Le CH et Toyota : même combat PDF Imprimer Envoyer
Blogues - Martin Leclerc sur le trottoir
Dimanche, 07 février 2010 11:20

Quelle est la différence entre une voiture Toyota et un joueur des Bulldogs de Hamilton ? Aucune. Les deux sont susceptibles de se faire rappeler à n’importe quel moment ! Et dans le cas du Canadien, il faut le souligner, ça fonctionne pas mal mieux que pour le grand manufacturier nippon.

 

Privé de trois de ses quatre meilleurs ailiers et misant sur quatre joueurs qui avaient entamé la saison dans la Ligue américaine, le Canadien a servi toute une leçon d’intensité aux champions de la coupe Stanley samedi après-midi.

Dans cette rencontre, alors que l’équipe était pourtant décimée jusqu’à l’os, Mathieu Darche, Ryan White, David Desharnais, Brock Trotter et Ben Maxwell ont tous été utilisés plus longtemps que Maxim Lapierre. Quant à Matt D’Agostini, Jacques Martin n’a même pas jugé bon de lui faire endosser l’uniforme.

Que se passe-t-il au sein de cette organisation ?

La réponse se trouve derrière le banc à Hamilton. Et elle s’appelle Guy Boucher.

Ça peut sembler drôle à dire, mais mon hobby préféré dans ce métier consiste à épier les séances d’entraînement des équipes de hockey. Quand je vais sur la route et qu’il n’y a pas de match en soirée, je trippe littéralement juste à l’idée de voir une équipe s’entraîner dans son amphithéâtre ou dans le confort de son complexe privé.

À l'instar des autres jeunes joueurs des Bulldogs rappelés par le Canadien, Ryan White a démontré beaucoup de fougue contre les Penguins samedi. Photo Benoit Pelosse
 

Je passe alors des heures à prendre des notes et à faire des croquis des exercices commandés par les entraîneurs. Mes entraînements préférés sont ceux dirigés par Jacques Lemaire, Lindy Ruff et John Tortorella. Ils sont toujours rythmés, variés, parfois amusants (il faut bien savoir briser la routine) et le souci du détail et de l’exécution parfaite est fort impressionnant.

Michel Therrien était aussi fort intéressant à regarder travailler.

Entraînement mémorable à... Drummondville

Des entraînements de hockey, j’en ai vu un pis un autre, comme on dit. Et de tous ceux auxquels j’ai assisté, c’en est un dirigé par Guy Boucher (alors qu’il était chez les Voltigeurs de Drummondville) qui m’a le plus impressionné.

Je me revois encore, assis dans les gradins en train de me pincer. Le niveau d’intensité que les équipes de Boucher déploient à l’entraînement ne ressemble à rien de ce qu’il m’a été donné de voir ailleurs. Un vieil adage issu des années de gloire des Cowboys de Dallas disait : « La manière dont nous nous entraînerons déterminera la manière dont nous disputerons nos matchs ». Et bien, les équipes des Guy Boucher illustrent parfaitement cet adage et cette recette que tentent aujourd’hui de maîtriser à peu près tous les entraîneurs de la Terre. Certains avec plus de succès que d’autres.

Souvenez-vous un peu : les joueurs qui ont eu la chance de passer une période de temps appréciable à Hamilton cette saison avant d’être rappelés par le CH ont tous affiché la même hargne et le même cœur au ventre lorsqu’on les lançait dans la mêlée.

Nous sommes maintenant au début de février, au cœur de la période où l’on sépare les hommes des enfants (un autre bon vieux proverbe du sport) et les joueurs de Boucher semblent maintenant capables de surpasser en effort et en efficacité des jeunes qui avaient pourtant entamé la saison à Montréal et dont les postes semblaient solides.

C’est rassurant de constater que le Canadien est en train de développer une marque de commerce nettement plus axée sur l’effort au sein de son équipe-école.

Pour gagner dans la LNH, il faut avant tout être capable de se présenter pour livrer bataille tous les soirs. C’est aussi rassurant de penser qu’un jour, ce sont les joueurs du grand club qui seront dirigés par Boucher.

Julien gardera-t-il son poste ?

Je ne veux surtout pas jouer les prophètes de malheurs, mais il est difficile de croire que Claude Julien conservera son poste si ses Bruins continuent de s’enfoncer et d’accumuler les défaites. S’ils s’inclinent contre le CH dimanche après-midi, les Bostoniens égaleront une marque d'équipe datant de 1924-1925 en subissant un 11e revers de suite.

Depuis quelques semaines, Peter Chiarelli et son état-major essaient par tous les moyens de conclure une ou des transactions pour secouer cette torpeur. Mais jusqu’à présent, il ne s’est rien passé. Et on entre en plein dans cette période délicate au cours de laquelle les directeurs généraux risquent leur job (ou un sérieux entretien avec le propriétaire) lorsqu’ils sont menacés d’être exclus des séries et qu’ils restent assis sur leurs mains.

En bout de ligne, on sait comment ça fonctionne, ce sont toujours les mêmes qui paient. Espérons que ce ne sera pas le cas de Julien, qui a déjà trop goûté à cette médecine injuste au cours des dernières années.

Un lecteur, Pierre, a réagi aux statistiques apparaissant au bas de ma dernière chronique cette semaine en arguant que «ça ne donne pas grand-chose de continuer de comparer (Benoit) Pouliot et (Guillaume) Latendresse ».

« Les deux, (s’ils étaient restés au sein de) leur équipe originale, n'afficheraient pas les statistiques qu'ils ont en ce moment. L'utilisation qu'on fait de Pouliot chez le CH n'est pas la même que celle de Latendresse alors qu'il était à Montréal », estime-t-il.

Cher Pierre, j’ai reçu plusieurs courriels semblables au vôtre au cours des dernières semaines, et je dois avouer que j’ai de la difficulté à comprendre ce raisonnement. Le fait que Benoit Pouliot produise à un rythme fort intéressant depuis son arrivée à Montréal ne change pas le fait que Latendresse produise au rythme d’un marqueur de 40 buts depuis qu’il porte les couleurs du Wild du Minnesota.

Ça ne vous chicote pas un peu ? Vous ne vous demandez pas pourquoi les jeunes joueurs du Canadien éprouvent autant de difficulté à sortir de leur coquille ?

En seulement 33 matchs au Minnesota, Latendresse a déjà inscrit 16 buts. C’est un but de plus que Tomas Plekanec (en 59 matchs), quatre buts de plus que Andrei Kostitsyn (en 40 matchs), deux fois plus de buts que le plus haut salarié de l’équipe, Scott Gomez (en 55 matchs) et autant de buts que Brian Gionta (en 38 matchs).

On parle d’un joueur de 22 ans qui, à la fin de son séjour à Montréal, n’était pas jugé suffisamment compétitif pour jouer plus de huit minutes par rencontre. Rappelez-vous, on disait de lui qu’il ne copiait pas suffisamment le style de jeu de Tomas Holmstrom.

Aujourd’hui, on se demande pourquoi on demandait à Latendresse de copier un joueur moins talentueux que lui.  Holmstrom est arrivé dans la LNH à 23 ans et il a marqué 66 buts à ses six premières saisons. À 22 ans, Latendresse arrive à ce plateau et il n’a pas encore terminé sa quatrième campagne.

Ça vaut certainement la peine, dans ce contexte, de s’intéresser à ce qu’il fait au sein de sa nouvelle équipe.

Latendresse c. Pouliot (depuis le 23 novembre 2009)

 

Commentaires (4)

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seb, tu es le seul à t'en rappeler
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On a effectivement critiqué beaucoup Gainey, mais quand tu dis qu'on à critiqué le départ de Michael' snow white' Ryder ,de Chris 'party animal 'Higgins et de Komisarek,je ne sais pas ou tu prends ça.Et Ribeiro,c'est pas le fait de l'avoir échangé qui a attiré le critique,c'est ce qu'on a eu en retour qui faisait dur.
bolobolog , février 08, 2010
Prendre notre gaz égale!
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Faudrait peut-être ce calmer le pompon! Le plus désagréable pour un fan de hockey comme moi au Québec, c'est de voir à quel point certains amateurs partent en peur! Suis-je le seul à me rappeler comment on critiquait l'état major du CH lors du départ de Michael Ryder! Y score des buts à Boston! Yé tu bon Ryder à Boston! Eux y connaissent ça à Boston! Pis ou est-ce qui sont Boston cette année! Il cherche par tous les moyens de s'en débarrasser de Ryder cette année pis y seront pas capable parce que le 4 millions par année qu'ils lui ont donné ben il ne le vaut pas! Y sont ou les Dg de salon anti-CH aujourd'hui! Même chose avec Higgins, Komisarek...etc Pis arrêtez de nous casser les oreilles avec Ribeiro , Dallas est une équipe très ordinaire, plate à regarder, qui ne feras pas les séries, bref le genre d'équipe qui serait hués à Mtl, parce qu'à Mtl ce qui est important c'est pas d'avoir une bonne équipe, c'est de faire les séries. Même si ça implique de se faire éliminer en 4 parties!!!! Ayoye On connait ça le hockey à MTL!
seb , février 08, 2010
Pour Latendresse .... pas d'accord avec
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Bonjour Martin,
Dans le cas de Latendresse, ce dernier s'est tout simplement découragé de voir le traitement de faveur que J.Martin donnait à André Kostityn, à D'Agostini et à Pacioretty. Un gars découragé qui n'a pas la confiance de son coach ne produit rien de bon. C'est assez simple à comprendre. Il aurait travaillé plus fort si Jacques Martin l'avait encouragé davantage. Mais à un moment donné, comme Part Burns l'a déjà dit pour Shayne Corson,il doit s'être dit à propos de Jacques Martin et du CH, qu'ils mangent de la m.....
De plus, il ne faut pas oublier qu'avec les chiffres qu'il avaient, soit des saisons de près de 20 buts, avec peu de temps de glace et peu de présence en avantage numérique, il aurait obtenu, en arbitrage, un contrat de 2 à 3 millions par année. Et il semble bien que Bob gainey ne voulait pas être obligé de lui donner ce genre de contrat.
En passant, autre match pathétique des Glorieux cet après-midi, au Centre Bell, contre Boston. Nous avons eu droit à un match de hockey et à un concert. Oui, un concert de huées à la fin du match de la part des partisans. C'était bien mérité pour une équipe qui se présente un match sur quatre. Tiens, comme notre ancien ami Kovalev. Un match sur quatre.
Pierre
Pierre , février 07, 2010
Il se traînait les pieds...
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C'est bien beau comparer Pouliot et Latendresse, mais une chose est certaine, l'ancien numéro 84 du Canadien se traînait les pieds lors des entraînements et des parties.

Parole d'Enciro Ciccone à La Zone, en novembre dernier. "Latendresse fait tout (ou ne fait rien du tout) pour se sortir de Montréal..."

Sa vie "sociale" semblait être plus importante. Les tapis rouges et les sorties avec sa chanteuse prenaient beaucoup de place.

Au Minnesota, rien de cela.
Oui, il fonctionne bien là-bas, mais il TRAVAILLE. Il FONCE au filet, ce qu'il a toujours refusé de faire avec le CH.

Via NHL Centre Ice, je regarde les rencontres dans l'Association Ouest, et si Latendresse n'y mettait pas les efforts, il ne connaîtrait pas le succès qu'il a. Ça patine en tab... dans cette association. Du jeu plus robuste que dans l'Est.

Et c'est probablement la même situation pour Pouliot. Avec un chandail du Canadien sur les épaules, il a compris qu'il le conservera tant et aussi longtemps qu'il y mettra les efforts.

Bref, cette transaction a aidé deux équipes, et surtout, deux joueurs qui connaissent du succès en TRAVAILLANT ! Rien de sorcier là-dedans.
lecoyote63 , février 07, 2010

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