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Henri-Paul Rousseau fera-t-il son vrai mea-culpa? PDF Imprimer Envoyer
Blogues - Jean-Philippe Décarie sur le trottoir
Lundi, 18 mai 2009 17:03
Mise à jour le Lundi, 18 mai 2009 17:21

Henri-Paul Rousseau se livrera mardi à une autre longue et pénible séance d'auto-justification. Il défendra encore une fois les choix qu'il a faits durant son règne comme PDG de la Caisse de dépôt et placement, choix qui ont conduit l'institution à essuyer la pire raclée de son histoire. Malheureusement pour tout le monde, ce dernier témoignage d'Henri-Paul Rousseau devant la Commission parlementaire sur la gestion de la Caisse de dépôt ne nous en apprendra guère plus que ce que l'on sait déjà.

 
 

Henri-Paul Rousseau a l'habitude des justifications. C'est ce qu'il fait depuis près d'un an et demi. Il l'a fait une première fois en novembre 2007 lorsqu'il a dû témoigner devant la Commission des finances publiques pour expliquer la crise du papier commercial adossé à des actifs (PCAA) et la participation démesurée de la CDP dans ce type de placement.

Il a dû le faire de façon plus explicite encore, en février 2008, lors du dévoilement des résultats financiers de la Caisse de dépôt pour l'année 2007 lorsque l'institution a affiché un rendement décevant de 5,6%, amputé de 1,9 milliard de dollars en raison de la dévaluation de son portefeuille de PCAA.

Enfin, il a répété son mea-culpa le 9 mars dernier devant le parterre de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, dans la foulée de la publication des résultats financiers de l'année 2008 qui nous ont appris que l'institution avait vu son actif sous gestion fondre de 25%, enregistrant ainsi la pire performance de son histoire.

Des faits incontestables

Henri-Paul Rousseau témoignera donc à nouveau mardi à Québec et ce que tout le monde sait, c'est que ce nouveau témoignage ne permettra pas aux nombreux déposants qui confient bon an mal an leur épargne à la saine gestion de la Caisse de dépôt de récupérer ne fût-ce qu'une partie des pertes de 40 milliards de dollars qui ont été encourues en 2008.

L'ex-PDG va répéter que l'univers entier a été frappé à l'automne 2008 par une tempête parfaite, par une crise dont personne n'appréhendait la virulence dévastatrice. La Caisse, à l'instar de tous les investisseurs de la planète, n'y a pas échappé.

Elle y a peut-être perdu un peu plus que les autres mais, là encore, personne ne pouvait prévoir que le marché du papier commercial adossé à des actifs allait poursuivre son effondrement au moment même où le marché immobilier et les marchés boursiers faisaient de même.

On a beau présumer, comme l'a fait lundi l'Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic, qu'Henri-Paul Rousseau a quitté le navire en mai 2008 parce qu'il sentait la tempête automnale venir, cela ne change rien à la finalité des choses: la Caisse s'est plantée plus que les autres parce qu'elle a pris plus de risques que les autres.

Et ce n'est que là-dessus que les parlementaires qui vont interroger Henri-Paul Rousseau doivent s'attarder, afin d'empêcher que pareille catastrophe ne se reproduise.

Le vrai mea-culpa

En fait, le vrai mea-culpa que pourrait livrer Henri-Paul Rousseau, à titre d'ex-gestionnaire en chef de la Caisse de dépôt, serait d'admettre qu'il a lui aussi − à l'instar de ses prédécesseurs − succombé aux sirènes de la modernité.

 
Henri-Paul Rousseau témoignera devant la Commission parlementaire mardi.
Photo d'archives Olivier Jean
 

Autant l'équipe de direction qu'il a été appelé à remplacer en catastrophe en 2002 s'était fait séduire par les rendements et les ratios irrationnels des entreprises de la nouvelle économie, autant Henri-Paul Rousseau et son équipe ont adhéré presque aveuglément aux nouveaux préceptes du capitalisme moderne: produits financiers structurés; fonds de couverture à toute épreuve; investissements massifs dans les infrastructures, avec une préséance absolue des projets à l'étranger...

Tous ces beaux concepts qui paraissaient tellement branchés il y a quelques mois à peine ont fait la preuve de leur obsolescence.

Le plus gros investissement de la Caisse de dépôt durant le mandat d'Henri-Paul Rousseau − mis à part celui de 13 milliards dans le PCAA − a été fait dans l'acquisition d'une participation de 29% dans la British Airports Authority, organisme qui gère les aéroports britanniques. Même si cet investissement de 2,4G$ a été réduit par la suite, la Caisse est aujourd'hui propriétaire de 23% de BAA, mais cette entité doit être divisée et sa valeur est aujourd'hui incertaine.

Si l'ancienne direction de la Caisse s'était fait montrer la porte pour avoir notamment trop investi avec Quebecor dans l'acquisition de Vidéotron, celle qui vient de quitter a commis la même erreur avec des investissements apparemment plus sophistiqués mais dont la vraie valeur s'est révélée avec la crise.

Henri-Paul Rousseau doit nous rappeler que l'investissement à long terme ne doit jamais répondre à l'appel des sirènes, aussi à la mode et séduisantes soient-elles.

 


Commentaires (3)

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Devinez ou est rendu le $40 milliard "perdu".... :)
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J'ai lu Robin Philpot, "Derrière l'État Desmarais: Power".

D'après ce que j'ai lu pour être employé par Power il FAUT être malhonnête et avoir participé à une fraude colossale. Un bel exemple c'est l'histoire de la banque BNP Paribas.

Il y a des voleurs de banque mais il y a des voleurs d'institutions bancaires aussi!

Maintenant je suis convaincu que Henri Paul Rousseau a manoeuvré POUR faire semblant d'être cave pour "perdre" 40 milliards.

Power est l'ancien employeur de P.E.Trudeau, Chrétien, Martin, Mulroney, Maurice Strong un superman Juif "un mélange entre Machiavel et Raspoutine" selon CBS, le père des accords de Kyoto (pour les saboter).

Les "Juifs" ashkénazes contrôlent la Banque d'Angleterre depuis 1694, la Federal Reserve depuis 1913. La Banque du Canada est hors-contrôle, l'actionnaire est le Ministre du Revenu qui est membre du CA mais n'a AUCUN DROIT DE VOTE (!!) et n'a AUCUN DROIT DE REGARD pour choisir les employés ou les directeurs.

Quand la banque imprime un $20 elle nous le vends $20 qui s'ajoute sur notre dette. On pourrais imprimer un $20 pour 3 ou 5 sous sans créer de dette.

J'avais appris que la CDPQ avais investis dans Power avant que Radio-canada annonce la démission de Rousseau pour sa nouvelle job. J'ai téléphoné pour leur souligner cet "oubli" mais ils ont refusé d'en parler. L'ombudsman de RC refuse de bouger.

Philpot dit que Radio-canada a signé une entente secrète avec Radio-Canada...

Brian Mulroney est président du CA de Quebecor et Quebecor World, mais aussi sur certains CA de l'empire Power. Quebecor a été "sauvé" de la faillite en début de 2008 par Carlyle Investment du Carlyle Group où paradent Bush Sr, le frère de Sarkozy et Desmarais.

Quebecor a été mêlé aux affaires de la CDPQ aussi. Mais l'insulte par dessus l'injure c'est de voir Péladeau parler d'acheter le Canadien tandis qu'il est encore protégé de ces créanciers!

Faut tu être effronté ? lolll
Michel Lauzon , juin 14, 2009
la trahison de nos élites
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Nos élites peuvent à l'occasion commettre des péchés véniels comme recevoir des montagnes de billets dans des chambres d'hôtel, ne pas voir venir la tempête qui fonce sur eux, accepter un poste dans le privé pendant qu'ils légifèrent en faveur de celui-ci, bref quelques pécadilles sans importance par
rapport à leurs immenses réalisations passées qui justifient leur statut d'être supérieur. Donc gérer en bon père de famille c'est trop demander
gilles lacoste , mai 20, 2009
le navire
0
ont sait qui quitte le navire le premier quand arrive la tempete.ces la meme chose a la caisse de depot a part que eux quand ils le fons ces sur un plateaux d or.
bien sur avec notre argent
william bowes , mai 19, 2009

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