Jeux olympiques de Vancouver 2010

















Le FLQ en 2009 PDF Imprimer Envoyer
Blogues - Marco Fortier sur le trottoir
Jeudi, 17 septembre 2009 20:17

Mon premier patron au Journal de Montréal, en 1998, s'appelait Jean-Denis Lamoureux. C'était un ancien membre du FLQ. Pierre Péladeau l'avait embauché à sa sortie de prison.

Il n'y avait rien d'exceptionnel à ce qu'un ex-« terroriste » occupe un poste de direction dans une grande entreprise : au moment de la crise d'Octobre, en 1970, la police avait fait emprisonner la moitié de la salle de rédaction du Journal de Montréal. Les sympathisants du FLQ étaient comme Dieu : partout.

Lamoureux m'avait nommé correspondant du Journal à Ottawa. Je ne voudrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais ce n'était peut-être pas l'idée du siècle de nommer un ex-felquiste patron du bureau politique du Journal à Ottawa. Mon directeur de l'information avait des opinions... particulières, disons, sur les nouvelles en provenance de la capitale fédérale.

Anyway. Ce n'était ni la première, ni la dernière fois que des choses bizarres se passaient au Journal de Montréal. On aura l'occasion de s'en reparler.

Le sujet de ma chronique, c'est le FLQ. Les ex-membres du FLQ. Aux dernières nouvelles, Paul Rose, condamné avec trois autres membres du FLQ pour le meurtre du ministre Pierre Laporte en 1970, travaillait pour la CSN, le syndicat qui signe mon chèque de paye.

Jacques Lanctôt, condamné pour sa participation à l'enlèvement du diplomate britannique James Cross, est devenu éditeur et rédacteur. Il a brièvement exploité un petit café sur l'avenue du Mont-Royal, il y a quelques années. J'y allais de temps en temps avant que ça ferme.

Il n'y a aucun scandale là-dedans. Lanctôt, Rose, Lamoureux et compagnie ont purgé leur peine. Ils ont réintégré la société. Ils ont le droit de vivre comme tout le monde.

Recul historique

Il faut aussi dire que le Québec a tourné la page sur l'aventure du FLQ. Cette époque douloureuse est révolue. Le Québec est devenu une société — j'allais dire un pays — mature.

On l'a vu au Moulin à paroles, à Québec, en fin de semaine dernière. Vous avez entendu le Manifeste du FLQ, qui a été lu par Luck Mervil ? Je suis allé relire le Manifeste : les méchants anglos qui dominent les pauvres ouvriers francophones, bla bla bla.

C'était vrai en 1970. Mais ce n'est plus tout à fait d'actualité. On lit le Manifeste du FLQ pour se souvenir. C'est comme ça que le Manifeste a été lu au Moulin à paroles : avec du recul, pour se souvenir d'un épisode de notre histoire.

Je vous parle de ça pour en venir à André Lavallée, vice-président du comité exécutif de Montréal et maire de l'arrondissement Rosemont-Petite Patrie. Il a été membre du FLQ, a révélé La Presse jeudi.

C'est d'intérêt public. C'est bon à savoir. Ça nous renseigne sur le personnage. Et c'est tout.

À titre de membre du FLQ, André Lavallée a été complice d'un vol de 31,90 $ dans un bingo au sous-sol d'une église. Il a été condamné à 25 $ d'amende pour son crime. Voilà.

C'était il y a près de 40 ans. Depuis, André Lavallée a démontré sans aucun doute qu'il peut servir la communauté avec loyauté et talent.

On peut maintenant passer à autre chose.

Commentaires (4)

Flux RSS pour les commentaires

Affichez les commentaires
...
0
Le vol dans le Bingo me laisse perplexe. Une banque ou un fourgon de la Brink's, OK, mettons... Ça demeure illégal et répréhensible, mais au moins, c'est pas comme voler matante Ginette ou mononc Raymond.

Si tu veux financer ta lutte au capitalisme etla libération nationale, ç'a plus de sens de voler les riches que tu veux déboulonner que les pauvres que tu veux affranchir... un BINGO?!?! Sérieux....

C'est certain que c'est une forme d'exploitation, un bingo, mais un hold-up chez Birks ou Holt Renfrew aurait été plus en phase avec les idéaux mis de l'avant. Anyway....

Le problème avec la lecture du Manifeste, c'est que ça s'est fait par défi, sans contextualisation. La sympathie que le FLQ a pu accumuler jusqu'aux ultimes dérapages de 70 est plutôt honteuse et ne peut pas en soi justifier la lecture du manifeste sans contrepartie forte (genre un texte dénonciateur de Trudeau ou Lévesque).
sco100 , septembre 19, 2009
...
0
Non mais, Charest et Hamad ont-tu l'air assez bêtes en ce moment ?!
C'est à se rouler par terre !!
Gébé Tremblay , septembre 18, 2009
Ha oui , avec du recul????
0
"C'est comme ça que le Manifeste a été lu au Moulin à paroles : avec du recul, pour se souvenir d'un épisode de notre histoire."

Vous trouvez réellement que le manifeste a été lu avec recul? Je crois que vous voulez parler de la 2e lecture, car pour ce qui est de la première lecture qui a été fait pendant la nuit on aurait pu penser que c'était un felquiste qui lisait le manifeste tellement Luck Mervil mettait de l'enthousiasme.On aurait pu même penser qu'il le vivait le manifeste surtout à la fin quand il a commencé à crier "Vivre le Québec libre" et tout le tralala pendant que d'autres hurluberlus scandait nous vaincrons.
Luke Drapeau , septembre 18, 2009
...
0
Parlant de capitale nationale avez-vous vu un des titres coiffant l'enquête d'hier concernant les perceptions Mtl vs Québec dans votre lockouteur ?

On écrivait: "...la capital national...". En gros de même !

Édifiant.

Rassurez-vous, je ne l'avais pas acheté, ça traînait sur une table de mon St-Hubert.
Rigus , septembre 17, 2009

Ecrivez un commentaire

Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur
security image
Entrez les caractères affichés

busy