Jeux olympiques de Vancouver 2010

















Les options de M. Sabia PDF Imprimer Envoyer
Blogues - Michel Van de Walle sur le trottoir
Vendredi, 03 avril 2009 12:24

Finalement, le nouveau président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement, Michael Sabia, a renoncé aux options d'achat d'actions de BCE qu'il détenait.

 

Il n'avait pas vraiment le choix. Ces options le plaçaient dans une situation de conflit d'intérêts potentiel, dans la mesure où la Caisse est un actionnaire majeur (45,3%) de Quebecor Media, propriétaire de Vidéotron. Et tout le monde sait bien que la guerre est déclarée entre BCE et Vidéotron dans plusieurs secteurs, notamment la distribution de signaux de télé, la téléphonie par réseau terrestre, Internet et, très bientôt, la téléphonie cellulaire de nouvelle génération.

Mais pourquoi devait-il se départir de ces options, comme l'estimait le critique péquiste François Legault, plutôt que de les conserver dans une fiducie sans droit de regard, comme le défendait la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget?

Pourquoi une fiducie?

D'abord, il faut comprendre que le recours à une fiducie sans droit de regard est monnaie courante pour les gens qui accèdent à des postes importants dans le secteur public. C'est le cas des ministres et des hauts dirigeants de sociétés d'État, dont les décisions peuvent influer sur le cours des actions des entreprises cotées en Bourse.

Une fiducie sans droit de regard est habituellement gérée par une firme de conseillers en placement qui, en principe, ne doivent pas informer le bénéficiaire de ladite fiducie (ni des membres de son entourage) des transactions qui sont faites.

Bien sûr, en plaçant les actions qu'il détient dans une telle fiducie, M. Sabia (ou tout autre dirigeant de société d'État) sait fort bien ce qu'elle contient au départ. Cependant, puisqu'il appartient à la firme de conseillers de gérer ensuite ce patrimoine, le bénéficiaire perd le contrôle sur les ventes et achats de titres.

Cela a du sens lorsque les valeurs placées dans une telle fiducie sont négociables sur un marché, comme les actions ou les obligations. Le gestionnaire de la fiducie peut alors à sa guise vendre les actions de la compagnie XYZ et acheter avec le produit des actions de la société ABC. Plus ou moins rapidement, dans le temps, le bénéficiaire ne sait plus exactement ce qu'il possède et ce qu'il ne possède plus.

Pas de marché pour ces options

Le problème avec les 913 000 options attribuées à M. Sabia lorsqu'il était président et chef de la direction de BCE vient de ce qu'il n'existe pas de marché pour ces droits d'achat. Ils sont en effet émis par le trésor de la compagnie et ne peuvent être vendus entre-temps sur un marché organisé. En d'autres termes, le mandataire de la fiducie n'aurait pas pu prendre la décision de les exercer selon son bon vouloir.

C'est pourquoi les laisser dans une fiducie sans droit de regard, comme le plaidait Mme Jérôme-Forget, ça n'avait pas de sens. Car M. Sabia savait très bien que ces options ne pouvaient être exercées que si le prix de l'action de BCE grimpait au-dessus de leur prix d'exercice. Et connaissant les divers prix d'exercice auxquels elles lui ont été attribuées, il aurait été parfaitement au courant du moment où elles prenaient de la valeur. Puisque la majorité de ces options pouvaient être exercées jusqu'en 2011, M. Sabia aurait eu intérêt à ce que, d'ici à leur échéance, le prix des actions de BCE augmente.

Évidemment, ce n'est pas M. Sabia qui aurait fait croître la valeur des actions de BCE. Mais pendant toute la période au cours de laquelle ces options auraient pu être exercées, toute les décisions de la Caisse touchant le secteur des télécommunications (pas seulement à propos de Quebecor Media mais aussi de Rogers, de Telus, etc.) auraient pu donner prise à une apparence, au moins, de conflit d'intérêts de la part du grand patron.

M. Sabia, qui n'est pas un imbécile, et les conseillers juridiques de la Caisse, qui ne le sont pas non plus, savaient très bien que de conserver ces options, même dans une fiducie sans droit de regard, ne tenait pas la route. Cela l'exposait à des problèmes additionnels, ce dont il n'a pas besoin depuis sa très controversée nomination.

De toute manière, avec les 21 millions de dollars qu'il a reçus seulement en 2008 de BCE, M. Sabia n'avait pas besoin de ces options pour assurer son avenir financier.

Commentaires (3)

Flux RSS pour les commentaires

Affichez les commentaires
Ethique
0
Une telle proposition venant d'une personne en charge du ministère des finances démontre bien son incompétence et son ignorance des règles d'éthique. Il semble que c'est un sujet à la mode ces temps-ci, elle aurait pu s'informer avant de faire étalage de sa suffisance et de son arrogance
Lucien Barakett , avril 06, 2009
Erreur
0
Vous n'y êtes pas du tout. 21 millions c'est à peine assez pour mainteir son rythme de vie et celle de sa famille pour quelques années seulement. Sans oublier que s'il y a un divorce, alors là je ne vous dis pas combien ça va coûter, après ce qu'on a entendu récemment lors la séparation d'un ancien clown
Lucien Barakett , avril 06, 2009
Scandale
0
Ce qui est scandaleux avant tout c'est que tous ces filous se nomment entre eux,(J'inclus aussi les patrons qui gagnent de 400 à 600X le salaire de leur employé moyen) finissent par créer des crises économiques mondiales mais ils s'en tirent avec des retraites dorés (Sabia peut se reposer sur les 21 million$ reçus de BCE).
Paul Verreault , avril 04, 2009

Ecrivez un commentaire

Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur
security image
Entrez les caractères affichés

busy