| Un conflit extraterrestre ! |
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| Blogues - Martin Leclerc sur le trottoir | ||
| Dimanche, 24 janvier 2010 13:46 | ||
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Depuis le premier jour de parution de Ruefrontenac.com, je me suis fait un point d’honneur de faire le moins souvent possible référence au lock-out qui nous a incités à créer ce sympathique et dynamique site d’information. Mais comme c’est notre premier anniversaire aujourd’hui, le sujet est un peu difficile à éviter…
Je vais vous le dire tout de go, j’évite depuis tout ce temps d’écrire à propos de ce lock-out parce que je me dis que les dizaines de milliers de lecteurs qui prennent le temps de venir nous lire chaque jour savent déjà que nous sommes sur le trottoir. Certains nous appuient, d’autres s’en foutent comme de l’an 40. Peu importe la catégorie dont vous faites partie, je me dis que la meilleure façon de vous inciter à revenir cliquer dans nos pages, c’est de vous informer. Et puis, en toute honnêteté, j’évite aussi de livrer mes états d’âme sur ce conflit de travail parce que j’ai peur de passer pour un extraterrestre. Depuis un an, la quasi-totalité des confrères des autres médias, des lecteurs ou des amis qui me parlent de ce conflit affichent une mine déconfite. Ils ont toujours cette petite étincelle dans l’œil qui semble dire : « Je compatis avec toi ». Certains froncent même un peu les sourcils, juste assez pour que leur langage corporel trahisse le « Je ne voudrais pas être à ta place » qui leur traverse l’esprit. Les gens sont toujours extrêmement gentils. La plupart du temps, ils prennent la peine de s’informer et de compatir. « Hon ! Ça fait déjà un an ! Comment se fait-il que ça ne négocie pas encore ? Il va bien falloir qu’il finisse par se passer quelque chose. En tous cas, bon courage ! Et j’espère que ça va se régler rapidement… » Vous devriez leur voir la face quand je leur réponds de ne pas me souhaiter ça. Vous devriez leur voir la face quand je leur dis que je n’ai pas eu autant de plaisir à faire mon métier depuis des années. Et vous devriez leur voir la face quand je leur dis qu’il y a énormément de gens qui souhaitent ne plus jamais retourner travailler au Journal de Montréal. « Une année, c’est bon. Deux années, ce sera encore mieux ! » lançait récemment un collègue. Ça en dit long sur le climat de travail qui règnait au Journal de Montréal avant qu’on nous en libère. Les gens n’ont aucune idée. Le pire, c’est que cet état d’esprit semble répandu chez Quebecor. Même au siège social de la rue Saint-Jacques, il y a des employés qui désignent leur lieu de travail comme étant le « piège social » de Quebecor. Vous me voyez donc désolé de vous dire que nous ne faisons pas pitié. Nous avons la chance de faire partie d’un syndicat extrêmement sophistiqué et d’appartenir à une centrale syndicale, la CSN, qui nous donnera les moyens de tenir le coup le temps que ça durera. Nous avons aussi la chance d’être appuyés financièrement par des milliers de travailleurs et de lecteurs qui comprennent exactement quel genre de patron se trouve en face de nous. Et nous avons la chance d’être suffisamment lus et crédibles pour que des annonceurs décident de délier les cordons de leur bourse pour annoncer dans nos pages. Ça durera donc le temps que ça durera. D’autant plus que le lectorat et les revenus publicitaires augmentent de façon constante. Chaque jour il y a un lecteur de journal papier qui meurt et un internaute qui naît. Je lisais récemment que notre lectorat avait grimpé de 55 % au cours des trois derniers mois seulement. Qu’y a-t-il de plus valorisant ? Je vous le demande. Nous ne faisons pas pitié. Juré. Si vous voulez compatir, faites-le avec ceux qui sont toujours à l’intérieur des murs. Et si vous voulez connaître le vrai sens du mot désolation, songez un instant à celui qui a déclenché tout ça.
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Commentaires (24)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires Boycottez la feuille de chou à Péladeau
Un seul moyen pour contrer un lock-out c'est de boycotter le produit même quand tu prends ton déjeuner dans un petit resto. Je ne m'ennuie pas des chroniques de Richard Martineau, Stéphane Gendron, Joseph Facal, sans oublier celles de Yvon Pedneault.
le club (b)
La différence c'est que ceux qui remplissent le journal de mtl ne joueront jamais pour le grand club et je ne paierai pas pour lire des amateurs...alors malheureusement, je m'attache à La Presse car l'ordinateur pour moi n'est pas très accessible.Lâchez pas !
Quand on n'est pas content, on s'en va...
Voici le problème, quand on n'aime plus son travail, l'ambiance, l'atmoshère, et bien on s'accroche au syndicat pour essayer de changer quelque chose, alors que nous devrions tout simplement partir et trouver un autre emploi. Quand quelqu'un commence à détester son emploi pour X raisons, il influence les autres et cela donne un climat malsain et négatif, on part alors un syndicat pour essayer de changer les choses. Il n'y a alors plus moyen de revenir en arrière, la communication avec les cadres n'est plus possible et, le syndicat, comme les avocats dans une cause de divorce, mettent de l'huile sur le feu afin de devenir indispensables. Par votre article vous confirmer ce que je pensais déjà... Vous auriez du changer d'employeur depuis longtemps ou même créer votre propre média. Mais un jour quelqu'un à Rue Frontenac commencera à être insatisfait de son travail et la roue syndicale recommencera à tourner...
Les lois du travail...
Monsieur Péladeau juge que les lois du travail du Québec favorisent indûment les travailleurs au détriment des employeurs.
J'ai peine à m'imaginer ce que ce serait. Quand un employeur peut continuer à publier son journal (ou quelque chose qui prétend l'être) soi-disant avec ses seuls cadres alors que ses journalistes sont en lockout depuis un an, je me demande qui nos lois favorisent? Il est désolant de voir qu'un employeur a encore telles pratiques de relations de travail en 2010. Ne lâchez pas! bravo!
Je suis de tout coeur avec vous lâchez pas! étant un représentant syndical je salue votre inciative de faire votre journal en format pdf je me fait un devoir de l'imprimé et de le distribué aux membres chez nous si ça peu évité quelques achats du journal de montréal bravo!
Les gens des bureaux ?
Bonjour Martin,
Content de voir que certains de tes collègues et toi trouvez une forme de bien-être dans la fabrication de Ruefrontenac.com. Mais qu'en est-il de tes collègues du secteur «bureaux», qui ont sans doute moins l'occasion de collaborer à la publication de votre journal en ligne ? Ils doivent devoir passer plus de temps sur le trottoir que dans la salle de rédaction, non ? Jean-Pierre B., ami de Ruefrontenac.com. Écoeurant
Une publicité du gouvernement du Québec, vu hier, parle de respect pour éviter le harcèlement psychologique. Pour moi, le Lock Out du JdM, C,est du harcèlement psychologique, l'attitude que l'employeur a envers vous et a eu durant les derniers mois, alors qu'il y avait des négpos, étaient aussi déplorables.
L'attitude du JdM qui se vante d'avoir augmenté son tirage depuis le conflit (entendu à RC). Ils oublient de dire qu'ils les distribuent gratuitement, dans l'espoir d'avoir de nouveaux abonnés, ou de reprendre ceux qui ont quitté. Je me questionne sur la fin du conflit. Est-ce que recommencerai à lire le JdM, si oui, ce sera pour vous lire, mais pas pour PKO. Si le concurrent ne serait pas Bell, mes services quitteraient aussi l'empire Péladeau. En ce qui concerne la CSN, je ne partage pas le ¸^eme avis. Elle a bati sa réputation sur les conflits et en option, ils fournissent les pancartes publicitaire identifiant leur fier logo, portés par des gens en conflit ouvrier, lorsque j'analyse les conflits, il me semble que la CSN, tient la barre hauteContinuez votre beau travail, moi aussi je rêve qu'il devienne permanent, combien dois-je vous envoyer pour payer mon abonnement? Bienvenue dans l'avenir!
Les médias papiers sont à toutes fins pratiques morts (et depuis un bout).
Depuis l'arrivée, il y a 15 ans de RDI (et bien avant de CNN chez nos amis ricains), le cycle de nouvelle est chambardé. Pourquoi atendre à demain matin pour lire dans le "papier" ce que je peux voir tout de suite à la "tivi". Le web amène un monde de possibilité que les médias traditonnaux sont incapables d'accepter. Regardons le Times. On apprenait la semaine dernière qu'on voulait maintenant nous faire payer pour les articles. Je ne sais pas pour vous, mais avec les sources d'infos qui foisonnent, je ne paierais pour avoir accès à une nouvellle. Plus près de chez nous, Le Devoir, fier de son 100e, offre certains contenus "gratis" et le reste payant. Pas plus convaincu que cela fonctionne quand on penses que l'on nous facture à peu près le même montant que pour la version papier. L'exemple à suivre, comme c'est souvent le cas, ne viens pas de votre industrie, mais d'une autre - celle du divertissement. Regardons plus précisemment le cas du lancement du disque In Rainbow de Radiohead. Au lieu de procéder à un lancement traditionnel, le groupe l'a offert gratuitement. Résultat, des millions ont découverts le disque, des centaines de milliers on payé l'album tandis que ce n'était pas obligatoire et certains l'ont même payer plus chers que le prix régulier de l'album, tout en payant pour l'album physique sans compter la version collectionneur. Il y a aussi le Zynga. Cette compagnie produit des jeux insipides sur Facebook. Des millions de personnes jouent gratuitement à MafiaWars, Farmville, Ponzi et autres. Mais sur ces millions de personnes, plusieurs achètent des points/coins/gold pour avancer plus vite dans le jeu. En bout de ligne, l'entreprise à fait 60 millions de dollars avec des jeux gratuits. La morale de l'histoire? 1 - Ce n'est pas tout le monde qui est prêt à payer pour quelques choses de gratuit. 2 - Certains sont prêts à le faire si il y a valeur ajoutée. 3 - Si la valeur perçue est grande et qu'il y a attachement affectif, certains vont payer plus que ce que le service vaut vraiment. En résumé, bravo au RueFrontenac pour avoir partiellement compris en créant son groupe d'ami, bof au Devoir, car il a adopté le vieux réflexe et bouh! à Québécor qui ne comprendra jamais (pensons à Zik et Jelis). Négociez un rachat de contrat avec le JdM (avec une juteuse prime de départ). Cognez à la porte de Fondaction et du Gouvernement du Québec, et dévenez proprio votre propre média. Derrière vous
Je tiens juste à vous dire que je suis, en partant, un anti-syndicat mais votre conflit me touche particulièrement. Dans le cadre de mes fonctions j'ai parlé à plein de travailleurs dans différents corps d'emploi et il y a quelque chose que je vais me rappeller très longtemps, c'est de la façon dont les employés de vidéotron ont décrit leur patron. Je sais qu'il est important de se faire une opinion soi-même mais je me suis toujours dit que PKP sera jamais mon patron. Alors depuis le début du lock-out décrété par l'empire, je n'achète plus le Journal de Montréal et je fais des reproches à tous les gens que je connais lorsqu'il se procure ce journal. Je me fais un plaisir de rappeller, à tous les vendeurs d'abonnements qui me téléphone pendant le souper, quel genre "d'être" est M. Péladeau. Bref, moi le petit citoyen je fais ma part et je me dis que je ne suis pas tout seul. Et ma "micro-bataille" je ne la mène pas au nom des syndicat mais plutôt au nom des travailleurs du Qc. La maindre des chose lors d'un conflit, c'est de négocier.
Pourvu que ça dure
Bonjour
Cet article je voulais lire depuis longtemps. Car en tant que lecteur je ne comprenais pas que dans un conflit social qui concerne des journalistes on ait pas pensé tout simplement à se passer de l'employeur et se lancer dans une aventure intellectuelle nouvelle d'autant que le pays ne compte qu'un seul journal qui ne dépend que de ses seuls journaliste. Preuve que la création d'un autre journal indépendant au Québec est possible, la création même de ce site d'information. Finalement tout est clair... Pourvu que ça dure. Bonne nouvelle
Je suis pas un lecteur du JDM, en réalité, je boycotte tout ce qui porte le logo Quebecor... La première fois que je me suis rendu sur Rue Frontenac.com, c'est par curiosité et par solidarité, avec vous. Votre site est tellement bien fait, que j'en suis devenu un lecteur assidu. Égoïstement, je ne veux pas vous voir repartir vers l'empire PKP!
Bon courage et longue vie a Rue Frontenac! Une de plus
Bonjour à vous,
Je suis devenue une lectrice assidue de ruefrontenac.com (je vous lis plus souvent que je lisais le JDM!) Je vous souhaite longue vie Vous ne pouvez savoir comment ce conflit m'écoeure! J'espère que les annonceurs vont petit à petit délaisser JDM et s'intéresser à votre site web Bonne chance pour les prochains mois ...
Content de savoir que tu penses avoir encore raison...comme tu as raison sur tout!
Et Pouliot lui? Piège social
Je me réjouis de vous savoir heureux et délivré à ce point malgré le conflit.
Pourquoi ce fut l'omerta pendant que vous étiez dans ce piège social ? J'apprécie grandement la qualité de vos textes. Bonne chance ! Bravo! Quel bel esprit positif!
Les meilleurs évènements dans nos vies se produisent souvent suite à une jambette que le vie nous fait, vous avez su bâtir sur du négatif un site Wouèbe qui laisse transparaitre votre joie d'appartenance dans ce projet.
Suis-je égoïste de souhaiter que RueFrontenac.com perdure pour plusieurs années à venir? Keep the faith! LePartisan.ca Pendule à l'heure
Un excellent article qui, je le pense, replace les choses dans leur perspective. Au ton, vous semblez parler au nom de plusieurs de vos collègues. Pour moi ça veut dire que le moral est trrrrès bon. Ce qui n'est pas évident dans la situation dans laquelle vous vous retrouvez. Merci de mettre ma pendule à l'heure et lâchez pas. Ps: Je clique souvent sur "Milk Bones" parce que chaque clic vous donnent du $$$
Commentaire
Bonjour,
je voudrais seulement vous dire que depuis le début du lock-out, je ne loue plus de film, au restaurant je ne lis jamais le Journal de Montréal et si je Bell offrait internet haute vitesse dans mon quartier, je mettrais videotron dehors. Je tiens à vous féliciter !
Bonjour M.Leclerc ainsi, qu'à tous les autres collaborateurs de Rue Frontenac !
Comme le dit mon titre, je vous félicite pour votre courage devant ce lock out, qui perdure trop longtemps ! Par contre, pour moi, c'est un véritable plaisir, de vous lire, sur internet ainsi que certains autres collaborateurs comme MM. Raymond ( bonne retraire en passant ) et Touchette ! Moi, je boss en Suisse depuis 6 ans, et tous les jours, je fais mon ti tour, sur votre site, et souvent, vos nouvelles arrivent souvent, bien avant vos concurents ! Ne perdez surtout pas, votre dévouement de journaliste et de l'écrire malgré le conflit, auquel malheureusement, vous vivez, ainsi que tous les autres employés, du Journal de Mourial ! Charles anciennement du Québec vivant en Suisse Lâcher pas
Je n'étais pas un lecteur du Journal de Montréal; car pour des raisons idéologiques, j'essaie autant que possible de boycotter tout ce qui appartient à Québécor. Je suis par contre un fidèle lecteur de Rue Frontenac depuis ses tout débuts... Un site formidable où j'ai découvert des journalistes talentueux comme vous... Longue vie à Rue Frontenac en espérant qu'ils deviennent assez gros pour que ce soit vous qui mettiez le journal en Lock out!
Bravo!
Continuez votre bon travail! J'ai appris à connaître ce site et, depuis, je viens y jeter un coup d'oeil plusieurs fois par jour.
Les perdus dans le temps.
Y`a t`il un autre endroit en Amérique du nord ou des personnes sont en grèves depuis un an? C`est d`une imbécillité exceptionnelle qui ne se voit qu`au Québec. Surtout que les journaux sont en vois de disparition, remplacer par de l´information plus actuelle et courante qui se trouve sur l´internet.
Respect de soi-meme
M. Leclerc,
Excellent article. Ce conflit aura permis de solidifier vos liens et de retrouver l'estime de soi. Se respecter dans ses valeurs profondes, voila la vérité, le reste n'est qu'illusion. Longue vie a Rue Frontenac.com . Ecrivez un commentaire |





























