Monique Jérôme-Forget part enduite de plumes et de goudron PDF Imprimer Envoyer
Nouvelles générales - Vu de la Colline
Écrit par Yves Chartrand   
Samedi, 11 avril 2009 17:34
Mise à jour le Samedi, 11 avril 2009 18:09

QUÉBEC - Croyez-vous vraiment qu'on a fait le saut ici, au parlement de Québec, mercredi lorsque Monique Jérôme-Forget a annoncé qu'elle rendait son tablier et prenait l'avion le plus tôt possible pour la péninsule du Yucatan? Pas une miette. Cette démission était écrite dans le ciel depuis l'automne dernier. Et si c'était à recommencer, vous pouvez parier quelques huards que la dame de fer gommerait volontiers les cinq derniers mois qui ont littéralement fait dégonfler à l'état de peau de chagrin son capital de crédibilité.

 

En fait, ce qui demeure un mystère complet dans ce départ précipité, marqué au coin de l'écoeurement, c'est pourquoi Monique la sacoche a accepté de se représenter lors de la dernière élection cet automne, en sachant fort bien qu'elle allait être sacrifiée sur l'autel libéral, au bénéfice de Jean Charest. Pour lui servir de paratonnerre, a imagé mercredi en chambre Pauline Marois.

L'explication la plus valable est souvent la plus simple: Monique Jérôme-Forget a tout simplement agi par loyauté, nous a soufflé cette semaine un député libéral qui la connaît bien et qui lui voue de l'admiration. «Elle l'a fait pour contribuer à la réélection d'un gouvernement libéral majoritaire et par pure loyauté pour Jean Charest», nous a-t-il expliqué. Si c'est vrai – et nous ne sommes pas loin de le croire – cela contribue quelque peu à restaurer son image démantibulée et à expliquer cette bise si chaleureuse que Jean Charest lui a faite devant les caméras de télévision mercredi matin. Car des amis comme cela, peu de gens peuvent se vanter d'en posséder.

Monique Jérôme-Forget a servi volontairement d'éponge à Jean Charest depuis novembre pour essuyer l'épais et odorant dégât que les libéraux devaient faire pour s'assurer d'une victoire décisive lors du scrutin du 8 décembre dernier. Une job de bras politique qui l'a conduite au pays des demi-vérités et des faussetés.

On a encore frais à la mémoire cet énoncé économique du début de novembre où elle a affirmé avec la plus grande fermeté que le Québec ne glisserait pas dans le rouge en 2009-2010 et que sa sacoche contenait assez de blé pour assurer l'équilibre budgétaire.

De tous les impairs qui ont crevé son capital de sympathie, c'est cependant celui de la Caisse de dépôt et de placement qui s'est avéré le plus dévastateur. Elle qui ne manquait jamais une occasion de dénoncer le «syndrome de la pépine» dont souffriraient les hommes s'est pourtant prêtée pour jouer dans une pièce authentiquement machiste mise en scène par son chef Jean Charest.


Que l'on parle de la réingénierie de l'État, des partenariats public-privés, du CHUM, des rapports Castonguay sur le financement de la santé ou Montmarquette sur les tarifs des services publics, rien n'a été mené à terme par la dame de fer. L'équité salariale qu'elle a obtenue pour une très grande partie des employés de l'État québécois est sa seule œuvre achevée. Photo d’archives Annik MH de Carufel

Le mauvais film dans lequel elle a nommé Robert Tessier à la tête du conseil d'administration de la caisse, puis le processus de nomination précipité et cousu de fil blanc de Michel Sabia n'ont rien de la prudence féminine qu'elle vantait sur toutes les tribunes. En fait, elle a plutôt accepté de faire un vrai ménage de gars, comme le lui commandait Jean Charest.

La goutte d'eau qui a sans doute fait amplement déborder le vase est survenue la semaine dernière lorsqu'elle a défendu l'indéfendable. Soutenir que Michael Sabia n'était pas en situation de conflit d'intérêt en détenant 853 000 options d'achat d'actions dans Bell Canada relevait de l'aberration. Le jour même d'ailleurs, Sabia s'est départi de ses options, prouvant l'erreur de jugement dont s'est rendue coupable Monique Jérôme-Forget.

Si l'on jette un regard plus panoramique sur l'ensemble de son œuvre depuis sa nomination au Conseil du Trésor en 2003, le paysage n'est guère plus reluisant. On pourrait dire, pour faire une image, qu'il ressemble beaucoup à celui de la campagne mexicaine, dans laquelle elle se promène peut-être déjà, où l'on voit trop souvent ces édifices inachevés et abandonnés par des propriétaires animés par une grande passion pour leur projet, mais qui n'ont eu ni les moyens ni l'énergie pour compléter leur rêve.

Que l'on parle de la réingénierie de l'État, des partenariats public-privés, du CHUM, des rapports Castonguay sur le financement de la santé ou Montmarquette sur les tarifs des services publics, rien n'a été mené à terme par la dame de fer. Et son dernier budget, adopté mardi par l'Assemblée nationale, laisse d'immenses interrogations sur la capacité du Québec de retrouver l'équilibre budgétaire dans un avenir prévisible. Pour reprendre sa métaphore, l'éléphant que les Québécois devront manger une bouchée à la fois pour y parvenir devra être digéré sans elle qui a plutôt opté pour les tacos!

En fait, s'il y a une réalisation que Monique Jérôme-Forget peut lever au bout du bras comme un trophée pleinement mérité, c'est celle de l'équité salariale qu'elle a obtenue pour une très grande partie des employés de l'État québécois. Une victoire immense dont elle a raison d'être fière, même si elle s'est réalisée dans le cadre d'une négociation difficile et controversée, qui s'est terminée par l'imposition des conditions de travail par l'entremise d'un bâillon législatif.

Alors, tout compte fait, le passage de Monique Jérôme-Forget en politique n'a rien pour contribuer à inciter d'autres femmes à marcher dans ses pas. Il faut toujours saluer la contribution d'une personne à la vie publique, mais dans son cas, l'aventure s'est terminée dans la douleur et l'amertume. Si Mario Dumont était toujours là, il reprendrait une image d'un de ses personnages favoris, Lucky Luke, qu'il aimait citer à l'occasion: «Elle part enduite de plumes et de goudron», aurait-il décrété.

Commentaires (9)

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à quand le réveil
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Bonjour M. Chartrand, au plus vite la fin du lock out, bonne chance. La dame de fer et petit poucet Charest ainsi que les faiseux d'images ils sont expert pour camoufler, torde les faits, fausser les données, gagner coute que coute, le règne Duplessis ressemblait à l'actuel mandat Charest, copinage, patronage, aider les petits n'amis, cela me lève le coeur. Que ce passe-t-il dans la tête des québécois alors qu'il s’est fait élire charest sous fausse représentation, sommes-nous pas tanné de mourir, collectivement réveillons nous.
claude champagne , avril 12, 2009
Mille milliards de mille sabor
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@ R.Lavoie
Merci, une erreur de quelques zéros, c'esr ça qui arrive quand on va trop vite sans se relire.
A Radio-Canada ce matin, ainsi que pour la majorité des chroniqueurs entendus cette semaine, on nous enfonce dans le crane que MJF, éta don fine avec son franc-parler... à va nous manquer...
Par-contre, sur les blogues, la majorité des commentaires sont défavorables à MJF et au parti libéral. Question de controle des masses, Gesca semble échoué dans son entreprise.
Mario Goyette , avril 12, 2009
...
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L'ADQ avait de nouveau raison, on s'est moqué d'elle (l'ADQ) et en tout premier lieu notre "élite" (incestueuse) journalistique.

Quel est le rôle honteux des médias de Charest dans sa réélection précipitée sur des thèmes mensongers ? À savoir l'économie, une urgence, il me faut une majorité alors que les dégâts étaient déjà faits et que le Québec a désormais bien peu de liberté de manœuvre et que là où il faudrait un gouvernement minoritaire, nous avons un gouvernement du PLQ qui use de sa majorité pour imposer ses choix douteux à la tête de la Caisse des dépôts.
Luc Buteau , avril 12, 2009
Pas des millions, des milliards!
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Rectification M.Goyette,il ne s'agit pas de millions mais bien de milliard de dollards.
R. Lavoie , avril 12, 2009
So por me another tequila, Monica.
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Bonjours M.Chartrand
Jusqu'à la fin, MJF et Jean Chearest nous ont traité les québécois comme des gros épais el tabarnacos. Avant de foutre son camp sur le champ comme une mauvaise cantatrice qui a perdu la voix, elle s'est permise de dire à un journaliste lors d'une entrevue: " De toute façon, la Caisse aurait perdu 30 millions sans le papier commercial."
Ben oui, les 9 autres millions, c'est juste quelques pesos de plus ou de moins...
Mario Goyette , avril 12, 2009
...
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Je veux répondre à ce député Libéral que Mme La Sacoche devait accorder sa loyauté au peuple québécois, non pas à John James.
Paul Verreault , avril 12, 2009
enfin
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Enfin, nous n'entendront plus son insuportable 'je', comme si elle portait la province sur son dos.
Louis Gohier
louis gohier , avril 12, 2009
Mme sacoche
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Tout à fait d'accord avec votre analyse et portrait de Mme sacoche faussement qualifiée de Dame de fer par tous les médias complaisants. Elle a à peu près tout rater y compris sa sortie très médiatique et les ti-counes se sont tous fait avoir comme des débutants.
Roger Lapointe , avril 12, 2009
Merci!
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Merci de vous éloigner de cette ligne de pensée de trop de journalistes qui étaient admiratifs de cette femme. Je ne l'ai jamais aimé et je détesterai toujours cette formede religion qui pense que le privé fait mieux que le public. C'et comme s'il y avait des gens incompétents nés pour travaillés au public et des gens super productifs nés pour travaillés au privé. Elle n'était pas au service de sa patrie mais au service de son patron mais payée par sa patrie. Je me souviendrais toujours de cette femme (collier de perles au cou) qui se penche sous la table pour dire au peuple (services publics) qu'il n'y a pas d'argent pour ces travailleuses(eurs) mais qu'il y en avait pour les médecins et pour les les entreprises privées. Alors, à toutes ces infirmières, enseignantes, professionnelles (féminins comme masculins), vous n'êtes rien. Merci pour ce message différents de vos confrères trop impressionnés par le soi-disant charme d cette femme,
Marc Lapointe
M. Lapointe , avril 11, 2009

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