Sabia: une nomination surprenante ! PDF Imprimer Envoyer
Blogues - Michel Van de Walle sur le trottoir
Vendredi, 13 mars 2009 18:28

J’ai été souvent étonné par certaines décisions prises au fil des années dans le milieu des affaires ou par nos dirigeants politiques. Mais j’avoue que la nomination de Michael Sabia à la tête de la présidence de la Caisse de dépôt et placement du Québec m’a carrément renversé.

 D’abord par sa soudaineté. Comment, en effet, moins de huit jours à peine après la nomination du nouveau président du conseil, Robert Tessier, a-t-on pu parvenir à une conclusion aussi rapide ?

Cela suscite de sérieuses questions quant au processus qui a été suivi.

On avait compris, lors de la nomination de M. Tessier la semaine dernière, que l’ancienne liste de candidats de la firme Egon-Zehnder devait être remise à jour, qu’un comité du conseil d’administration de la Caisse devait reprendre le processus à zéro, devait établir une courte liste, rencontrer les quelques candidats qui répondaient aux exigences puis faire une recommandation au gouvernement. Le processus normal, quoi.

Or, selon ce qu’on comprend, ce n’est ce qui s’est passé. Le nom de M. Sabia était déjà connu de M. Tessier au moment où il a accepté le poste de président du conseil. C’est lui qui l’a rencontré et qui l’a présenté à la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, selon ce qu’il a relaté. Il a appelé le comité de sélection pour lui présenter M. Sabia, et les membres du comité ont aussi été convaincus de la candidature, dixit M. Tessier.

Procédure précipitée

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la procédure a été plutôt précipitée. Comme si tout était joué d’avance. Et c’est d’autant plus contestable que les nominations des nouveaux membres au conseil d’administration de la Caisse de dépôt ne sont même pas encore terminées. C’est donc un conseil d’administration amputé qui vient d’entériner le choix du grand patron.

À mon humble avis, on semble avoir tourné les coins pas mal rond avec la procédure qui aurait dû être suivie pour une nomination aussi importante. Question gouvernance, disons qu’on a vu mieux.

Par ailleurs, la nomination de M. Sabia pose d’autres problèmes.

Non pas qu’il soit ontarien ou anglophone. M. Sabia vit au Québec depuis 16 ans et est bien intégré à la communauté des affaires montréalaise. Il se débrouille plutôt bien en français et on peut être assez certain qu’il transigera avec les employés de la Caisse dans cette langue. Rien à redire à ce sujet. La caisse de retraite des enseignants ontariens, Teachers, a bien été dirigée par un Québécois francophone, Claude Lamoureux, sans que personne ne tombe dans le coma à Toronto.

Non, l’autre problème est ailleurs.

Si M. Sabia a connu une belle carrière au gouvernement fédéral puis au Canadien National, son passage chez BCE a été beaucoup moins applaudi. Pendant plusieurs années, les actions de BCE ont fait du surplace et les actionnaires n’ont pas cessé de faire part de leur mécontentement lors des assemblées annuelles.

Visionnaire ?

En fait, l’entreprise allait tellement nulle part que M. Sabia s’est vu forcer la main par son principal actionnaire, Teachers, de la mettre en vente. Que la transaction ait finalement avorté, peu importe. Ce n’est pas la question et ce n’est pas la faute de M. Sabia. Mais de toute évidence, son passage à la haute direction de BCE n’a pas donné l’impression qu’on avait affaire à un visionnaire capable de relancer l’ancien monopole des télécommunications. En tout cas, ce n’est pas ce qui s’est produit sous sa direction.

Or, dans l’état actuel des choses à la Caisse de dépôt, il fallait quelqu’un de transcendant, capable de mobiliser rapidement les troupes et qui fasse l’unanimité. Malheureusement, ce n’est pas le cas de M. Sabia qui, au surplus, n’est pas un spécialiste des marchés financiers même s’il a siégé aux comités de grosses caisses de retraite comme celles du CN et de BCE.

On veut bien donner la chance au coureur. Mais la Caisse, actuellement, aurait eu besoin de plus que quelqu’un à qui on souhaite bonne chance…

Commentaires (3)

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@Gilles P.
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Vous l'avez écrit Gilles P.Les Libéraux l'ont nommé.Il a été pousser sur ce fauteuil.Et patapouf nous fait croire qu'il n'y a pas d'ingérence politique à la CDPQ.Quelle blague!Des pirates en cravates qui vont sûrement se votés des bonus et queleques options d'achats qu'ils pourront comme on dit ds leurs jargons "BACK DATED".Voyez-vous la CVMO a mis deux ans pour accuser les dirigeants de RIM et son président a reçu 8millions d'amendes et 84millions à rembourser à la compagnie(éventuellement pour faire taire les actionnaires).Quel farce ce néo-libéralisme ÉCONOCOMIQUE.
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louis riopel , mars 16, 2009
"se débrouille assez bien en français..."
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M. Van de Walle,
Avant de lire votre commentaire sur la nommination de M. Sabia à la tête de la CDPQ, j'étais inquiet pour l'avenir de notre bas de laine collectif.
Après avoir lu vos propos je suis paniqué !
Non seulement les compétences de cet homme restent à prouver, mais en plus, il s'agit d'un anglophone qui aurait "habité 16 ans au Québec".
Vous me faites sourire lorsque vous écrivez de façon très angélique: "se débrouille plutôt bien en français et on peut être assez cerrain qu'il transigera avec les employés de la Caisse dans cette langue..." Depuis quand, au Québec, le boss parle à ses employés dans leur langue. L'anglais va rapidement envahir les corridors et les bureaux de la CDPQ, l'esprit des décisions va suivre.
Vous faites le paralèle avec Claude Lamoureux, un francophone québécois qui a dirigé Teacher (malgré son handicap linguistique !!!). Gageons que M. Lamoureux fait plus que bien se débrouiller en anglais !!!
Ça allait bien mal à la CDPQ, je ne crois pas que ça va s'améliorer avec le nouveau président. Rappelons-nous sa performance à Bell, le passé n'est-il pas garant de l'avenir.
Je ne comprends vraiment pas pourquoi les libéraux ont nommé cet homme à la tête de la CDPQ !
Alors, ce qu'on peut recommander aux Québécois qui préparent leur retraite: "vite, vite, tous aux abris... fiscaux !!!

Gilles P.
Gilles P. , mars 14, 2009
SABIA = SANS VISION
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Bonjour,

Voici mon commentaire sur la nomination de SABIA.
Moi, un employé de bell qui a vécu la torture durant son mandat à la BCE. Je suis estomaqué de savoir qu'il va continuer à être présent dans notre vie. Je pensais qu'il avait eu assez d'argent pour se tenir transquille et ne plus réapparaitre. Mais non, le revoici plus dangereux que jamais. Durant son séjour à la BCE, il n'a pas eu un centimètre de vision, il a volé tous les employés en leurs faisant accroire que nous allions recevoir 42.75$ pour nos actions. Des milliers de gens avant investis beaucoup d'argent pour leurs retraites . Ben là, ils doivent continuer à travailler car ils ont perdu 50% de leurs actifs. En plus d'avoir couper des milliers d'emplois et causer le grand nombre de burn out dans l'entreprise. Bref, l'éluminé qui a engagé Sebia, j'aimerais bien connaitre quel stock qu'il fume.

Finalement, je me souhaite de pouvoir prendre comme prévu prendre ma retraite dans 10 ans. Mais, je ne suis pas certains qu'il va rester de l'argent dans le bas de laine des Québecois rendu là.

Good lock Mister SADIA
Michel , mars 14, 2009

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