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À l’occasion du match du centenaire contre les Bruins de Boston, vendredi soir, le Canadien invitera sur la patinoire plusieurs joueurs et dirigeants qui ont marqué son histoire. Tous ces ex-Glorieux s’amènent en ville pour célébrer un événement qu’ils n’oublieront pas de sitôt.
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L’un d’eux est Pete Mahovlich, l’un des acteurs marquants de la très fructueuse décennie 1970. Peut-être n’a-t-il pas toujours reçu le mérite qui lui revenait en tant que centre d’un trio complété par Steve Shutt et Guy Lafleur, les deux joueurs qui détiennent toujours le record de 60 buts en une saison par un attaquant du Canadien, mais sa contribution a été importante.
Mahovlich est un joyeux pistolet qui a animé l’univers parfois trop sérieux des Glorieux d’antan, surtout quand des entraîneurs comme Toe Blake et Scotty Bowman transformaient une défaite en fin du monde. Il était drôle, divertissant. Quand on le jugeait sévèrement, il n’en voulait à personne. Il souriait.
Il sourit encore, d’ailleurs. On ne l’a jamais vu déprimé quand un cancer de la prostate est venu menacer sa vie il y a quelques années. Il a continué de circuler de galerie de presse en galerie de presse, dans son rôle de recruteur chez les Thrashers d’Atlanta, en rassurant tous ceux qui s’inquiétaient de sa santé.
Il a aussi été un joueur controversé. Hors de la patinoire, il s’est payé du bon temps au sein d’un groupe d’athlètes qui ne perdait pas souvent. Sur la glace, malgré de fructueuses saisons, il a essuyé la critique sévère et parfois injuste des amateurs et des médias qui lui reprochaient de s’attacher à la rondelle au point de la garder pour lui quand il aurait pu alimenter avec plus de générosité un Lafleur dont la soif de marquer était insatiable.
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| Pete Mahovlich avait renoué avec Bobby Hull en 2008, 32 ans après avoir participé au tournoi de la coupe Canada. Photo d'archives Reuters |
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À l’heure de la retraite, les chiffres compilés par Mahovlich lui ont finalement rendu justice. Il n’avait pas pu être aussi avare de ses passes qu’on l’avait prétendu puisqu’il détient encore aujourd’hui le record de 82 mentions d’assistance par un centre ou par tout autre attaquant du Canadien. Il détient aussi le record de 117 points pour un centre.
Mahovlich répondra à l’appel de l’annonceur maison, la tête bien haute, vendredi. Il se dit honoré de participer à cette célébration à titre d’invité spécial d’une équipe au sein de laquelle il a contribué à quatre des six coupes Stanley de la décennie 1970.
« J’ai vraiment aimé jouer en compagnie de Lafleur et Shutt, raconte-t-il. Tout était si facile avec eux. Flower a été un joueur fabuleux. Il jouait par instinct, mais il comprenait ce qui se passait sur la glace. Au début, Guy avait peut-être un problème avec moi parce que j’aimais conserver la rondelle. Finalement, il a compris qu’en patinant à pleine vitesse, il la recevrait sur son bâton dès qu’il atteindrait la ligne du centre ou la ligne bleue. »
Dans le cas de Shutt, Mahovlich ne risquait pas d’encaisser le même genre de reproche car le public n’en avait que pour Lafleur. De toute façon, Shutt et Mahovlich étaient des plaisantins qui ne s’en faisaient pas trop avec ce genre de chose. Quand Shutt inscrivait un tour du chapeau et que les journalistes entouraient Lafleur après le match, il observait la scène, le regard amusé. Un gars de Toronto, si drôle et si sympathique soit-il, ne pouvait pas recevoir un traitement équitable quand Lafleur était dans les parages. Il l’avait vite compris.
« Steve ne transportait pas beaucoup la rondelle, explique le centre avec lequel il a connu le plus de succès. Par contre, il avait la capacité de bien lire le jeu. Il savait se placer sur la trajectoire de la rondelle. C’est pourquoi nous avons tous connu tant de succès. »
Relation difficile avec Scotty Bowman
La personnalité de Mahovlich ne cadrait pas trop avec celle que Scotty Bowman se faisait d’un athlète modèle. Il arrivait au grand Pete de recevoir quelques bonnes taloches verbales de son entraîneur, mais Bowman n’aurait jamais pu crier assez fort pour le déstabiliser ou pour l’effrayer.
Jamais je n’oublierai un samedi soir au cours duquel un confrère et moi sommes tombés par hasard sur Mahovlich, accoudé seul au bar dans un bar de Buffalo. En congé, le Canadien jouait en après-midi le lendemain à la télévision américaine. Il était en train de s’envoyer derrière la cravate des shooters d’une boisson affreusement sucrée qu’il avait lui-même baptisée « Bananas ».
Encore solide sur ses pieds malgré quelques verres de cette boisson de feu, il nous avait accueillis avec le sourire d’un joueur fêtant une coupe Stanley. «Two more drinks for my friends », avait-il lancé à la barmaid.
Comme le client a toujours raison, la jeune femme avait glissé deux « Bananas » sur le comptoir en nous chuchotant à l’oreille: « Ne buvez pas ça. »
Pour éviter de déplaire à Mahovlich, j’avais discrètement lancé le mien sur le plancher de bois de ce saloon d’une autre époque. Une fois les pieds dedans, mes souliers étaient restés collés solidement au plancher. J’avais imaginé avec horreur l’état de son estomac. Le lendemain, quand l’autobus de l’équipe a pris la direction de l’aréna, je me souviens encore des « Oh my head, oh my head » lancés par Mahovlich chaque fois que l’autocar roulait dans un nid-de-poule. Il n’avait pas joué un grand match, mais il avait joué.
« J’ai vécu des moments difficiles avec Scotty, raconte-t-il en souriant. Il était exigeant envers moi, mais je lui ai sans doute fourni des occasions de l’être. Je n’étais pas un ange. »
Il n’était pas le seul à s’offrir du plaisir à l’extérieur de la patinoire durant cette période faste de l’équipe, mais peu de joueurs mettaient leur condition physique aussi durement à l’épreuve.
« Par contre, s’empresse-t-il de préciser, ceux qui avaient l’occasion d’assister à nos entraînements réalisaient à quel point on travailler fort. Parfois, ça ne durait que 45 minutes, mais le tempo de l’exercice était élevé. On avait peut-être du plaisir, mais quand il fallait passer aux choses sérieuses, on était prêts. »
Son meilleur ami dans l’équipe et compagnon de chambre sur la route était Jim Roberts, un ailier droit défensif et un travailleur acharné qui avait établi une certaine complicité avec Bowman en jouant sous ses ordres à Saint Louis.
« Roberts était comme un coussin entre Scotty et moi, dit Mahovlich, sourire en coin. Jim n’a jamais laissé le comportement de Bowman l’affecter. Il a réalisé bien avant moi quel genre d’homme il était. J’ai mieux compris ce que Scotty cherchait à faire quatre ou cinq ans après mon départ. Il agissait toujours dans les meilleurs intérêts de l’équipe. Il était conciliant avec certains joueurs et très dur avec d’autres. »
Le directeur général Sam Pollock, par le biais de deux transactions avec les Red Wings de Detroit, avait obtenu les frères Mahovlich: Peter en 1969 et Frank en 1971. Dès l’année de son arrivée, celui qu’on appelait le «Big M» avait été le meilleur franc-tireur des séries (14 buts) pour donner au Canadien l’imprévisible coupe Stanley de 1971.
Ensemble, les Mahovlich ont gagné six coupes avec le Canadien. Il est bien possible qu’ils soient réunis au Centre Bell à l’occasion de ce match du centenaire. Frank partage aujourd’hui les banquettes du Sénat avec Jacques Demers, tandis que Peter est toujours associé au hockey avec les Thrashers d’Atlanta.
Serge Savard a raison
Serge Savard a toujours prétendu que l’élection d’un capitaine devrait être faite par les joueurs. Un capitaine représente ses coéquipiers auprès de la direction. Dans ce cas, pourquoi les dirigeants de l’équipe devraient-ils choisir l’individu avec lequel ils devront s’entretenir ?
Assez visiblement, Bob Gainey et Jacques Martin ne semblent pas pressés de désigner un leader capable d’exercer cette fonction. Or, cette semaine, à L’Antichambre, à RDS, Savard, qui s’explique mal que l’équipe célèbre son centenaire sans capitaine, a émis une opinion tranchante.
« On devrait laisser les joueurs procéder à une élection. Ils n’auraient pas de mal à en trouver un », a-t-il dit.
Ça fait peur
Jacques Martin nous a tous jetés par terre en expliquant le départ de Kyle Chipchura, le flop monumental du repêchage de 2005. Selon lui, on l’a échangé à Anaheim parce que des joueurs comme Ryan White, Tom Pyatt et Sergei Kostistyn sont passés devant lui.
Les réserves du Canadien sont inquiétantes quand on constate que White et Pyatt, qui ont participé à 12 matchs chacun, sont toujours sans but. White a récolté deux passes et présente une fiche défensive de moins 4. Pyatt n’a pas un maigre point et un affiche un dossier défensif de moins 6. Et ces deux-là sont passés devant un choix de première ronde?
Chipchura, qui n’a pas amassé un seul point cette saison, présentait aussi la pire fiche défensive de l’équipe (moins 10). Comme gaffe au repêchage, il représente une erreur aussi notoire que celle d’Éric Chouinard. Mais comme il n’est pas un produit francophone et qu’il n’a pas eu à subir d’énormes comparaisons avec un Simon Gagné, Chipchura, qui est presque passé inaperçu, n’a même pas l’excuse de s’être écroulé sous la pression.
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