eux !!! Les seules fois où vous parlez de l'Abitibi, c'est ou c'était pour crucifier notre cher Ministre régional M.Corbeil. Wake Up Chartrand !!! La politique de Québec, la mentalité ''verte'' de Montréal et le travail en Abitibi sont aussi près l'un de l'autre qu'une banane, un vélo et une pelle !!!
Un Abitibien , mai 10, 2009
...
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M. Chartrand, à lire votre article j'ai vraiment l'impression que vous n'avez jamais mis les pieds à Malartic et que vous vous êtes contenté de l'écrire bien assis sur le trottoir en face du Journal de Montréal... Je me dois d'ailleurs de rectifier quelques faussetés puisque ce ne sont pas deux écoles mais bien une seule qui sera reconstruite puisque l'autre avait déjà été fermée par la commission scolaire, faute d'étudiants, étant donné la baisse constante de population. La nouvelle école sera d'ailleurs une école "verte" puisque chauffée par géothermie en plus de l'utilisation de l'énergie solaire. De plus, non seulement le Musée minéralogique de Malartic restera intact, mais une partie de son exposition sera consacrée au projet Osisko. C'est faire une très mauvaise évaluation de la situation que de laisser croire aux lecteurs que tous les résidents de cette ville s'opposent au projet Osisko. Biem sûr qu'il y a des gens insatisfaits ou réticents. Bien sûr que nous devons être vigilants en ce qui concerne l'environnement et les redevances à verser à la ville. Mais s'opposer totalement au projet est un non-sens alors que la ville de Malartic agonise depuis plusieurs années et encore plus depuis la fermeture de l'usine de Domtar. Avez-vous mentionné que le réseau d'aqueduc, les rues et les trottoirs du quartier visé par Osisko étaient à refaire dans sa totalité parce que rendus désuets. Les résidents déménagés profiteront donc de nouvelles infrastructures sans que cela ne coûte un sous à la municipalité. Allez demander aux résidents de Lebel-sur-Quévillon s'ils accepteraient un projet comme celui-ci dans leur communauté. Déjà que l'industrie forestière est en crise, on veut maintenant empêcher l'industrie minière d'opérer. Si l'Abitibi ne peut compter sur la forêt et les mines pour se développer, sur quoi pourra-t-elle le faire? Ëtes-vous assez naïf pour croire que nous pourrions convaincre Bombardier de traverser le parc La Vérendrye pour y construire ses avions...Franchement M. Chartrand soyez un peu plus professionnel et présentez à vos lecteurs les deux côtés de la médaille.
Serge Fortin , mai 10, 2009
Et quoi encore?
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Dans 3 semaines je vais déposer une mise en demeure contre Greenpeace pour qu'ils ne s'approchent plus du Québec à moins de 100,000,000 d'années lumières. Cette demande sera bien sûr refusée de facto étant donné la puissance du lobby auprès de notre gouvernement. Cependant, j'aurai bonne conscience lorsque j'encaisserai les millions de dollars que les fanatiques stupides et irresponsables m'auront donné pour que je puisse continuer ma cause "humanitaire". Non mais franchement... Ouvrez les yeux lundi, gens de Montréal, vous verrez sûrement Don QuiChotte se promener dans le vieux-Montréal.
Frank , mai 10, 2009

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