| Le déclin du Québec |
|
|
|
| Blogues - Michel Van de Walle sur le trottoir | ||
| Jeudi, 25 juin 2009 19:06 | ||
Je ne veux pas avoir l’air d’un «casseux de party» au lendemain des festivités entourant notre Fête nationale mais François Legault a raison : le Québec est engagé sur la voie d’un déclin tranquille.
En annonçant sa démission, l’ex-député de Rousseau et critique péquiste en matière de finances a évoqué quelques-uns des défis qui attendent le Québec au cours des prochaines années. Sans revenir sur l’ensemble de ses propos, un élément a retenu mon attention : le vieillissement de la population québécoise. Il a retenu mon attention parce qu’il y a quelques semaines, les économistes du Mouvement Desjardins dressaient un portrait plutôt alarmiste de ce qui attend le Québec au cours des prochaines décennies. Et le pire, c’est que les moyens pour empêcher que nous ne reculions davantage par rapport à nos voisins canadiens et américains sont pour le moins limités. Dans une étude intitulée L’impact du choc démographique sur l’économie du Québec, l’économiste en chef de Desjardins, François Dupuis, appuyé par deux de ses collègues, Hélène Bégin et Hendrix Vachon, tente d’évaluer l’impact du vieillissement accéléré de la population sur la croissance de notre économie et sur les finances publiques. Et le résultat n’est pas très joli. Les baby-boomers à la retraite On le sait, les baby-boomers arrivent à l’âge de la retraite. Plusieurs y sont déjà. Mais disons qu’officiellement, ceux qui sont nés entre 1946 et 1966 atteindront l’âge vénérable de 65 ans à compter de 2011. Dans un gros deux ans. Selon Statistique Canada, la population dite «active», celle qui a entre 15 et 64 ans, commencera à diminuer au Québec dès 2013, ce qui ne sera le cas ni dans le reste du Canada, ni aux États-Unis, où la pyramide démographique n’est pas aussi prononcée qu’au Québec. Autant les baby-boomers ont contribué à faire croître rapidement l’économie québécoise au cours des années 60 et 70, autant leur retrait du monde du travail aura un impact négatif sur la croissance. À partir de modèles mathématiques, les économistes de Desjardins ont estimé que la croissance moyenne du PIB potentiel du Québec sera pratiquement coupée de moitié. Alors qu’elle était estimée à 2,1 % au cours des dernières années, la progression tomberait aux environs de 0,8 % d’ici 2020. Et cela, c’est en présumant que la hausse de la productivité demeure ce qu’elle est actuellement, soit environ 1 % par année. Le scénario optimiste qui mise sur une meilleure productivité, de l’ordre de 1,5 % par année, conduit tout de même à une croissance du PIB potentiel de seulement 1,3 % d’ici une dizaine d’années. Puisque nos partenaires commerciaux vont ressentir un choc démographique moins percutant que celui du Québec, notre situation relative continuera de se dégrader par rapport à celle de nos voisins. Même s’il existe quelques pistes de solution (augmenter l’immigration, reporter l’âge de la retraite, reconnaître davantage les diplômes étrangers, etc.) pour freiner le mouvement, il sera impossible de l’arrêter, croient les économistes de Desjardins. Le poids du nombre des baby-boomers ne peut être allégé radicalement. Les finances publiques mises à mal Hormis l’impact sur la croissance de notre économie, les spécialistes de Desjardins s’inquiètent de l’effet que tout cela aura sur les finances publiques québécoises. Déjà que le gouvernement n’a pas réussi à se créer un véritable coussin pendant la période de forte croissance que nous venons de vivre, comment peut-on penser que l’on pourra aisément équilibrer les budgets, alors que le déclin de la population active va affecter les revenus provenant de l’impôt des particuliers. En plus, les coûts des soins de santé ne feront qu’augmenter avec les années, tandis que le petit baby-boom que nous vivons depuis un certain temps aura pour effet d’accroître les coûts du ministère de l’Éducation. Comme il s’agit des deux gros postes de dépenses de l’État québécois, le gouvernement sera coincé. On peut bien penser, par exemple, à hausser des tarifs pour divers services mais cela n’est pas infini. Et c’est sans parler du problème de la dette publique cumulée, que le gouvernement traîne comme un boulet. Malgré le Fonds des générations, le ratio entre la dette et le PIB (qui a péniblement été ramené à 40 % ces dernières années) augmentera avec les déficits annoncés ces prochaines années. Scénario catastrophe, direz-vous? Pas du tout, répliquent les économistes de Desjardins. C’est exactement ce qui arrive au Japon, qui subit les conséquences du vieillissement accéléré de sa population. Depuis une quinzaine d’années, le taux de croissance de l’économie potentielle a fluctué entre 0,5 % et 1,5 % (c’était plus de 3 % dans les années 80) et le poids de la dette publique approche les 200 % du PIB. Ouch…
À lire également : Legault appréhende un «déclin tranquille» pour le Québec
Partager
Envoyer par courriel
Commentaires (1)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires C'est prévisible
Le Québec particulièrement aura de la difficulté en regard de sa démographie, mais surtout par sa philosophie de gestion, des programmes sociaux et des impôts, plus élevés que partout ailleurs au Canada. Par son immobilisme à réduire la charge fiscale des particuliers et ce même au cours des dernières années de vaches grasses, le Québec s'est lui même condamné à tirer de la patte ayant un lourd fardeau de la dette qui aurait dû être pris en charge depuis belle lurette. Aujourd'hui, le Québec n'a plus les moyens de ses ambitions et devra se résoudre certainement dans les prochaines années à démanteler des pans entier de son organisation pour se dégager une marge de manoeuvre. Exemple, Hydro-Québec pourrait bien passer à un éventuel acheteur pour renflouer les coffres de l'état le plus mal administré et le plus incompétent si on le compare avec les autres provinces au Canada. Si vous regardez l'état des routes au Québec, comparativement à L'ontario et d'autres provinces, alors que l'état Québécois prélève depuis plusieurs années des sommes considérables sur le permis de conduire, l'immatriculation et j'en passe et a laisser le réseau autoroutier du Québec dans un état lamentable!!! Toutefois, en même temps le Québec, se targuait d'être une province progressiste avec toutes sortes de programmes sociaux qu'il ne pouvait s'offrir en réalité. Maintenant, il va y avoir un prix à payer pour le laxisme et l'incompétence. Moi-même, je savais qu'éventuellement il y aurait un prix à payer au Québec pour les tergiversations et l'incompétence des dirigeants. Je vis depuis plusieurs années en Ontario, après avoir vécu pendant quelques années au Québec et je puis dire qu'il s'agit certainement d'un bon choix puisqu'il m'est facile de vivre dans une province beaucoup moins exigeante au plan de l'impôt des particuliers et ou les programmes sociaux sans être aussi centralisateur, demeurent néanmoins accessible pour la population en général. Les politiciens au Québec ont fait beaucoup de tort à cette province et continuent de se cacher la tête dans le sable, en continuant d'offrir des programmes sociaux qu'ils n'ont plus les moyens de payer. Exemple, l'assurance médicaments, qui n'existe pas en Ontario, ou encore un système de garderie étatique qui va coûter toujours de plus en plus cher. On ne peut tout avoir et les gens devront éventuellement faire des choix!!! Malheureusement, ce n'est pas avec Jean Charest que le Québec pourra solutionner ses problèmes, mais un homme qui devra faire des choix et expliquer au gens les difficiles décisions qui devront être prises pour la collectivité!!! Il reste peu de temps au Québec avant de le voir s,enfoncer dans un marasme social et financier!!!
Ecrivez un commentaire |




























