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Le tapis rouge, ce n'est pas fait pour s'essuyer les pieds PDF Imprimer Envoyer
Blogues - Bertrand Raymond sur le trottoir
Lundi, 23 février 2009 16:16

Le Canadien vient de traverser une autre période de turbulence. Il y en aura encore, soyez-en sûr, peut-être même au cours des prochains jours ou des prochaines semaines.

Le temps de recueillir des preuves solides et certains joueurs, qui patinent actuellement sur une glace très mince et qui ne dorment sans doute pas très bien, pourraient défrayer la manchette pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le talent pour lequel on les paie grassement.

Aucun d'eux ne bénéficie de l'immunité qui incite parfois Alex Kovalev à mettre la switch à off sans que le public lui adresse le moindre reproche. D'où le mauvais moment qu'ils pourraient avoir à passer si leurs activités hors glace étaient dévoilées au grand jour.

Autant le Canadien a été sévère, intransigeant et pingre à l'époque des Morenz, Richard, Harvey, Plante et compagnie, autant la direction actuelle est à plat ventre devant ses joueurs. Rien n'est négligé pour leur plaire. Salaires démesurés, avions et hôtels de première classe, support accordé aux familles, billets de courtoisie, centre d'entraînement multifonctionnel, rien ne manque. Ce qui, bien sûr, n'assure pas l'équipe d'une certaine gratitude.

Il n'y a probablement pas une journée où Pierre Boivin n'a pas la certitude de pouvoir passer une journée agréable sans avoir d'abord parcouru les journaux du matin. Qui sait quand une nouvelle tuile lui tombera dessus?

Les temps ont tellement changé depuis l'époque où le Rocket, le Gros Bill, Flower, Boum Boum et le Roadrunner nous gardaient sur le bout de nos sièges par leurs exploits. On ressentait leur soif de victoires. On savait qu'il n'y avait rien de plus important pour eux que d'aller chercher une autre coupe Stanley. Une saison sans coupe était une année perdue. Ils ne jouaient pas uniquement pour plaire à la foule. C'étaient des hommes fiers. Fiers d'appartenir à une grande organisation et orgueilleux de pouvoir assurer une continuité.

Je retiens cette phrase de Jean Béliveau tirée de la récente publication en français de Sports Illustrated, Le Siècle du Canadien: «J'ai 77 ans et je fais partie de cette grande organisation depuis 55 ans», a-t-il raconté.

«Je suis très fier de cette relation parce que peu importe ce qui se passe sur la glace, les Canadiens ont toujours tenté de faire les choses correctement, les yeux tournés vers l'avenir tout en respectant le passé.»

Quel flambeau?

«Les yeux tournés vers l'avenir tout en respectant le passé...» Un bout de phrase qui donne à réfléchir.

Ça remonte à quand, la dernière fois qu'un joueur nous a donné l'impression de regarder en arrière pour constater tout ce qu'on y a accompli?

La vérité, c'est que les joueurs d'aujourd'hui n'ont rien à foutre de ces histoires de flambeau qui leur a prétendument été transmis par des bras meurtris. Ils ne s'arrêtent pas à ces choses-là... Sauf peut-être pour les Québécois qui ont grandi dans l'admiration du Canadien et qui se souviennent des défilés de leur enfance le long de la rue Sainte-Catherine, les autres savent peu de chose de l'histoire de l'équipe. Ils n'ont pas lu là-dessus. Ils n'ont pas posé trop de questions.

Les athlètes qui ont vu le jour ailleurs écarquillent les yeux uniquement quand ils assistent à des cérémonies sur la glace qui font revivre le passé. Cependant, dès que le tapis rouge est retiré et que la rondelle tombe sur la glace, ils passent à autre chose. Il ne serait jamais venu à l'esprit des anciens Glorieux de porter un autre chandail que celui du Canadien parce qu'aucune autre équipe ne leur aurait autant permis de gagner.

Aujourd'hui, on rêve d'atteindre la Ligue nationale pour y obtenir argent et gloire. On ne tient pas compte que les Richard, Howe, Hull, Mikita, Lindsay, Béliveau, Delvecchio, Sawchuk et Plante, en tenant la Ligue nationale à bout de bras, ont ainsi pavé la voie aux générations qui les ont suivis.

Réjean Houle m'a déjà dit qu'il a vécu l'un des plus grands moments de sa carrière à l'occasion de son tout premier match avec le Canadien, quand, durant l'hymne national, il était encadré de Jean Béliveau et de Henri Richard sur le banc. Il était finalement arrivé. Son rêve d'enfant était devenu réalité. Il était un Canadien. Si on demandait à un Kostitsyn, à un Price ou à un Higgins s'ils ont déjà éprouvé pareille sensation, ils ne comprendraient même pas le sens de la question.

L'oeil ouvert

George Gillett et Pierre Boivin sont investis eux aussi d'une mission, celle de voir à ce que leurs joueurs n'entachent pas la riche histoire de l'équipe à la moindre occasion. On ne doute pas qu'ils le fassent, mais pour que des athlètes comprennent bien tout ce qu'ils représentent pour une organisation et son public, il faut aller beaucoup plus loin que toutes ces cérémonies sur la glace qui permettent de ressasser le passé.

On s'en assure en gardant l'oeil très ouvert sur le comportement de certains joueurs immatures à qui on ne peut pas faire totalement confiance.

C'est aux deux premières têtes dirigeantes du Canadien qu'il incombe de faire respecter l'équipe. Les joueurs doivent comprendre que le tapis rouge que l'organisation déroule quotidiennement devant eux est beaucoup plus qu'une simple carpette sur laquelle on s'essuie les pieds.

La chronique de Bertrand Raymond est publiée les lundis et jeudis

Commentaires (8)

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Les preuves sont pour quand exactement ? on est rendu le 14 avril et toujours rien pour le grand public...
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Bonjour,

Je relis votre chronique du 23 février (nous sommes le 14 avril) et j'attends toujours de connaitre les preuves solides au sujet de certains joueurs...Je n'ai pas oublié même avec l'arrivée des séries et du nom du récipiendaire de la coupe Molson 2008-2009 !!...

Le public a le droit de savoir autant que les chroniqueurs sportifs de Montréal... j'en reviens pas que la vraie nouvelle annoncée est encore étouffée pour une simple partisane du CH comme moi...Blogs, etc. plein d'infos circulent mais laquelle est la bonne ??? J'ai hate de savoir la vraie «vérité» comme l'a promis Monsieur Carbonneau !!

Nathalie
Boucherville
Nathalie , avril 14, 2009
Les temps et le hockey ont changés......
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Non les joueurs d'aujourd hui n'ont plus ce sentiment d'appartenance à une équipe et encore moins pr le Ch et sa tradition. La plupart des jeunes joueurs surtout ne l'ont pas vécu et n'ont jamais vu jouer ces joueurs qui leur apparait sûrement d'une ère trop lointaine et presque inconnue pour eux. Moi-même n'ayant jamais vu jouer les Richard et Béliveau n'ait pas de sentiment d'appartenance envers eux et ces époques. Le temps des dynasties est également révolue.
Vick , février 25, 2009
La fierté
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Tant qu`à moi chère Monsieur,
pour prendre en considération le passé,rien de mieux que des Québécois qui ont tous un jour aspirés à joueur pour le Canadien.
Plusieurs excellents talents j`ai pas été pris,préferrant des Russes, etc.
Nos Québécois qui sont près à donner leur âme pour le Canadien,souvent sont laissés de coté.
Si quelqu`un pourrait expliquer cela au dirigeant lors des répéchages, on aurait eu droit à plusieurs coupes depuis.
Diane Langevin , février 24, 2009
Les partisans complices...
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Il ne faut pas s'étonner de l'indifférence de certains joueurs du CH, relativement à l'histoire de l'équipe. Pourquoi devrait-on s'étonner?

Les partisans réfutent que l'on critique les joueurs lorsque ceux-ci ne respecte pas les traditions de la Sainte-Flanelle. On le voit distinctement dans la saga des frères Kostityn. Les partisans ne voit rien de mal à cela. Que le CH ne fasse pas les séries cette année ne sera pas une catastrophe en soit, puisque toutes les plates excuses et clichés seront utilisés pour expliquer la déroute(blessures, contexte hors glace, attentes de certains joureurs bla bla bla!)

Aujourd'hui, gagner la coupe Stanley n'est plus important pour les partisans. Pourquoi? Parce que c'est "difficile d'être un joueur de hockey de nos jours", comme l'a dit Carbo.

Bien plus facile de critiquer Guillaume Latendresse et son coup de patin que de critiquer Alex Kovalev pour son manque de respect envers les traditions du CH. Mais, Kovy protège ses arrières. Il est sans conteste le Roi de la manipulation de masses.

Qu'est devenu notre fierté identitaire?

Ne vous surprenez pas si le CH ne fait pas les séries, car les partisans en sont certainement les complices...!
Marc Bouchard , février 24, 2009
Dans un monde idéal
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Monsieur Raymond,

Vous n'êtes pas sans me rappeler ce prof de journalisme qui invitait les étudiants à réfléchir et à "faire pleurer les chaumières".

Je garde à l'esprit que Guy Lafleur a connu six saisons consécutives de 50 buts. Loin d'être un ange, le Démon Blond a glorieusement brûlé la chandelle par les deux bouts, lui aussi.

L'esprit à la fête n'explique pas tout, mais à partir de 28 ans, la contribution offensive de Flower a baissé de presque moitié, avec trois saisons consécutives de 27 buts et une de 30.

Dans un monde idéal, un professionnel du hockey gagnerait 88 000 dollars par année, comme un journaliste au Journal de Montréal...

Dans un monde idéal, les Canadiens joueraient encore au Forum. Le prix des billets dans les Rouges? Seulement 39 dollars. La paire! La bière au même prix qu'au Centre Bell ; 9.75$, mais trois au lieu d'une pour le même prix. Les Expos seraient encore au Parc Jarry.

Le contrat des joueurs stipulerait qu'ils doivent être mariés dès le premier jour de leur premier camp d'entraînement et avoir au moins un enfant l'année suivante. Un contrat à vie serait accordé aux joueurs qui mettent un garçon au monde le 25 décembre : vive le Sauveur!

Au Québec, les bars fermeraient à 22h30 ou après le match de hockey. À Montréal, il y aurait un couvre-feu pour tout le monde, mais juste pendant la saison de hockey, couvre-feu imposé par le nouveau maire de Montréal Stéphane Gendron.

Une loi interdirait les bars de danseuses et les agences d'escortes. Adresser la parole à un présumé membre de la mafia entraînerait 5 matchs de suspension.

Pas de pratique le dimanche, Jour du Seigneur. Messe obligatoire pour toute l'organisation ; du propriétaire aux commanditaires, image corporative oblige.

Alléluia!
Gino Boulianne , février 24, 2009
CH Quebec
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Merci pour votre article, il fait ressortir que la base de notre équipe glorieuse a toujours été composé de joueurs d'ici. Nos coupes ont été arrachées et gagnées en très grande partie avec des québécois comme leader et inspiration pour leurs coéquipiers. Roy, Carbonneau, Lafleur ont été les derniers de la liste des grands gagnants, des chefs de files entre autres.
Koivu en plus de ne rien comprendre de notre langue et de notre tradition, est tout sauf un leader pour cette équipe, le laisser aller et je le m'en foutisme des jeunes lui est attribuable.
Amenez nous des québecois fier, avec du coeur, des trippes pis des couilles, pis le rêve de la coupe sera accessible.
Alain Sabourin , février 23, 2009
Nostalgie?
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Monsieur Raymond

Je pense que le CH tatoué sur la poitrine, c'est malheureusement chose du passé. J'aime beaucoup lire vos articles, elles font souvent référence au passé glorieux du Canadien et mettent en contexte la situation moderne du hockey à celle d'autrefois. Malheureusement, je crois que de plus en plus avec le nombre des équipes qui font parties de la Ligue Nationale, les joueurs qui viennent de partout autour du monde, je pense que petit à petit cette fierté d'une dynastie sera dans quelques générations relégué aux oubliettes. La fièvre du hockey va toujours brûler comme elle anime le coeur des partisans du Canadien, mais des autres équipes itou. Pour conserver cette verve il faudrait davantage donner la chance aux québécois de faire partie de cette organisation et surtout de les choisir, les repêcher... Mais on ne choisit pas la souche, mais plutôt le talent, même chez les dépisteurs du Canadien... Je pense qu'on pourrait avoir plus de joueurs de l'est du Canada dans l'équipe, mais là je crois que c'est une question de règles de la Ligue Nationale de Hockey.

Merci pour vos écris et lâchez pas je suis de tout coeur avec vous concernant le conflit de travail qui vous subissez présentement.

JF
Jean F Bouchard , février 23, 2009
Il est où le président ?
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Depuis maintenant plus d'une semaine que le navire du Canadien est en eaux troubles, mais il semble bien que le président Pierre Boivin n'ose pas se mouiller.
C'est Bob Gainey qui a pris le gouvernail pour tenter de ramener la barque à bon port.
Pendant que les matelots font la fête et gagnent une partie de temps à autre, on ne voit ni le président, ni le propriétaire.
Bizarre quand même.
smilies/wink.gif
Bob Cad , février 23, 2009

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